Le prochain rapport d’étape sur les Grands Lacs : un rapport d’intérêt général

09 septembre 2016
Blue water ripples

Le premier rapport d’étape produit dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs de 2012 couvrira des sujets qui ont déjà été abordés dans les versions antérieures de l’Accord, comme les nutriments, les substances chimiques et les secteurs préoccupants, et accordera une attention particulière à certains nouveaux thèmes, dont les répercussions des changements climatiques, l’eau souterraine, les habitats et les espèces envahissantes.

Le Rapport d’étape des Parties sera bientôt publié par les gouvernements du Canada et des États-Unis, les deux signataires de l’Accord. Le rapport présentera les mesures qui ont été prises pour restaurer et protéger les Grands Lacs, ainsi que les travaux réalisés par les deux pays afin d’établir des objectifs binationaux et de coordonner les mesures prises au niveau national.

Le rapport est connu sous le nom de Rapport d’étape des Parties. Photo : Gilly Walker
Le rapport est connu sous le nom de Rapport d’étape des Parties. Photo : Gilly Walker

La présence d’une quantité excessive d’éléments nutritifs dans l’eau contribue à la prolifération d’algues toxiques et nuisibles. Les experts ont d’ailleurs défini les quantités excessives de phosphore comme un facteur déterminant de la qualité de l’eau. En février 2016, les gouvernements se sont fixé plusieurs nouveaux objectifs visant à réduire la quantité de phosphore déversée dans le lac Érié qui concordent largement avec les recommandations formulées en 2014 par la CMI.

Ces réductions sont nécessaires afin de réduire au minimum la quantité de « zones mortes » appauvries en oxygène, de préserver les espèces d’algues qui favorisent le maintien d’un écosystème sain, et d’éviter d’atteindre des niveaux des cyanobactéries dangereux pour la santé humaine et la santé des écosystèmes. D’ici 2018, les gouvernements travailleront à l’élaboration de plans d’action nationaux visant à atteindre ces objectifs de réduction.

 Pêche sur le lac Érié. Photo : Ohio Sea Grant
Pêche sur le lac Érié. Photo : Ohio Sea Grant

La pollution et les autres activités humaines peuvent nuire à l’utilisation normale des eaux des Grands Lacs et entraîner l’altération des utilisations bénéfiques de ces dernières, qui peut se traduire par l’imposition de restrictions relatives à la consommation du poisson, la fermeture de plages et la disparition d’habitats. Les travaux visant à rétablir l’utilisation bénéfique de l’eau dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs ont été suffisants pour que sept secteurs soient officiellement retirés de la liste des 43 secteurs préoccupants qui a été établie il y a près de 30 ans. Des efforts sont actuellement déployés pour que l’utilisation bénéfique de l’eau soit rétablie dans les secteurs préoccupants restants, et le Rapport d’étape des Parties devrait faire le point sur l’état d’avancement des travaux réalisés dans chaque secteur.

Les substances chimiques qui sont source de préoccupations mutuelles, comme le mercure, le diphényle polychloré et les produits ignifuges connus sous le nom d’éthers diphényliques polybromés peuvent endommager les écosystèmes aquatiques et nuire à la santé des êtres humains qui consomment du poisson contaminé. À ce jour, les mesures binationales adoptées comprennent la désignation des huit principales substances chimiques qui sont source de préoccupations mutuelles. Des stratégies visant à réduire le rejet de ces substances chimiques seront établies afin d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre de l’Accord et de protéger l’environnement et la santé humaine.

L’Accord demande aux deux pays d’établir des objectifs liés à la préservation de l’écosystème du lac et des plans d’action et d’aménagement panlacustres (PAAP) pour chacun des Grands Lacs et leurs voies interlacustres. En réponse à ces engagements, une ébauche de PAAP pour le lac Supérieur a été publiée en novembre 2015, et une ébauche de cadre de travail sur les eaux littorales a été publiée en mai 2016.

Une zone humide du lac Supérieur. Photo : USFWS Midwest
Une zone humide du lac Supérieur. Photo : USFWS Midwest

L’Accord de 2012 reconnaît que la qualité de l’eau souterraine peut avoir une incidence sur la qualité de l’eau des Grands Lacs. En mai 2016, les gouvernements ont publié un rapport scientifique sur l’état des eaux souterraines des Grands Lacs qui examine les relations entre la qualité de l’eau de surface, le rejet de contaminants et de substances nutritives, le rôle des habitats aquatiques et l’incidence du développement urbain et des changements climatiques sur la qualité de l’eau souterraine.

Le Rapport d’étape des Parties devrait faire état des mesures qui ont été prises afin de traiter des enjeux comme les effets des changements climatiques, la préservation des habitats et la pollution par les rejets des navires. Les deux pays ont mis en œuvre des règlements visant à réduire le risque d’introduction d’espèces aquatiques envahissantes par l’intermédiaire du rejet d’eau de ballast par les navires, y compris le renforcement binational rigoureux des exigences relatives à l’échange d’eau de ballast. Depuis 2006, aucune nouvelle espèce envahissante introduite par l’eau de ballast n’a été observée dans les Grands Lacs.

La CMI souhaite connaître votre point de vue quant aux progrès réalisés par les gouvernements en vue de respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord, et souhaite savoir si vous considérez le Rapport d’étape des Parties comme un rapport utile. Nous vous invitons à vous joindre à la discussion et à nous faire part de vos commentaires pendant la prochaine période de participation publique de la CMI.