Répercussions de la crue extrême des Grands Lacs de 2019 sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent

15 octobre 2019
dock building ogdensburg ny

Lorsque l’apport en eau dépasse la capacité du réseau hydrographique du lac Ontario et du fleuve Saint‑Laurent, le niveau d’eau augmente. Dans un tel cas, la régularisation est considérée comme la solution. Toutefois, pendant les périodes d’apport en eau extrême, la capacité du débit de sortie régularisé d’influer sur le niveau du lac Ontario est grandement réduite. En pratique, aucun plan de régularisation ne permet d’éliminer les épisodes de crue sur le lac Ontario ou le fleuve Saint‑Laurent.

Ce que la régularisation permet de faire, comparativement aux conditions qui existaient avant la construction et l’exploitation du barrage Moses-Saunders, c’est réduire l’élévation de pointe et raccourcir le temps de récupération par suite d’une crue. Depuis les années 1960, on a observé à maintes reprises des épisodes de crue dans le réseau hydrographique du lac Ontario et du fleuve Saint‑Laurent, ce qui met en évidence les limites de la régularisation dans des conditions extrêmes. Ainsi, plutôt que de se demander ce que la régularisation peut faire pour prévenir des inondations extrêmes, la question devrait être de savoir comment on peut développer un littoral plus résilient pour atténuer l’impact des phénomènes de crue. 

Le niveau d’eau dans les Grands Lacs est principalement le résultat d’apports d’eau naturels et non contrôlés dans le bassin. Le lac Ontario a connu un niveau d’eau record en 2017, soit 75,88 mètres ou 248,95 pieds. Puis, deux ans plus tard, en 2019, il l’a dépassé, avec un nouveau record de 75,92 mètres ou 249,09 pieds.

Des dommages importants et d’autres répercussions se sont produits dans tout le réseau. Les collectivités riveraines cherchent des moyens fiables de réduire les dommages matériels, de protéger les infrastructures fondamentales et de maintenir les services essentiels. Les collectivités côtières du Canada et des États-Unis prennent des mesures de gestion adaptative pour améliorer leur résilience aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le renforcement de la résilience dans ce cadre offre à de nombreuses collectivités côtières des résultats fiables et un moyen d’améliorer le développement lorsque le rendement n’est pas à la hauteur des attentes.   

La cause première de la plupart des répercussions des inondations est le développement vulnérable près de ce qu’on appelle l’élévation de crue de référence. L’expression est utilisée par les administrations pour examiner les élévations de crue régionales en fonction des conditions locales. En conséquence, compte tenu des contraintes des plans de régularisation, le moyen le plus fiable de lutter contre les inondations consiste à évaluer la vulnérabilité et la résilience de la conception à une élévation qui s’approche de l’élévation de crue de référence applicable.

Dans le cas d’apports en eau extrêmes, le Plan de régularisation de 2014 est presque identique au Plan 1958-DD précédent. Les meilleures stratégies de débit de sortie utilisées dans le plan précédent ont été intégrées à l’ensemble de règles qui régissent le débit de sortie dans le Plan de 2014. Dans un rapport produit par le Conseil par suite de la crue de 2017, on a comparé le niveau d’eau prévu dans le Plan de 2014 à celui de l’ancien Plan 1958-DD pour conclure que les résultats étaient presque identiques. Une comparaison semblable sera établie pour 2019.

Le niveau observé en 2019 est le résultat de plusieurs conditions météorologiques extrêmes distinctes survenues la même année :

·         Un débit élevé persistant en provenance du lac Érié dans le lac Ontario, ayant dépassé des sommets records au printemps de 2019;

·         Des précipitations supérieures à la moyenne dans le bassin du lac Ontario et du fleuve Saint‑Laurent de la fin de l’automne au printemps;

·         Une inondation sans précédent (la deuxième en trois ans) sur la rivière des Outaouais, qui rejoint le fleuve Saint-Laurent près de Montréal.

Ces conditions ont été les principaux facteurs qui ont mené au niveau d’eau record du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent.  

Le Conseil a fait tous les efforts possibles pour atténuer les effets de la crue extrême, en ajustant continuellement le débit de sortie pendant les quelques mois d’apport en eau historiquement élevé qui ont précédé le printemps de 2019, et en tenant compte des répercussions sur les divers intérêts dans l’ensemble du réseau.

Depuis, le Conseil a augmenté le débit de sortie à des valeurs records en vue d’abaisser le niveau exceptionnel du lac Ontario et de soulager les personnes touchées, tout en tenant compte des répercussions sur les propriétés riveraines en aval sur le Saint-Laurent et sur d’autres parties prenantes, y compris l’industrie de la navigation commerciale et les secteurs qu’elle soutient. Tout cela met en évidence la nécessité pour les collectivités côtières et les utilisateurs des canaux de se préparer systématiquement à des conditions météorologiques, à un niveau et à un débit d’eau extrêmes (à la fois à des crues extrêmes et au retour éventuel d’un niveau extrêmement bas).

De plus amples renseignements sur la régularisation du débit du lac Ontario se trouvent sur la page Facebook du Conseil.

watershed basin map lake ontario
Carte du bassin hydrographique et emplacements des points de rejet. Photo : Environnement et Changement climatique Canada