Retombées positives des investissements dans les Grands Lacs : l’exemple de la promenade de la rivière Détroit

14 octobre 2019
detroit riverwalk

L’assainissement des secteurs préoccupants des Grands Lacs fait en sorte que les gens se réapproprient les cours d’eau, ce qui, à terme, revitalise les collectivités aussi bien que l’économie.

Une analyse récente financée par l’Erb Family Foundation démontre, au moyen de 10 études de cas au Canada et aux États-Unis, qu’une telle réappropriation a bel et bien eu lieu. Ces études portent sur la rivière Buffalo à New York, sur le port de Collingwood en Ontario, sur la rivière Cuyahoga en Ohio, la rivière Détroit au Michigan, le port de Hamilton en Ontario, le lac Muskegon au Michigan, la rivière Raisin au Michigan, Severn Sound en Ontario, la rivière St. Louis au Minnesota et sur le port de Toronto en Ontario.

Cette étude expose des raisons incontestables de soutenir les programmes de financement des Grands Lacs aux États-Unis et au Canada dans le cadre d’une stratégie de revitalisation des collectivités et de l’économie.

Comme il est indiqué dans le rapport, « les investissements continus par l’entremise de la Great Lakes Restoration Initiative et du Great Lakes Legacy Act aux États-Unis, d’une part, et de l’Accord Canada-Ontario relatif à la qualité de l’eau et à la santé de l’écosystème des Grands Lacs et de l’Initiative de protection des Grands Lacs au Canada, d’autre part, sont essentiels pour assurer l’avenir de nombreuses collectivités le long de ce littoral d’eau douce. »

L’exemple de la rivière Détroit

À la fin des années 1960, la rivière Détroit était l’une des rivières les plus polluées en Amérique du Nord. Aujourd’hui, au terme de plus de 40 années à appliquer des mesures de prévention et de contrôle de la pollution, on est à même de constater d’importantes améliorations environnementales de même qu’un regain écologique étonnant.

À la fin des années 1960, il n’y avait plus de pygargues à tête blanche, de faucons pèlerins ni de balbuzards pêcheurs dans le bassin versant, pas plus qu’il n’y avait d’esturgeons jaunes ou de grands corégones pour se reproduire dans la rivière. Le castor, tout comme les sternes pierregarins, avait disparu du parc insulaire de 980 acres appelé Belle Isle.

La Commission des pêcheries des Grands Lacs avait déclaré le doré jaune en situation de crise. Aujourd’hui, les pygargues à tête blanche, les faucons pèlerins, les balbuzards pêcheurs, l’esturgeon jaune et le grand corégone ont recommencé à se reproduire, le castor est de retour, les sternes pierregarins sont observées sur Belle Isle et la rivière Détroit est désormais considérée comme une partie de la « capitale mondiale du doré jaune ». Le tournoi annuel du doré jaune offre des prix d’une valeur de 500 000 $ et attire des concurrents de partout en Amérique du Nord.

Ce rétablissement écologique est remarquable, mais il reste encore beaucoup à faire pour réaliser pleinement les objectifs à long terme de retour à l’intégrité physique, chimique et biologique de la rivière Détroit, conformément aux énoncés de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs entre le Canada et les États-Unis.

La Detroit Riverfront Conservancy a été créée à la suite du nettoyage de la rivière Détroit, grâce au solide soutien des secteurs public et privé pour la revitalisation de Détroit, après qu’on eut constaté le désir croissant du public de se réapproprier cette rivière. L’organisme devait concevoir la promenade riveraine de Détroit, la construire, ainsi que gérer et coordonner les activités de l’un des plus importants projets de réaménagement d’un secteur riverain en milieu urbain aux États-Unis.

On vise la construction d’une promenade continue de près de 9 kilomètres (5,5 milles) entre le pont MacArthur, Belle Isle et le pont Ambassador, qui mène au Canada. Aujourd’hui, le secteur est de la promenade riveraine est achevé à 90 % et accueille près de 3 millions de visiteurs par année.

Les économistes ont quantifié le rendement de la promenade de la rivière Détroit, au cours de ses 10 premières années, à plus de 1 milliard de dollars, sur un investissement initial de 140 millions de dollars.

Mark Wallace, président et chef de la direction de la Detroit Riverfront Conservancy, fait remarquer que, « sans l’effort préalable de nettoyage de la rivière et d’amélioration de la qualité de l’eau, cette transformation du littoral n’aurait pas été possible ».

Pour de plus amples renseignements sur les 10 études de cas, consulter le iaglr.org/aocdocs/GreatLakesRevival-2019.pdf.