Historique

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Le 19 novembre 1998, les gouvernements du Canada et des États-Unis ont fait parvenir deux lettres identiques (voir la Lettre canadienne et la  Lettre des États-Unis) à la Commission mixte internationale (CMI), lui demandant de créer l’Initiative internationale sur les bassins hydrographiques (IIBH). L’esprit qui animait sa création était le désir d’aborder les questions liées à l’eau au niveau écosystémique par opposition à une approche limitée qui se concentrerait sur les problèmes de manière isolée, s’occupant d’un seul barrage ou d’une seule source de pollution à la fois. Au cours des premières années d’existence de l’IIBH, la Commission s’est attachée à renforcer les conseils existants chargés des divers bassins hydrographiques et à fusionner les conseils au sein d’un même bassin. Reconnaissant que les solutions émanent souvent de la population locale, la CMI a veillé à ce que la composition de ces conseils reflète la diversité de parties prenantes et d’intérêts dans les bassins.

Les deux gouvernements ont fourni un financement spécifiquement destiné à la mise en œuvre du projet IIBH, et en 2005, la Commission a fait paraître son deuxième rapport, qui préconisait un accent plus poussé sur la diffusion publique, la coordination et les études scientifiques pour mieux comprendre les bassins hydrographiques. En 2007, le Conseil international du bassin de la rivière Sainte-Croix a été désigné premier conseil international par la fusion des deux conseils existants et l’ajout de membres locaux. Ce faisant, la CMI a amplifié le champ de responsabilité du conseil en lui donnant pour consigne de suivre une approche écosystémique intégrée à l’égard de questions portant sur la qualité et la quantité de l’eau. Au moment de la parution du troisième rapport sur l'IIBH en 2009, la CMI était déjà en mesure de signaler des progrès considérables dans bon nombre de domaines, de la structure et composition des conseils jusqu’à la résolution de différends, en passant par les études scientifiques, le tout ayant été possible grâce au financement fourni par les deux gouvernements.

Depuis 2009, les travaux de l’IIBH se sont tout spécialement concentrés sur l'harmonisation des données. Ce projet a permis à son tour à la CMI de donner suite à ses priorités liées à l’étude de questions afférentes à la qualité et à la quantité d’eau dans les bassins hydrographiques à l’aide dumodèle SPARROW pour les études sur la qualité de l’eau.

Paru en 2015, le quatrième rapport sur l’IIBH mettait en relief de nouveaux succès et de nouveaux défis, énumérant un nouvel ensemble de priorités pour aller de l’avant et mettant pleins feux sur l’étude des changements d’origine anthropique apportés aux écosystèmes et des phénomènes d’adaptation correspondants.

Le financement de l’IIBH a été utilisé dans une certaine mesure pour aider les institutions locales à développer la capacité de résoudre des questions liées à l’utilisation de l’eau dans leurs bassins versants respectifs. Voici quelques exemples d’initiatives particulièrement réussies :

  • Réalisation d’études scientifiques et de surveillance sur la pêche qui ont contribué à convaincre l'Assemblée législative du Maine en 2013 de rouvrir la passe à poissons dans les barrages à Grand-Sault dans la rivière Sainte-Croix pour laisser libre passage au gaspareau.
     
  • Réalisation d’une étude sur l’écoulement des eaux de la rivière à la Pluiedans le bassin du lac des Bois et de la rivière à la Pluie à l’aide d’un modèle hydrodynamique bidimensionnel (Telemac) afin de mieux comprendre les problèmes d'inondation dans le bassin  et l'installation de quatre nouvelles stations hydrométriques (quantité d'eau) permanentes nécessaires pour compléter le réseau du bassin actuel.
     
  • Soutien offert au Forum annuel du bassin du lac des Bois où les experts se donnent rendez-vous pour discuter de questions touchant la qualité de l’eau du bassin.
     
  • Réalisation d’un programme d’échantillonnage exhaustif des pathogènes et parasites chez le poisson d’une durée de trois ans (2006 à 2008) dans le bassin de la rivière Rouge, pour aborder les risques posés par les pathogènes et parasites qui entrent dans le système de la rivière Rouge par le déversement direct des eaux du lac Devils.
     
  • Élaboration et étalonnage d'un modèle hydrodynamique bidimensionnel pour le bassin de la rivière Pembina dans le bassin versant de la rivière Rouge pour accomplir la tâche difficile de compréhension et de modélisation des flux dans les ruisseaux des prairies ayant une très faible pente.
     
  • Aide offerte au Conseil de la rivière Souris pour l’élaboration d’un modèle SPARROW  du bassin versant de la rivière Rouge-Assiniboine, dont le bassin de la rivière Souris, pour mieux comprendre la charge de nutriments et la surveillance des données dans la région binationale.
     
  • Financement offert pour l’élaboration d’un plan d’étude demandé par les gouvernements du Canada et des États-Unis et paru en 2013, pour la détermination des mesures visant à atténuer les inondations et leurs répercussions dans le bassin versant du lac Champlain et de la rivière Richelieu, en réponse aux crues record enregistrées au printemps 2011.
     
  • Collaboration avec les agents régulateurs des rivières St. Mary et Milk au Montana et en Alberta afin de moderniser le processus de répartition de l’eau entre le Canada et les États-Unis, ce qui améliore sensiblement l’efficacité et l’efficience de la répartition.