L’institut scientifique du mois : l’École des sciences de l’eau douce

14 octobre 2016
A graduate student studies benthic oxygen dynamics in Lake Michigan

L’École des sciences de l’eau douce de l’Université de Wisconsin-Milwaukee s’enorgueillit d’être la seule école d’études supérieures en Amérique du Nord à être totalement dédiée à l’eau douce. Depuis 50 ans, elle est le plus grand institut de recherche universitaire des Grands Lacs axé sur l’eau.

« Ce qui nous différencie de l’école ordinaire est que nous abordons le sujet de l’eau dans une perspective interdisciplinaire », indique Eric Leaf, vice-doyen de l’avancement. Cela se fait par l’intégration de diverses disciplines scientifiques, ainsi que du génie, de l’urbanisme, des politiques et de la santé publique. « Les réseaux d’apports (aux Grands Lacs) sont si complexes qu’il faut le concours de toutes les disciplines pour le comprendre ».

Emily Tyner, une étudiante de cycle supérieur à l’École des sciences de l’eau douce, fait de la plongée avec le Service national des parcs pour étudier la dynamique de l’oxygène benthique dans le parc Sleeping Bear Dunes National Lakeshore et la façon dont il peut déclencher des éclosions de botulisme aviaire. Photo : Harvey Bootsma/Université de Wisconsin-Milwaukee.
Emily Tyner, une étudiante de cycle supérieur à l’École des sciences de l’eau douce, fait de la plongée avec le Service national des parcs pour étudier la dynamique de l’oxygène benthique dans le parc Sleeping Bear Dunes National Lakeshore et la façon dont il peut déclencher des éclosions de botulisme aviaire. Photo : Harvey Bootsma/Université de Wisconsin-Milwaukee.

L’École est située dans le port urbain de Milwaukee, près des rives du lac Michigan, ce qui donne aux chercheurs et aux étudiants un poste d’observation unique.

« C’est ce qui définit notre culture », explique M. Leaf. « Nous pouvons sortir par l’arrière, embarquer sur un bateau et aller faire de la recherche ».

Le Neeskay dans la rivière Milwaukee. Photo : Troye Fox/Université de Wisconsin-Milwaukee.
Le Neeskay dans la rivière Milwaukee. Photo : Troye Fox/Université de Wisconsin-Milwaukee.

L’École est axée sur quatre volets : dynamique des écosystèmes, en particulier dans les grands lacs, santé des humains et des écosystèmes, politiques de l’eau et technologies de l’eau. L’organisation compte 120 personnes, dont 20 chercheurs facultaires et principaux et 60 étudiants à la maîtrise et au doctorat. De plus, l’École maintient des liens étroits avec des groupes axés sur l’eau dans les domaines du génie, des géosciences, des sciences atmosphériques, de l’architecture et de l’urbanisme à l’Université de Wisconsin-Milwaukee.

« La réussite des étudiants, l’excellence en recherche et la mobilisation de l’Université sont les principaux thèmes de l’Université de Wisconsin-Milwaukee », indique M. Leaf. « À l’École, je ne peux pas séparer ces thèmes. Les étudiants travaillent sur des projets de recherche réelle qui touchent la collectivité ».

L’École des sciences de l'eau douce a été fondée sur le principe selon lequel les décisions stratégiques qui touchent les lacs doivent être motivées par la science. « C’est ce que nos étudiants apprennent », explique M. Leaf, « la façon dont ils peuvent, à titre de scientifiques, influer sur les politiques, communiquer les connaissances scientifiques et communiquer avec les décideurs ».

L’École exploite un navire de recherche baptisé Neeskay – un nom dérivé d’un mot de la langue de la nation autochtone américaine Ho-Chunk qui signifie « eau pure et propre ». Les dirigeants en sont aux premières étapes de la planification et de la collecte de fonds pour un navire de prochaine génération qui servira de navire de recherche et de salle de classe flottante.

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Étudiants de l’École qui mènent des recherches sur le lac Michigan à bord du Neeskay. Photo : Peter Jakubowksi/Université de Wisconsin-Milwaukee.
Étudiants de l’École qui mènent des recherches sur le lac Michigan à bord du Neeskay. Photo : Peter Jakubowksi/Université de Wisconsin-Milwaukee.

Comme les Grands Lacs sont une ressource partagée avec le Canada, la collaboration – précieuse – avec les organismes de ce pays fait également partie de la routine, indique le professeur agrégé Harvey Bootsma.

M. Bootsma a grandi au Canada et a étudié à l’Université du Manitoba et à l’Université de Guelph. Il dirige des travaux sur le littoral portant sur des problèmes tels la Cladophora, un type d’algue qui prolifère de façon nuisible, et les espèces envahissantes comme les moules zébrées et les moules quagga.

Il affirme que son travail avec des collègues de l’Université de Waterloo s’est avéré particulièrement utile. Des ateliers organisés conjointement par l’École de Milwaukee et l’université ontarienne ont permis aux scientifiques de comparer leurs notes et d’aider à relancer plusieurs domaines de recherche.

« Nous avons des problèmes similaires dans un certain nombre de Grands Lacs, surtout des problèmes touchant le littoral », indique M. Bootsma. « Les groupes de scientifiques de différents lacs qui se réunissent en tirent de grands bénéfices ».

Que tente de découvrir l’École?

« C’est surtout une affaire de laboratoire à laboratoire », indique M. Leaf. « D’un point de vue général, l’École veut découvrir comment les Grands Lacs et les autres systèmes hydrographiques fonctionnent — et la façon dont nous, les humains, avons des répercussions sur eux — pour que les décideurs et les gestionnaires puissent prendre des décisions éclairées sur la gestion de nos plus précieuses ressources d’eau. »

Cela comprend des travaux comme l’élaboration d’un modèle de la contamination par les éléments nutritifs pour aider les gestionnaires de l’eau à réduire l’étendue et la durée des "zones mortes" dans la baie Green.

« Nous mettons des efforts considérables dans la collaboration avec les communautés dans le sud-est du Wisconsin et autour des Grands Lacs », mentionne M. Leaf. « C’est un des sujets dont nous sommes fiers : notre travail n’est pas théorique, il s’agit de science appliquée ».

M. Leaf mentionne un mouvement à Milwaukee qui vise à revitaliser son port intérieur. L’École a récemment reçu une subvention pour mener une étude aquatique approfondie dans le port.

« En plus de revitaliser l’utilisation des terrains du port et de renforcer la place du port dans la communauté, (les organisateurs) veulent que le port soit propre, qu’il permette la pêche récréative, qu’il abrite des oiseaux et des espèces sauvages et qu’il devienne un refuge naturel dans la ville », indique M. Leaf.

 

Les chercheurs de l’École travaillent avec des partenaires, dont Harbor District Inc. et le département des ressources naturelles du Wisconsin, pour évaluer l'habitat d'alimentation et de frai existant des poissons et pour dresser une carte qui éclairera le développement stratégique.

Selon M. Leaf, « ce projet est vraiment intéressant, car il est réalisé à Milwaukee, mais notre façon de le faire pourrait en théorie être appliquée dans pratiquement n’importe quel port. C’est de la science visant à éclairer les décisions stratégiques et à stimuler l’activité économique ».