L'examen du bassin du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent touche à sa fin

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Frank Bevacqua

L’étude approfondie, d’une durée de six ans, portant sur de la régularisation du débit sortant du Lac Ontario en situation d'apports d'eau extrêmes est en voie d’achèvement. 

Le débit sortant du lac Ontario est contrôlé au barrage Moses-Saunders, dans le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent, conformément au Plan 2024 de régularisation de la Commission mixte internationale (CMI). Celui-ci aurait dû faire l’objet d’un examen avant 2031. Cependant, la CMI a ordonné de l’anticiper à la suite des inondations sans précédent de 2017 et de 2019 qui ont causé des dégâts considérables dans l'ensemble du réseau hydrographique du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent.

Cet examen a été menée par le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent (Comité GAGL) de la CMI. La Commission applique une stratégie de gestion adaptative pour surveiller et évaluer les effets de la régularisation du débit sortant du lac Ontario au fil du temps et pour explorer les moyens d’en améliorer la mise en œuvre. Le Comité GAGL rend compte de ses conclusions au Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, l’organisme chargé de superviser la mise en œuvre du Plan 2014. 

L’examen accéléré du Plan 2014 s’est déroulé en deux temps. La première phase, qui s’est achevée en novembre 2021, a permis de recueillir des informations détaillées sur les impacts des crues. L’objectif était de faciliter la prise de décisions en temps réel quand le niveau du Lac Ontario atteint certains seuils de crue et que le Conseil est habilité à déroger aux règles du Plan 2014. La phase 2 a consisté à évaluer les règles du Plan 2014 lui-même et à examiner si des modifications pourraient améliorer les conséquences à plus long terme. 

Dans le but d’améliorer les résultats, les experts du Comité GAGL ont recueilli des données et modernisé les outils utilisés d’évaluation des modifications potentielles à apporter au plan de régularisation. Une équipe a examiné des scénarios plausibles d’apports d’eau pour l’avenir. Une autre a affiné les modèles simulant l’impact des modifications du plan de régularisation sur les débits et les niveaux d’eau dans l’ensemble du réseau. 

Un autre groupe a amélioré les indicateurs de performance (IP) grâce auquel on mesure l’impact des niveaux et débits d’eau sur tel ou tel secteur d’intérêt. À la faveur de l’examen accéléré, les IP sont utilisés pour estimer l’impact sur les modes d’utilisations et les secteurs d’intérêt concernés, notamment les propriétaires riverains, les prises d’eau municipales, la navigation commerciale, la navigation de plaisance, la production hydroélectrique et la santé des écosystèmes. Une autre équipe encore a mis au point un cadre d’évaluation et de classement afin de garantir la cohérence et la transparence de l’évaluation des différentes options. 

L’un des grands produits de l’étude a été le Système intégré socio-économique et environnemental (ISEE). Une version antérieure de ce système avait déjà été utilisée avec succès par la CMI lors de l’Étude internationale du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Cet outil informatique puissant regroupe des ensembles de données sur l’élévation du terrain, l’aménagement urbain et d’autres caractéristiques, ainsi que des indicateurs de performance, afin de simuler l’impact possible des variations de niveau et de débit d’eau sur un tel ou tel secteur d’intérêt. Le système ISEE comprend un système géospatial reposant sur une grille à haute résolution capable d’afficher les résultats des indicateurs de performance à différentes échelles sur une carte interactive et donc de simuler les changements semaine après semaine sur 60 ans. 

Tout au long de l’examen accéléré, le Comité GAGL a sollicité les commentaires de son groupe consultatif public binational composé de 18 membres issus des communautés riveraines, des secteurs d’activité, des collectivités locales, des milieux agricoles et des groupes de défense d’intérêts. La diversité de ses membres a permis d’apporter un large éventail de points de vue et de préoccupations qui ont permis au Comité GAGL de mieux comprendre les impacts des niveaux et débits d’eau extrêmes. Des relations avec les communautés autochtones ont également été établies grâce à une série de séances d’écoute et d’autres rassemblements. Enfin, les méthodes et les conclusions de l’examen accéléré ont été examinées de près par un groupe d’examen par les pairs indépendant. 

Le Comité GAGL s’est penché sur tout un éventail de modifications susceptibles d’être apportées aux différents éléments du Plan 2014, notamment en ce qui concerne les courbes d'exploitation permettant de calculer le débit sortant, les limites de débit qui protègent les secteurs d’intérêt en aval et la navigation, ainsi que les seuils de déclenchement qui autorisent le Conseil à dévier des règles du plan de régularisation. 

Bien que des milliers de modifications possibles aient été testées, il a été conclu qu’aucune des solutions alternatives ne permettrait d’éliminer les inondations. En effet l’influence de facteurs naturels, comme les apports d’eau et les vents soutenus, est largement supérieure à celle de la régularisation du débit sortant du Lac Ontario. Toutefois, le Comité GAGL a identifié des modifications du plan de régularisation qui réduisent légèrement les impacts des inondations dans certaines zones. 

Le Conseil a pour responsabilité de recommander les modifications à apporter au Plan 2014. À partir des commentaires du public, le Conseil formulera des recommandations à la CMI. La Commission mènera son propre processus de consultation avant de prendre ses décisions sur les recommendations du Conseil.

Vous trouverez de plus amples informations sur les travaux du Comité GAGL concernant l’examen accéléré du Plan 2014, y compris des fiches d’information qui expliquent les différents aspects de l’Étude, à l’adresse https://ijc.org/en/gagl/phase2.

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