Leçons apprises dans le bassin de la rivière Credit : rétablir le cycle de l’eau pour nos Grands Lacs

10 novembre 2015


Christine Zimmer
Gestionnaire principale, science de l’eau
Office de la protection de la nature de la vallée de Credit (CVC)

 

Le bassin versant de la rivière Credit se trouve entre Toronto et Hamilton et il est l’un des bassins les plus diversifiés de l’Ontario. Il comporte de riches zones de pêche et un des derniers milieux humides bordés par un cordon littoral de l’extrémité ouest du lac Ontario. Ce bassin s’étend sur 90 km (56 milles), et sa partie amont est caractérisée par des collectivités rurales qui s’approvisionnent en eau souterraine. En direction du lac Ontario, le bassin est parsemé de municipalités en croissance et établies du Canada.

Personnel de CVC qui effectue la surveillance des infrastructures vertes dans un quartier résidentiel. Les infrastructures vertes aident à recréer le cycle naturel de l’eau dans un milieu hautement urbanisé. Photo : CVC.
Personnel de CVC qui effectue la surveillance des infrastructures vertes dans un quartier résidentiel. Les infrastructures vertes aident à recréer le cycle naturel de l’eau dans un milieu hautement urbanisé. Photo : CVC.

La rivière Credit est tristement réputée pour être une des plus importantes sources de phosphore pour le lac Ontario. Un excès de phosphore peut stimuler la croissance d’algues, nuire à la santé et l’économie de nos Grands Lacs et nuire à nos sources d’approvisionnement en eau.

La surveillance en temps réel de la rivière Credit a permis de constater que les eaux de ruissellement urbaines apportent deux fois plus de phosphore au littoral que les deux stations d’épuration des eaux usées dans le territoire de l’Office de la protection de la nature de la vallée de Credit. Cela fait ressortir la nécessité d’intégrer les décisions sur la gestion de l’eau, des eaux usées et des eaux de ruissellement afin d’optimiser les investissements dans les infrastructures. Grâce à la gestion des eaux de ruissellement, nous pouvons réduire les rejets d’eaux usées par les stations d’épuration des eaux usées durant les fortes précipitations.Ce projet d’infrastructure verte est situé sur le terrain d’une école et traite les eaux de ruissellement des routes. La surveillance de ce site a démontré une réduction de 70 % des charges d’éléments nutritifs. Photo : CVC.

Les infrastructures vertes, comme les revêtements perméables et les jardins pluviaux, peuvent être intégrées dans les zones urbaines, nouvelles comme existantes, pour réduire la pression sur les infrastructures vieillissantes, ajouter de la capacité en prévision des épisodes extrêmes et améliorer la qualité de l’eau.

Les projets de réaménagement des bordures de route de l’Office de protection de la nature de la vallée de Credit (CVC) ont démontré que les infrastructures vertes peuvent réduire les charges de phosphore jusqu’à concurrence de 70 %. Même dans les sols argileux et les zones densément urbaines, ces éléments sont en mesure de reproduire les processus naturels en absorbant 90 % des précipitations annuelles, ce qui se traduit par une réduction de la pollution qui entre dans nos Grands Lacs.

L’infrastructure verte a outrepassé sa capacité prévue lorsqu’elle a absorbé 30 % des fortes précipitations du 8 juillet 2013, pendant laquelle plus de 105 mm (5 po) de pluie est tombé dans le bassin versant de la rivière Credit sur une période de quatre heures.

(Voir aussi : Comment l’infrastructure verte « économise l’eau de pluie » dans l’État de New York)

Pour des municipalités comme Mississauga, le réaménagement des routes est une solution économique dont les avantages sont la réduction de la pression sur les égouts existants, la diminution de l’érosion fluviale et l’amélioration de la qualité de l’eau. Cela a mené les dirigeants de Mississauga à adopter une résolution de conseil en 2014, en vertu de laquelle tous les futurs projets d’immobilisations relatifs aux routes prévoient l’utilisation d’infrastructure verte.

L’infrastructure verte, avec la gestion intégrée de l’eau, des eaux usées et des eaux de ruissellement, a un rôle important à jouer dans l’amélioration de la santé de l’environnement des Grands Lacs.

Un fait saillant de ces efforts est le projet Greater Lakes: Reconnecting the Great Lakes Water Cycle de la Commission des Grands Lacs.

L’Office de protection de la nature de la vallée de Credit a également une ressource en ligne, bealeader.ca, sur la conception, la construction, l’entretien et la surveillance des infrastructures vertes.

L’infrastructure verte peut améliorer la sécurité, réduire les inondations des terrains de stationnement et la glace durant les mois d’hiver. Photo : CVC
L’infrastructure verte peut améliorer la sécurité, réduire les inondations des terrains de stationnement et la glace durant les mois d’hiver. Photo : CVC