Gestion adaptative de la régularisation du niveau d’eau des Grands Lacs

05 juillet 2016

La Commission mixte internationale (CMI) est chargée de régulariser le débit sortant du Lac Supérieur et du Lac Ontario, lequel a une incidence sur le niveau d’eau et le débit des Grands Lacs et du fleuve St‑Laurent. En 2015, elle a mis sur pied un comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve St‑Laurent, appelé aussi Comité GAGL, afin d’assurer constamment une surveillance et une évaluation de ces débits régulés.

La gestion adaptative consiste à adapter les politiques relatives aux ressources hydriques en se fondant sur des données solides au sujet de leur efficacité. Même si, en théorie, on peut être d’accord avec la valeur de la gestion adaptative, il s'agit d'un concept difficile à appliquer et les cas où il a été totalement mis en œuvre sont peu nombreux.

Les niveaux d’eau touchent de façon différente les partie intéressées du réseau des Grands Lacs et du fleuve St‑Laurent. Si des niveaux d’eau élevés peuvent causer des inondations et une érosion des propriétés du littoral, ils peuvent se révéler avantageux pour les plaisanciers, la navigation commerciale et l’hydroélectricité.

De faibles niveaux d’eau peuvent être nuisibles pour les quais et la mise à l’eau de bateaux et forcer les gros navires à transporter moins de marchandises, mais ils peuvent également être avantageux pour les gens qui fréquentent les plages. La variabilité des niveaux d’eau dans le temps est un phénomène naturel qui peut améliorer certains résultats environnementaux, comme la diversité de la végétation des terres humides. La CMI doit tenir compte de toutes ces parties intéressées, ainsi que de l’écosystème, lorsqu’elle régularise le débit du Lac Supérieur et du Lac Ontario.

L’approche à l’égard de la gestion adaptative a fait l’objet de discussions lors d’un webinaire animé dernièrement par le Graham Sustainability Institute et intitulé « Changing Great Lakes Water Levels and Local Impacts » dans le cadre d’une présentation donnée par Wendy Leger, coprésidente canadienne du comité GAGL. Vous pouvez regarder la vidéo de sa présentation en cliquant sur le lien ci‑dessous. Vous pouvez également télécharger un fichier PDF de sa présentation : Insights on Addressing Water Level Variability.

Au cours des dernières décennies, la persistance de niveaux d’eau faibles ou élevés a fait l’objet d’études binationales pluriannuelles afin de déterminer les mesures à prendre pour corriger les problèmes attribuables à des niveaux extrêmes. Ces études ont permis d’élaborer de meilleurs modèles et plans de régularisation et de recueillir de meilleures données à l’appui de ces nouvelles approches. Habituellement, lorsque ces études prennent fin, aucun mécanisme de suivi n'est prévu pour mesurer l’efficacité des nouvelles mesures de gestion adoptées, ni pour revoir ces mesures lorsque les préférences évoluent dans le temps et que de nouvelles données deviennent disponibles. Le Comité GAGL a été mis sur pied pour jouer ce rôle.

Diapositive tirée de la présentation « Insights on Addressing Water Level Variability. »
Diapositive tirée de la présentation « Insights on Addressing Water Level Variability. »

Traduction de l’illustration Gestion adaptative – C'est compliqué Gestion adaptative Un concept exceptionnel pratiquement inutilisé Elle ne cadre pas avec le modèle de financement traditionnel

  • Financement pendant quelques années pour soutenir une analyse décisionnelle.
  • Après la décision, le financement prend fin.

Elle exige une collaboration

  • De nombreux programmes sont gérés en couloirs.

Elle exige des hypothèses de travail – établir un lien entre des facteurs et des résultats qui peuvent être vérifiés et mesurés.

  • Dans bon nombre de cas, il n’y a pas suffisamment de liens explicites entre les décisions et les résultats pour savoir s’il faut revoir les décisions.

Le Comité GAGL bénéficie du soutien des commissions des eaux fédérales, étatiques et provinciales des deux côtés de la frontière canado‑américaine. Le Comité joue plusieurs rôles. Il tient à jour et améliore les bases de données et les modèles mis au point dans les études afin qu’ils puissent être utilisés de façon continue. Le Comité GAGL conçoit et exécute des programmes de surveillance avec des organismes partenaires dans le but de valider et d’améliorer des aspects particuliers des modèles de soutien décisionnel où des analyses de sensibilité ont démontré que les recommandations pourraient changer si ces modèles étaient améliorés grâce à l’utilisation de données supplémentaires.

Le Comité GAGL rapproche les gens afin qu’un large éventail de décideurs puissent être informés plus tôt de renseignements émergents et agir de façon plus expéditive. Le Comité surveille les changements climatiques, en cherchant d’abord à réduire les erreurs dans les estimations des niveaux et des débits d’eau afin d’être en mesure de déceler des tendances mineures avec un plus grand degré de confiance. Il développe également une capacité durable au sein des organismes pour que ce travail se poursuive à l’avenir, en veillant à ce que les jeunes professionnels apprennent des équipes mises sur pied dans le cadre des grandes études sur les débits et les niveaux d’eau. Et parce que les exemples sont si peu nombreux, le Comité GAGL souhaite inciter les gens à faire part de leur expérience dans la gestion adaptative afin de mettre en pratique une bonne idée.