Un outil d'aide à la décision permet d'éclairer les décisions relatives aux débits sortants du lac Ontario

8 février 2022
moses saunders

L’organisme qui encadre la régularisation du débit sortant du lac Ontario et donc du débit du Saint-Laurent dispose désormais d’un outil d’aide à la décision effectuant des calculs d’évaluation des répercussions qui est assorti d’une base de données et d’une interface avec graphiques et cartes multicolores.

Cet outil informatisé constituera une aider additionnelle pour le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent.

Il ne fera pas de suggestions quant aux décisions à prendre, mais il fournira aux membres du Conseil des renseignements détaillés qui leur permettront de mieux comprendre les répercussions possibles de leurs décisions de régularisation.

« Cet outil aidera le Conseil à mieux évaluer les impacts des niveaux élevés du lac et du l’ensemble du réseau hydrographique. N’oublions surtout pas que le lac Ontario est un plan d’eau naturel », explique Steve Durrett, coprésident américain du Conseil.

Cet outil d’aide à la décision éclaire les six membres du Conseil qui dirige les opérations découlant du Plan 2014 depuis 2017. Ce plan encadre le débit des eaux se déversant dans le Saint-Laurent au niveau du barrage hydroélectrique Moses-Saunders. On peut donc dire qu’il influe sur les niveaux du lac et du fleuve.

decision support tool lake ontario

Saisie d’écran de l’outil d’aide à la décision. Source : Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent 

Quand les niveaux deviennent extrêmes (très hauts ou très bas), le Conseil peut « dévier » des débits sortants prévus dans le Plan.

« L’outil d’aide à la décision nous rappelle que nous ne pouvons pas totalement contrôler les niveaux d’eau des Grands Lacs et que l’ajustement du débit sortant n’élimine pas entièrement les risques que posent les niveaux extrêmes dans les périodes de forte ou de faible hydraulicité », ajoute David Harper, coprésident canadien du Conseil.

À la suite des crues records du lac Ontario et du Saint-Laurent en 2017 et en 2019, les membres du Conseil ont cherché à obtenir plus de renseignements pour éclairer leurs stratégies de régularisation du débit sortant, de sorte à équilibrer les impacts ressentis en différents endroits du lac et du fleuve. Ils ne veulent surtout pas que leurs déviations par rapport au Plan causent des préjudices imprévus à quelque intérêt ou secteur que ce soit.

Par ailleurs, les membres du Conseil ne peuvent pas compter sur des prévisions d’apports d’eau dans le lac qui soient fiables à long terme. Jusqu’ici, ils ne savaient donc pas si les conditions météorologiques allaient ou non compromettre leurs stratégies de régularisation. Il leur fallait de meilleurs renseignements pour évaluer la probabilité des événements et les risques qu’ils posent.

La CMI a décidé que la phase 1 de l’examen porterait principalement sur la collecte d’informations en vue d’éclairer la prise de décisions relative à l’ajustement du débit sortant advenant que des crues extrêmes se reproduisent à court terme. Le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent (Comité GAGL) vient de terminer la phase 1 et a commencé la phase 2.

L’outil d’aide à la décision est une réalisation déterminante de l’examen de la phase 1. Il s’appuie sur les renseignements recueillis par le Comité GAGL et par de nombreux partenaires et organismes en vue de cataloguer les impacts subis par les différents intérêts et modes d’utilisation concernés, dans l’ensemble du réseau, lors des crues extrêmes de 2017 et de 2019. Les chercheurs ont également réussi à déterminer quels niveaux d’eau ont produit ces impacts.

Ces données constituent le fondement même de l’outil. Celui‑ci prévoit à un horizon de six mois les impacts réels qu’une crue pourrait causer sur les propriétés riveraines ainsi que sur la navigation commerciale, la navigation de plaisance, les infrastructures municipales et les autres intérêts concernés. Il indique ensuite les effets potentiels, avantageux ou nuisibles, des diverses stratégies de déviation par rapport au Plan.

Cet outil permet au Comité de comparer les impacts éventuels de toute déviation sur les différents intérêts. Il donne une idée du nombre de propriétaires riverains du lac qui subiraient des dommages en comparaison avec les riverains du fleuve.

L’outil fournit au Conseil un point de vue détaillé des impacts possibles sur certaines collectivités riveraines du fleuve et du lac ainsi que du lac Saint-Laurent (tronçon du réseau dont le niveau d’eau est fortement influencé par le débit sortant). Les chercheurs ont créé des « zones d’impacts » pour comparer les effets des crues extrêmes en chacun de ces endroits.

L’outil traite aussi des incertitudes relatives aux apports d’eau en montrant au Conseil les résultats que produiraient diverses stratégies de régularisation dans différentes conditions d’apports d’eau.

Autrement dit, cet outil d’aide à la décision présente de façon systématique des données détaillées qui permettent aux membres du Conseil de mieux évaluer l’ampleur des répercussions qu’auraient les déviations envisagées.

Il faut le considérer comme une application dynamique. Il ne sera efficace que si le Conseil fait pleinement confiance à l’information qu’il fournit. Il est donc essentiel de le mettre à jour et de l’améliorer continuellement dans le cadre de la gestion adaptative. L’élaboration de cet outil se poursuivra durant la phase 2 de l’examen accéléré du Plan 2014.

Le rapport du Comité GAGL sur la phase 1 de l'examen accéleré du Plan 2014 sera publié dans les prochaines semaines.