Modifications proposées afin de mesurer l’état de santé des Grands Lacs

12 décembre 2016
Source : wp paarz
Source : wp paarz

L’eau potable tirée des Grands Lacs est-elle sécuritaire et de qualité supérieure? Pouvons-nous nager et pêcher sans inquiétude pour notre santé? Les poissons et autres espèces aquatiques prospèrent-ils ou sont-ils en déclin? Pour répondre à ces questions, les scientifiques et les gouvernements ont besoin de données de mesure ou d’indicateurs pour dresser l’état de santé des Grands Lacs.

Les indicateurs servant à l’évaluation de l’état des Grands Lacs font partie du travail effectué par le Canada et les États-Unis depuis le milieu des années 1990, soit depuis la tenue de la première Conférence sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs (en anglais). Les indicateurs élaborés dans le cadre de cette initiative ont été améliorés et élargis au fil du temps.

Lorsque L’accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs a été modifié en 2012, la priorité a été mise sur le suivi et l’évaluation des progrès réalisés par les programmes de restauration des Grands Lacs. La CMI a organisé des ateliers d’experts afin d’examiner et d’évaluer les indicateurs proposés pour l’évaluation des progrès, ce qui a donné un total de 21 indicateurs proposés, assortis de 51 mesures ou façons d’évaluer ces indicateurs. Les indicateurs ont été classés en deux catégories – ceux relatifs au contrôle des facteurs affectant la santé humaine et ceux relatifs à la santé de l’écosystème des Grands Lacs – et reflètent les neufs objectifs de l’Accord.

Les neufs objectifs généraux de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Source : S. Cole-Misch
Les neufs objectifs généraux de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Source : S. Cole-Misch

Objectif 1 : Fournir une source d’eau potable sécuritaire, de haute qualité;

Objectif 2 : Permettre la baignade et d’autres activités récréatives sans restriction due à des préoccupations environnementales quant à la qualité;

Objectif 3 : Permettre la consommation par les humains de poissons et d’espèces sauvages sans restriction due à la contamination par des polluants nocifs;

Objectif 4 : Être à l’abri des polluants en des quantités ou dans des concentrations qui pourraient être nocives pour la santé humaine, la faune ou les organismes aquatiques du fait d’une exposition directe ou indirecte dans le cadre de la chaîne alimentaire;

Objectif 5 : Contribuer à la santé et à la productivité des terres humides et des autres habitats afin d’assurer la viabilité des espèces indigènes;

Objectif 6 : Être dénuée d’éléments nutritifs entrant directement ou indirectement dans les eaux du fait d’une activité humaine dans des quantités favorisant la croissance d’algues et de cyanobactéries qui interfèrent avec la santé de l’écosystème aquatique ou l’utilisation humaine de l’écosystème;

Objectif 7 : Être à l’abri de l’introduction et de la propagation d’espèces aquatiques envahissantes et d’espèces terrestres envahissantes qui nuisent à sa qualité;

Objectif 8 : Être à l’abri des effets nocifs des eaux souterraines contaminées;

Objectif 9 : Être dénuée d’autres substances, de matériaux ou d’atteintes qui pourraient avoir des répercussions négatives sur son intégrité chimique, physique ou biologique.

Le Conseil consultatif scientifique des Grands Lacs – Comité de coordination de la recherche de la CMI a publié le 12 décembre son rapport intitulé Améliorations futures des indicateurs de l’état des Grands Lacs qui résume le travail effectué pour déterminer quels indicateurs et mesures de la CMI produisent des données et dans quelle mesure ils permettent d’évaluer l’état de santé des Grands Lacs. Compte tenu de cette information, le Comité a recommandé l’amélioration des indicateurs utilisés par les gouvernements pour rendre compte des progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs de l’Accord.

Aux termes de sa recherche, le Comité a conclu que les futures évaluations de l’état des Grands Lacs bénéficieraient de l’utilisation d’indicateurs additionnels par le gouvernement ainsi que du déploiement d’efforts accrus pour compiler, quantifier et gérer les données fournies par les indicateurs. Le Comité recommande plus précisément :

  • L’utilisation d’eau de source pour les sous-indicateurs de santé humaine afin de mesurer l’état de santé des Grands Lacs comme source d’eau potable.
  • L’ajout de phosphore total, de phosphore réactif dissous et de concentrations d’azote des nitrates à titre d’indicateurs de mesure dans les zones riveraines des Grands Lacs
  • L’ajout de charges de phosphore total et de phosphore réactif dissous des principaux affluents des Grands Lacs
  • L’ajout de prédateurs riverains déjà présents et de nouveaux prédateurs afin de mieux évaluer l’état des réseaux trophiques
  • Rendre compte des progrès en matière de surveillance et de prévention relativement à la carpe asiatique
  • Se pencher sur les manques de données pour certains indicateurs qui ne donnent que des données partielles ou aucune en mettant sur pied un programme d’échantillonnage à long terme
  • Normaliser les méthodes d’évaluation et les sources de données utilisées afin d’accroître l’uniformité dans l’évaluation des tendances à long terme et le dépistage des changements d’état de santé du lac
  • Remaniement de la gestion et du partage des données afin que les données utilisées lors d’évaluations antérieures des progrès soient toutes rassemblées à un endroit accessible au public.

En améliorant les indicateurs de l’état des Grands Lacs, le Comité estime que le Canada, les États-Unis et la CMI pourront mieux évaluer l’état de santé des Grands Lacs et continuer à progresser vers l’atteinte des objectifs de l’Accord.