Les conseils de la CMI poursuivent la réalisation de leurs projets sur la qualité de l’eau dans les Grands Lacs tout au long de l’année 2019

10 juin 2019
wetlands lake erie

Plusieurs projets découlant de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs ont été approuvés par les commissaires et sont sur le point d’aboutir. Les rapports finaux seront soumis à l’approbation des nouveaux commissaires dans les mois qui viennent. Deux autres études sont en cours au Conseil consultatif des professionnels de la santé et devraient être terminées cette année.

Conseil consultatif scientifique

Le Conseil consultatif scientifique espère terminer la rédaction de quatre rapports cette année, en plus de la mise à jour d’un rapport de 2018.

Le premier rapport porte sur les liens entre les régions riveraines riches en nutriments et les régions extracôtières privées de nutriments et sur les conséquences sur les populations de poissons des lacs.

Les espèces envahissantes de moules et l’excès de nutriments comme le phosphore et l’azote dans les lacs (ce qu’on appelle la charge de nutriments) sont considérés comme les premiers responsables de cette transformation. Cette répartition des nutriments a toujours caractérisé le lac Supérieur, mais c’est désormais le cas des autres lacs depuis quelques années. Le rapport devrait être utile aux responsables de la gestion des eaux qui travaillent sur ces questions liées aux nutriments, ainsi qu’aux responsables de la gestion des pêches qui veillent à la stabilité des populations de poissons dans les Grands Lacs.

Le deuxième rapport porte sur les objectifs de réduction de la quantité de phosphore pénétrant dans les cours d’eau et sur les moyens de le mesurer et de le communiquer dans le cadre de la gestion adaptative — l’essentiel étant de s’assurer que ces réductions sont réalistes et qu’on tient toujours compte de l’évolution du climat et des pratiques d’utilisation des sols.

Le Conseil compte terminer cette année la rédaction d’un rapport expliquant sa façon d’envisager la création d’un système d’alerte précoce des Grands Lacs. Le rapport portera notamment sur la structure organisationnelle d’un système d’alerte précoce et résumera cinq groupes préliminaires de menaces et de facteurs de stress, comme les espèces envahissantes ou les contaminants. Il s’agit de pouvoir circonscrire les menaces à venir sur la santé environnementale des Grands Lacs et de les pallier avant qu’elles échappent à notre contrôle, et de circonscrire les menaces actuelles qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherche ou d’attention.

Le Conseil a également l’intention de réaliser un projet d’évaluation des interactions entre les facteurs de stress en s’intéressant plus particulièrement à certaines combinaisons de facteurs particulièrement applicables aux Grands Lacs. Par exemple, la présence d’espèces de moules envahissantes et l’abondance de nutriments dans la zone riveraine ont des effets synergiques, et leurs répercussions conjuguées sont supérieures à la somme de leurs effets distincts. Le projet s’appliquera également aux activités de gestion des gouvernements, dans le cadre desquelles les facteurs de stress sont généralement traités séparément.

Enfin, le Conseil consultatif scientifique est en train de mettre à jour le rapport sur les caractéristiques d’épandage d’engrais de 2018 pour y inclure les données canadiennes publiques les plus récentes.

Le Conseil de la qualité de l’eau

Le Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs a deux rapports à remettre cette année. Le premier porte sur le rôle des zones humides dans la résilience côtière et sur les risques liés à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Le Conseil a l’intention de recommander à la CMI des moyens qui permettraient aux gouvernements canadien et américain de concrétiser l’un des objectifs de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, à savoir d’obtenir un gain net de zones humides dans le bassin hydrographique des Grands Lacs. En décembre 2018, un webinaire a été organisé avec 400 spécialistes pour faciliter l’élaboration de ces recommandations.

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Les zones humides du parc régional du lac Érié au Michigan. Photo : US Fish and Wildlife Service

L’autre rapport du Conseil porte sur la gestion du fumier des activités d’élevage dans le bassin hydrographique des Grands Lacs. On y trouvera une évaluation de la réglementation, des règles, des politiques et des pratiques en vigueur, l’objectif étant de circonscrire les moyens de réduire le ruissellement de nutriments en consolidant les pratiques de gestion du fumier animal. Le rapport devrait faciliter le travail des gouvernements au regard des objectifs énoncés à l’annexe 4 de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (qui porte sur les nutriments), notamment en ce qui concerne les mesures à prendre pour gérer et réduire les charges de phosphore dans les lacs, grâce aux plans d’action nationaux appliqués au lac Érié.

Le Conseil consultatif des professionnels de la santé

Enfin, le Conseil consultatif des professionnels de la santé travaille sur deux études cette année. Il a poursuivi son travail sur une enquête pilote commencée en 2017, dont l’objet est de circonscrire les cas d’infections gastro-intestinales aiguës attribuables à la consommation d’eau potable et de repérer les éventuels facteurs d’influence dans quatre villes de la région des Grands Lacs, à savoir Hamilton et Toronto, en Ontario, et Green Bay et Milwaukee, au Wisconsin. Le rapport devrait être publié à la fin de 2019. Il portera sur les liens entre les infections gastro-intestinales, les conditions atmosphériques extrêmes et les divers indicateurs de la qualité de l’eau applicables à la consommation d’eau potable.

Une deuxième étude portera sur la contamination microbienne dans les Grands Lacs et sur la façon dont celle­‑ci a évolué au cours du siècle dernier. Cette étude fait suite à celle qui a été réalisée par la CMI en 1913 pour circonscrire les sources de contamination microbienne dans les eaux côtières et en mesurer les répercussions éventuelles sur la santé humaine. Le dernier rapport s’appuiera sur des techniques de recherche modernes et un vaste échantillonnage géographique pour mesurer les mêmes paramètres.