Parcourir le monde pour s’attaquer au problème de la prolifération d’algues dans les lacs Champlain et Memphrémagog

18 novembre 2019
algal bloom in Lake Memphremagog

Les lacs Champlain et Memphrémagog, au Québec et dans les États du Vermont et de New York, affichent de fortes charges en phosphore et sont le lieu d’une prolifération d’algues nuisibles aux répercussions négatives sur les collectivités et les écosystèmes locaux.

Comme ce problème n’est pas propre à ces deux bassins hydrographiques, la CMI a consulté tout ce qu’on peut trouver d’ouvrages spécialisés dans le monde sur les charges en nutriments pour en faire une analyse intitulée « A Global Scan of How the Issue of Nutrient Loading and Harmful Algal Blooms is Being Addressed by Governments, Non-Governmental Organizations and Volunteers ».

Il s’agissait de faire un tour d’horizon de la question en s’intéressant à la façon dont l’abordent d’autres pays, dans le but d’alimenter et d’étayer des recommandations concernant les charges de nutriments et la prolifération d’algues nuisibles dans la baie de Missisquoi, dans le lac Champlain dans le lac Memphrémagog. 

L’étude a été menée par Alain N. Rousseau et Étienne Foulon, du Centre Eau Terre Environnement de l’Institut national de la recherche à Québec (Québec). Le rapport a été publié, après révision par des pairs, dans le Water Quality Research Journal.

La prolifération d’algues est un phénomène naturel découlant de l’accumulation de couches denses et visiblement pigmentées de cyanobactéries à la surface de plans d’eau en raison de l’abondance de nutriments. Cette accumulation excessive de nutriments, à savoir de phosphore et d’azote, peut être exacerbée par l’apport de nutriments d’origine humaine comme les engrais et les rejets d’usine de traitement des eaux usées. La prolifération d’algues peut être non toxique ou toxique selon le cas. On parle de prolifération d’algues nuisibles dans le deuxième cas.

En 2017, les gouvernements du Canada et des États‑Unis ont demandé à la CMI de rassembler de l’information et de recommander des mesures dans le but de consolider les efforts collectifs et d’accélérer les progrès en matière de protection de la qualité de l’eau.

algal blooms baltic
Tourbillons d’efflorescences algales dans la mer Baltique. Photo : NASA.

L’étude d’ouvrages spécialisés du monde entier a commencé en 2018 par une étape de recherche à partir de sources diverses, comme des sources primaires, des rapports révisés par des pairs, des documents législatifs et des communications personnelles avec des spécialistes. Environ 460 documents ont été examinés, et une douzaine d’études de cas ont été retenues sur la façon dont on traite la question des charges en nutriments et de la prolifération d’algues nuisibles dans des pays comme l’Australie, la Chine, la France et la Suisse.

L’analyse des 12 études de cas permet de circonscrire des mesures et des modes de gestion susceptibles d’être regroupés sous trois thèmes :  les principaux modes de réglementation, les méthodes axées sur les stimulants et les systèmes d’atténuation des risques. Dans tous les cas, on y a associé des activités de sensibilisation, de mobilisation et d’éducation.

Les leçons tirées de cette expérience sont les suivantes : la mobilisation des parties prenantes et leur adhésion sont importantes pour garantir le succès des stratégies de gestion de l’environnement; une gouvernance claire et un leadership vigoureux sont indispensables à la mise en œuvre de ces stratégies; les changements climatiques vont multiplier l’ampleur et l’occurrence du phénomène de prolifération d’algues nuisibles.

« Ce rapport, qui vient à point nommé, résume bien l’état actuel de nos connaissances sur les charges en nutriments et leurs répercussions sur la prolifération d’algues nuisibles » expliquent les auteurs. « On y propose des solutions et de nouvelles pistes pour régler ce problème redoutable, et les décideurs et gestionnaires devraient y trouver matière à réflexion. »