Le Conseil de la qualité de l’eau acquiert une vue d’ensemble des priorités communautaires en matière d’eau à Detroit

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Allison Voglesong Zejnati
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Un pygargue à tête blanche tournoie au-dessus de lui, provoquant au passage l’envol d’un troupeau de cormorans et d’un grand héron bleu qui décollent soudainement des eaux calmes de l’oxbow, dans le cours inférieur de la rivière Rouge, à Detroit. Pendant que les membres du Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs de la CMI admirent ces évolutions, Herman Jenkins, gestionnaire de Friends of the Rouge Trails, lance à la blague que c’est son personnel qui a organisé ce spectacle aérien spécialement pour l’excursion du Conseil.

« La présence de ces oiseaux piscivores montre bien que la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème de la rivière Rouge s’améliorent, et que les eaux sont suffisamment poissonneuses pour les nourrir », ajoute Sally Petrella, écologiste à Friends of the Rouge Trails. « Cela n’a pas toujours été le cas ici. »

Le Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs est le principal conseiller de la Commission mixte internationale (CMI) en vertu de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Au début mai, les membres du Conseil se sont tous retrouvés en personne à Detroit (Michigan) pour leur réunion semestrielle. À l’occasion de cette visite, ils ont fait un tour de la région et se sont renseignés auprès de diverses organisations qui travaillent sur les questions liées à l’eau dans les bassins versants des rivières Detroit et Rouge.

Lors de la première halte à Dearborn, les employés de Friends of the Rouge et de l’Alliance of Rouge Communities ont souligné que leurs organismes et leurs partenaires avaient reçu un financement de la Great Lakes Restoration Initiative des États-Unis afin de les aider à améliorer l’habitat dégradé du poisson et de la faune dans le secteur préoccupant de la rivière Rouge, cela par le biais du rétablissement des connections entre le milieu humide de l’oxbow et le cours inférieur, industrialisé et canalisé, de la rivière.

Les représentants de Friends of the Rouge ont également parlé des différentes façons dont leurs projets permettent de faire le pont entre l’amélioration des écosystèmes et les objectifs poursuivis sur les plans social et culturel. Leurs travaux donnent la possibilité au public d’accéder plus facilement aux différents lieux d’attraction de la rivière grâce à ce qu’il convient d’appeler des sentiers aquatiques (River Water Trail) découlant des efforts de restauration.

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Sally Petrella, écologiste dans le bassin hydrographique de la rivière Rouge, explique le projet de reconnexion du milieu humide de l’oxbow à Dearborn, le long de la rivière Rouge. Source : CMI

En longeant la rivière Détroit, qui est également un secteur préoccupant, les membres du Conseil ont été renseignés à propos des travaux d’élargissement des sentiers et d’amélioration des accès aux points de pêche près du centre-ville par l’organisme Detroit Riverfront Conservancy, lequel envisage maintenant d’améliorer les accès plus au nord, jusqu’au centre de la nature de Belle Isle.

Bob Burns, gardien de la rivière Détroit, a vanté le leadership des Friends of the Detroit River dans ses derniers efforts visant à améliorer les habitats du poisson et de la faune, à exploiter au mieux le financement obtenu au titre de la Great Lakes Restoration Initiative des Grands Lacs destinés à relier hydrauliquement les lacs Okonoka et Blue Heron Lagoon de Belle Isle à la rivière Détroit.

Friends of the River Detroit assurent également la coordination avec leurs homologues de Windsor (Ontario), dans le cadre du projet Detroit River Canadian Cleanup. Comme Bob Burns l’a expliqué, la rivière Détroit est un secteur préoccupant des deux côtés de la frontière, et chaque organisation travaille dans son propre pays en vue de nettoyer sa « partie » de la rivière.

En visitant le quartier East Side de Détroit, le Conseil a découvert les dimensions humaines de la relation de Détroit avec la nature et le cycle de l’eau. Le président de Chandler Park Conservancy, Alex Allen, a expliqué comment son groupe communautaire était parvenu à intégrer l’infrastructure verte et les caractéristiques de l’habitat faunique dans le parc en aménageant un marais pour contrôler les eaux de ruissellement.

