Restauration d’un récif perdu dans la baie Saginaw

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Kevin Bunch
14 octobre 2019
crane saginaw bay reef

Lorsque les derniers morceaux de calcaire et de galets glaciaires ont éclaboussé les eaux de la baie Saginaw du lac Huron à la fin d’août, une expérience a été lancée pour voir comment l’écosystème réagissait et déterminer si la restauration d’un récif du système lacustre dégradé pouvait être reproduite ailleurs dans le bassin.

Le projet de restauration de deux acres du récif de Coreyon dans la baie est le point culminant de plus d’une décennie d’études, d’évaluations, de planification et de travaux de construction sur l’eau. Il est à espérer qu’il fournira un habitat de frai à des espèces vitales comme le doré jaune, le grand corégone, le touladi et le cisco, a déclaré David Fielder, biologiste en recherche halieutique au Michigan Department of Natural Resources.

La prochaine étape consistera à observer le site au cours des saisons de fraie du printemps et de l’automne 2020 et 2021, a déclaré Tomas Hook, chercheur à l’Université Purdue. D’un point de vue biologique, ces évaluations se concentreront principalement sur le doré jaune et le grand corégone (et viseront à consigner tout autre poisson fréquentant ces sites). Une évaluation physique aura également lieu au cours de cette période pour en apprendre davantage sur l’oxygène dissous, la température, la qualité de l’eau et la sédimentation dans les sites, ainsi que pour surveiller la croissance des algues et les colonies de moules sur les roches, selon M. Fielder.

Le récif de Coreyon était un récif naturel et rocheux qui s’étendait du sud-est de l’intérieur de la baie jusqu’aux îles Charity. Ce site est aujourd’hui largement dégradé et recouvert de sédiments en raison de l’érosion d’origine anthropique, mais le projet vise à restaurer l’extrémité sud-est du récif.

Le projet découle d’un plan de rétablissement du doré jaune dans la baie Saginaw élaboré par M. Fielder en 2004, peu avant l’effondrement de la population envahissante de gaspareaux dans le lac Huron et le retour du doré jaune. Selon le plan, la restauration des récifs serait un excellent moyen de rétablir complètement la pêche, a déclaré Bretton Joldersma, coordonnateur pour le lac Huron à la Division des ressources en eau du Département de l’Environnement, des Grands Lacs et de l’Énergie du Michigan.

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L’équipe de construction se sert du GPS et de la cartographie pour s’assurer de laisser tomber les roches à l’endroit précis. Photo : Michigan DNR

Il y a environ quatre ans, on a procédé à une évaluation préliminaire du récif de Coreyon et de plusieurs autres sites de la baie pour voir quels poissons les fréquentaient encore et déterminer leur nombre, et déterminer comment les sédiments se déplacent autour d’eux. M. Hook indique qu’ils ont constaté qu’un petit nombre de dorés jaunes et de grand corégone ont continué d’y pondre des œufs, mais que les restes principalement sablonneux offrent une mauvaise protection contre les prédateurs d’œufs, y compris les barbues de rivière et les meuniers blancs.

« Nous pensons que la restauration des récifs rendra la tâche plus difficile aux poissons qui veulent se nourrir de ces œufs », a dit M. Hook.

Le projet prévoyait initialement la restauration d’un acre du récif de Coreyon, ainsi qu’un récif côtier près de l’embouchure des rivières Saginaw et Kawkawlin, afin de voir comment l’action des vagues influerait sur les œufs pondus dans cette région, a dit M. Fielder. Toutefois, des préoccupations relatives à la navigation ont surgi tard dans le processus, de sorte que la composante littorale a dû être repoussée pour l’instant, et les fonds prévus ont été affectés à la restauration d’un deuxième acre du récif de Coreyon.

L’expérience utilisera du calcaire sur les deux acres, mais on observera également sur un acre du récif une couche supérieure de galets glaciaires (plus chers) qui imitent plus fidèlement les récifs naturels. M. Joldersma explique que cela permettra aux chercheurs de voir si les galets sont plus attrayants pour les poissons que le calcaire, et valent donc le coût supplémentaire des projets de restauration. Le coût total du projet (moins les évaluations) s’est élevé à environ 1,36 million de dollars, provenant d’un certain nombre de sources, y compris la Great Lakes Restoration Initiative des États-Unis e le Saginaw Bay Watershed Initiative Network. Entre-temps, a-t-il dit, l’équipe du projet examine d’autres sites littoraux qui pourraient donner lieu à d’autres projets de restauration et essaie de susciter l’appui local pour réaliser l’autre partie de ses recherches, près de l’embouchure de la rivière Saginaw, qui a été repoussée à plus tard.

Bien qu’il y ait eu des projets de restauration des récifs dans les rivières St. Claire et Détroit, M. Joldersma a déclaré que ce projet, réalisé dans une partie productive et relativement peu profonde du lac, comporte certaines différences fondamentales qui pourraient s’avérer informatives pour favoriser les pêches dans l’ensemble des Grands Lacs.

« Nous espérons que ce sera une réussite dont nous pourrons tirer des leçons et que nous pourrons appliquer à d’autres projets de restauration des récifs dans la baie Saginaw et autour des Grands Lacs », a dit M. Joldersma.

M. Hook a indiqué que d’autres moyens de restauration des récifs sont également explorés, y compris des expériences pour voir si le fait de souffler les sédiments accumulés sur des récifs enfouis constitue une approche viable.

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Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.