L’étude du lac Champlain et de la rivière Richelieu tient un atelier sur les risques climatiques

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Kevin Bunch
17 mai 2019
University of Vermont Climatologist Lesley-Ann Dupigny-Giroux provides an overview

Des climatologues et des membres du Conseil de la CMI travaillent à l’évaluation des répercussions des futures inondations dans le bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu (LCRR).

Une trentaine d’experts du climat et de membres du Groupe d’étude international du lac Champlain et de la rivière Richelieu se sont réunis en mars à Montréal (Québec) pour un atelier sur les risques climatiques dans les bureaux du consortium sur les changements climatiques Ouranos.

Ils ont constaté un large éventail d’incertitudes quant au climat futur du bassin et déterminé que le Conseil devrait envisager plusieurs approches pour peaufiner les recommandations en matière de gestion adaptative à l’avenir.

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Lesley-Ann Dupigny-Giroux, climatologue à l’Université du Vermont.

Le Groupe d’étude est chargé d’explorer les causes et les impacts des inondations dans le bassin, telles que les fortes inondations observées en 2011, les risques quelles se reproduisent et les solutions possibles. Une fois l’étude terminée, le Conseil doit présenter ses conclusions et recommandations à la CMI sur la meilleure façon d’atténuer et de surveiller les risques d’inondation.

Les gens et les gouvernements du bassin s’attendent à ce que le Conseil les aide à déterminer si les inondations s’aggraveront ou non à l’avenir en raison des changements climatiques. La CMI s’est penchée sur ce problème dans d’autres bassins par l’entremise de son cadre sur les changements climatiques, qui peut aider les conseils à élaborer des lignes directrices face à l’incertitude quant à ce que les conditions climatiques futures pourraient nous réserver.

Les participants à l’atelier ont constaté un large éventail de résultats climatiques différents dans le bassin LCRR en fonction de la méthode utilisée pour examiner les scénarios futurs.

Par exemple, une analyse des tendances des inondations historiques ne fournit aucune indication claire quant à savoir si les inondations deviendront plus ou moins probables à l’avenir, alors qu’une projection informatique fondée sur la combinaison de plusieurs modèles climatiques suggère que le bassin pourrait voir ses niveaux d’eau baisser, mais avec une variabilité suffisante pour que des inondations majeures puissent encore survenir. Cet ensemble d’inconnues s’appelle la plage d’incertitude.

Selon la quatrième évaluation nationale du climat des États-Unis, on s’attend à une augmentation des précipitations dans le nord-est des États-Unis en hiver et au printemps, ce qui, conjugué au réchauffement des températures et à une plus grande quantité de vapeur d’eau pouvant être stockée dans l’atmosphère, pourrait donner lieu à des précipitations plus extrêmes.

La prochaine étape, ont convenu les participants, devrait consister à effectuer des essais sous contrainte du système LCRR pour voir comment les dommages changent dans différentes conditions d’inondation, puis à tester des stratégies de rechange pour atténuer les inondations par rapport à une variété de scénarios possibles d’inondations futures. Cela permettrait de cerner les points de défaillance possibles dans le bassin, ainsi que les scénarios les plus probables pour surveiller où les défaillances se produisent. Cela va dans le sens de ce que la CMI a déjà élaboré comme méthodologie d’essai sous contrainte dans son cadre d’orientation sur les changements climatiques, laquelle a été effectuée dans le bassin de la rivière Ste-Croix l’an dernier.

Selon une présentation d’Alec Bernstein de l’Université du Massachusetts lors d’un atelier, cette approche est valable. Lorsqu’il s’agit d’événements rares et extrêmes, les essais sous contrainte peuvent examiner les conditions éventuelles auxquelles les mesures d’atténuation des inondations existantes et prévues pourraient être confrontées et la façon dont elles pourraient réagir.

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Jesse Feyen, de l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis.

Quelques façons d’élaborer de nouveaux scénarios d’inondation ont été discutées lors de l’atelier. La première consiste à calculer la « crue maximale probable ». Pour ce faire, on prend les trois principaux phénomènes à l’origine des inondations – la couverture de neige hivernale, le régime des températures printanières et les précipitations printanières – et on combine les pires scénarios de chacun d’eux pour obtenir un niveau de crue maximal vraiment le plus mauvais possible.

Une deuxième méthode, appelée l’« autoamorçage », consisterait à créer un ensemble de données synthétiques en manipulant les données historiques pour produire des inondations et des sécheresses plus graves. Une troisième approche, appelée « simulation hydrologique stochastique », consiste à élaborer des ensembles de données sur les apports d’eau sur des milliers d’années qui suivent les mêmes moyennes de base que les données historiques, mais qui comprennent des inondations et des sécheresses plus graves.

Les participants à l’atelier ont conclu que le Groupe d’étude LCRR devrait examiner les données climatologiques existantes dans le bassin afin de déterminer quels paramètres devraient être surveillés à long terme pour avoir une idée de la façon dont le climat change avec le temps.

« Nous n’avons entendu que des éloges pour l’atelier » [traduction], a déclaré Bill Werick, un organisateur. « On a eu l’impression que les exposés présentés offraient un large éventail de points de vue d’experts et étaient axés sur la question pertinente, qui n’était pas de savoir comment le climat change, mais comment le Conseil devrait tenir compte des changements climatiques dans la formulation de ses recommandations. » [traduction]

Plus d’une douzaine de tâches ont été déterminées lors de l’atelier et présentées au Groupe d’étude à sa réunion des 16 et 17 avril à Burlington, au Vermont. L’information obtenue lors de l’atelier servira à élaborer le plan stratégique de l’étude sur les changements climatiques et à modifier et réorienter les plans de travail en conséquence.

De plus, le Groupe d’étude international de la rivière Souris de la CMI a envoyé un représentant pour qu’il lui rapporte de l’information pertinente pour ses travaux sur l’atténuation des inondations et l’adaptation à celles-ci dans le bassin de la rivière Souris. Cette étude porte sur le fonctionnement de quatre réservoirs et d’autres mesures visant à formuler des recommandations aux gouvernements du Canada et des États-Unis en matière de lutte contre les inondations et de stockage des réserves d’eau.

Un groupe consultatif sur le climat a été créé par le Groupe d’étude Souris, selon Chanel Mueller, membre du groupe.

Mme Mueller a mentionné que l’atelier était une occasion d’établir des relations de collaboration et d’échanger des stratégies potentielles, y compris les techniques utilisées pour analyser et communiquer les impacts des changements climatiques.

« En profitant d’occasions comme l’atelier sur les risques climatiques LCRR pour échanger des stratégies et des ressources d’analyse, l’étude de la rivière Souris et l’étude LCRR bénéficieront de l’accès aux ressources partagées et aideront à faire en sorte que les divers conseils de la CMI adoptent une approche uniforme et à la fine pointe pour analyser les impacts des changements climatiques et que l’analyse adoptée respecte le cadre (guide des changements climatiques) de la CMI » [traduction], a-t-elle ajouté.

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Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.