Les nouvelles données harmonisées facilitent le repérage des sources de pollution des nutriments dans les bassins des Grands Lacs et des rivières Rouge et Assiniboine

18 novembre 2019
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Créé en 2008 par la CMI, le Groupe de travail sur l'harmonisation des données était chargé d’harmoniser et de grouper les ensembles de données canadiens et américains sur les bassins hydrographiques transfrontaliers pour que les chercheurs des secteurs public et privé puissent plus facilement cartographier et analyser ces bassins. Les travaux du Groupe de travail ont pris fin avec la production de données binationales, dont un modèle, dit SPARROW, élaboré par l’USGS (United States Geological Survey), qui permet de retracer les effets de la pollution due au phosphore et à l’azote dans les bassins hydrographiques.

Comme les ensembles de données de chaque pays s’arrêtaient à la frontière, il était difficile d’analyser la qualité de l’eau à l’échelle binationale et transfrontalière et d’échanger des données utiles entre les deux pays. Le projet a pris fin en 2018, et on peut désormais disposer en accès libre de données et de fichiers de formes sur les bassins hydrographiques transfrontaliers, avec des renseignements sur les deux côtés de la frontière.

Ces renseignements sont disponibles en ligne sur le site de confluence de l'USGS. On peut notamment télécharger le fichier de forme intitulé « Watershed Boundary Dataset », qui englobe les limites des bassins hydrographiques transfrontaliers des deux côtés de la frontière et qui a permis de produire les cartes fournies sur le site Web de la CMI.

L’USGS a également créé les ensembles de données du modèle NHD Plus High Resolution pour les bassins de drainage basins le long de la frontière internationale grâce aux nouveaux ensembles de données harmonisées.  L’abréviation NHD renvoie au the National Hydrographic Dataset, qui représente tout le réseau de drainage du côté américain, dont les lacs, les rivières, les cours d’eau, les fluviomètres et les barrages.

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Exemple de données géospatiales déconnectées relatives à des bassins hydrographiques transfrontaliers, que le Groupe de travail sur l’harmonisation des données a harmonisées et regroupées. Image : Groupe de travail sur l’harmonisation des données.

Le modèle SPARROW - ou modèle de régression par coordonnées spatiales appliquées aux bassins hydrographiques - a été élaboré par l’USGS pour mesure les sources et les volumes de nutriments, comme le phosphore et l’azote, qui, dans les bassins hydrographiques, peuvent être toxiques et nuisibles pour l’environnement.

Ces nutriments sont produits par les activités agricoles, industrielles et autres. Il s’agit d’un modèle important parce que, comme le note le personnel de la CMI dans un article publié en revue, il permet d’évaluer la santé des bassins hydrographiques, ce qui est l’une des grandes priorités de la Commission. Il permet également de recommander des mesures concrètes au gouvernement pour améliorer la qualité de l’eau utilisée par les résidents des divers bassins hydrographiques.

Autre exemple : le modèle SPARROW sert à analyser la pollution dans le lac Érié.  

Le lac est infesté d’algues, et la CMI, ses différents conseils des Grands Lacs et les administrations gouvernementales des deux pays ont investi des millions de dollars dans la recherche d’une solution à ce problème.

D’autres ressources, dont une carte interactive, ont été diffusées en septembre2019 à l’occasion de la publication d’un article de la CMI et de l'USGS sur les applications du modèle SPARROW dans le bassin des Grands Lacs, où est analysée la répartition de la pollution dans les bassins hydrographiques du lac Érié et d’autres Grands Lacs selon la source, l’endroit et la charge. Cette carte facilitera les efforts de nettoyage en cours du lac Érié, notamment la réalisation du Plan d’action et d’aménagement panlacustre du lac Érié pour 2019-2023 (LAMP).

Le groupe de travail de la CMI et le modèle SPARROW ont bien servi les objectifs de la CMI et de son Initiative internationale sur les bassins hydrographiques visant à partager données et ressources avec ses partenaires canadiens et américains et à continuer d’examiner la question de la qualité et de la salubrité de l’eau dans toute la zone transfrontalière.