Au centre de bien-être Stoudamire du Eastside Community Network, Erin Stanley (directrice) et Alexis Sims (gestionnaire), Équité climatique, ont précisé que les épisodes de précipitations extrêmes submergent les réseaux de mise à l’égout et des eaux pluviales de Detroit et ont des impacts disproportionnés sur les résidents du côté est de la ville dont les sous-sols sont inondés.

Erin et Alexis ont expliqué les différentes manière dont les programmes d’équité climatique aident les résidents : prévention du phénomène de refoulement des eaux d’égout et adaptation aux débordements du lac; création de centres de résilience climatique pour fournir d’autres ressources et action proactive contre les causes profondes du mal, notamment par la promotion de politiques en matière d’équité climatique.

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Alexis Sims, gestionnaire de l’équité climatique au Eastside Community Network, présente le travail de sa communauté sur la résilience climatique et les interventions en cas d’inondation. Source : CMI

Monica Lewis-Patrick, membre du Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs et présidente de We the People of Detroit, a accueilli le Conseil au siège social de l’organisation communautaire locale. À cette occasion, de jeunes leaders ont confié aux membres du Conseil que leurs organisations habilitent les jeunes à diriger des programmes et des activités de promotion des politiques afin de composer avec des problématiques où les questions d’eau potable recoupent les questions d’injustice.

Me Norrel Hemphill, de We the People of Detroit, a parlé de ce qui est fiat en matière d’élaboration des politiques pour défendre les droits de la personne en ce qui a trait à l’accès à l’eau et aux programmes d’abordabilité de l’eau potable, ainsi que des politiques municipales de coupure d’alimentation en eau. Les jeunes de la Junction Coalition de Toledo ont souligné les efforts d’éducation communautaire visant à informer les résidents du quartier sur la qualité de l’eau et les problèmes liés à l’eau potable, y compris les répercussions des proliférations d’algues nuisibles. Les membres du Flint Community Lab ont donné une présentation virtuelle de leurs installations ooù sont réalisées des analyses gratuites de l’eau pour y détecter la présence de plomb et d’autres produits chimiques nocifs, ainsi que des programmes qui aident à rétablir la confiance des résidents et leur relation avec leur eau potable. L’Eastern Michigan Environmental Action Council a expliqué comment que son travail dans le domaine de l’eau et de l’éducation des jeunes consiste à assurer des processus démocratiques de sorte que les besoins et les priorités des membres de la collectivité soient pris en compte dans la prise de décisions environnementales.

Brooke Bowers, 14 ans — une des jeunes leaders de We the Youth of Detroit — a conclu la séance en expliquant la nécessité de placer la justice raciale au cœur de toute action, cela afin de constituer une coalition d’organisations axées sur la mobilisation des communautés et ayant pour mission de transformer les traumatismes liés à l’eau en autant d’éléments de renforcement de la vie communautaire.

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Les membres du Conseil dans les locaux de We the People of Detroit, où des organismes de Toledo et de Flint ont présenté virtuellement les efforts communautaires axés sur la qualité de l’eau potable, la question des tests, ainsi que les problèmes d’abordabilité et d’accès à l’eau.

Chris McLaughlin, coprésident canadien et directeur général du Bay Area Restoration Council, a chaleureusement remercié tout le personnel, les bénévoles et les jeunes leaders pour la façon dont ils avaient accueilli les membres du Conseil à Detroit, et dont ils leur avaient fait part d’excellentes idées ayant sans doute manqué durablement chaque membre de la délégation.

Jon W. Allan, coprésident américain du Conseil et agent principal des programmes de recherche et de consultation de la School for Environment and Sustainability de l’Université du Michigan, devait ajouter : « Entendre ainsi s’exprimer la sagesse des communautés riveraines des Grands Lacs, comme cela nous a été donné à Detroit […] aura été déterminant pour le Conseil, non seulement parce que cela nous a donné l’occasion de réfléchir à partir de nouvelles informations et perspectives, mais aussi parce que ces expériences vont véritablement influer sur l’orientation du travail qui nous attend. »

Apprenez-en plus sur le leadership du Conseil et les travaux en cours : « Ce qui attend le Conseil consultatif des Grands Lacs de la CMI en 2023 »

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Allison Voglesong Zejnati is public affairs specialist at the IJC’s Great Lakes Regional Office in Windsor, Ontario.