La phase 1 de l'examen accéléré du Plan 2014 fournit de nouvelles informations au Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent

8 février 2022
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En février 2020, après deux années de niveaux d’eau records du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, la Commission mixte internationale (CMI) a décidé d’ordonner un examen immédiat et approfondi du plan de régularisation du débit sortant du lac.

Le projet en question, intitulé Examen accéléré du Plan 2014, se déroule en deux phases. La première, maintenant terminée, visait à recueillir rapidement l’information nécessaire pour intervenir en cas de crue extrême se produisant dans un avenir rapproché. La phase 2, qui vient tout juste de commencer, consistera à conduire une analyse plus poussée du régime d’écoulement connu sous le nom de Plan 2014.

La phase 1 a notamment porté sur l’élaboration d’une application novatrice destinée à aider le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent de la CMI à mieux comprendre les répercussions que pourraient avoir les décisions qu’il prend sur le débit sortant lors de crues extrêmes.

Quand la CMI a lancé cet examen au début de l’année 2020, il a été décidé que la phase 1 consisterait surtout à recueillir des informations destinées à assister le Conseil dans sa prise de décisions relative au débit sortant parce que le niveau du lac Ontario demeurait très élevé. Beaucoup craignaient que des crues extrêmes ne se reproduisent au printemps.

Dans le cadre de l’examen accéléré du Plan 2014, la CMI a conclu que le moyen le plus rapide de se préparer à faire face à une nouvelle crue extrême serait de recueillir des données éclairant la prise de décisions par le Conseil. Le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent (Comité GAGL) de la CMI mène actuellement cet examen accéléré.

« En 2017 et en 2019, le Conseil a fait face à des conditions extrêmes jamais vues auparavant », explique Wendy Leger, coprésidente canadienne du Comité GAGL. « Le Conseil a besoin de plus de données sur la façon dont les ajustements du débit sortant peuvent aider ou nuire aux divers intérêts et régions concernés advenant que ces conditions records se reproduisent. »

Le Plan 2014, qui encadre la régularisation de l’écoulement des eaux dans le Saint-Laurent au niveau d’un barrage à l’exutoire du lac Ontario, est entré en vigueur en janvier 2017. Le Conseil de six membres, qui supervise l’application de ce plan, peut modifier le débit sortant du lac ou « dévier » du Plan quand le niveau atteint l’un des seuils de déclenchement (haut ou bas).

La plupart du temps, le Conseil travaille en arrière-plan, mais tous les regards sont braqués vers lui en période de crue extrême.

Ce fut le cas en 2017, en 2019 et au début de 2020, quand le Conseil a dû composer avec des crues catastrophiques et que certains lui ont demandé de faire plus encore.

En 2017, des précipitations sans précédent assorties d’une augmentation des apports d’eau venant des Grands Lacs d’amont ont donné lieu à des niveaux records qui ont été causes d’inondations catastrophiques et d’autres impacts. La crue de 2019 a été encore plus importante, avec son cortège d’impacts graves.

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Edgemere Drive à Greece, dans l’État de New York, inondée par le lac Ontario en mai 2017. Source : CMI

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Maison inondée à Beauharnois (Québec) en juin 2019. Source : CMI

Les preuves sont claires : les facteurs naturels et les conditions météorologiques ont causé le niveau élevés des eaux en 2017 et 2019. Néanmoins, certains intervenants ont demandé si le Plan 2014 avait joué un rôle. Pour s'assurer que ces questions soient traitées, la CMI a décidé de lancer sans tarder son examen accéléré. 

Comme tout changement du débit sortant peut abaisser le niveau dans une partie du réseau, mais l’augmenter ailleurs, il est important que les membres du Conseil comprennent les répercussions de leurs décisions sur l’ensemble du réseau hydrographique. La phase 1 a donc essentiellement porté sur la façon d’améliorer les impacts cumulatifs des décisions de régularisation.

Dans le cadre de l’examen de la phase 1, le Comité GAGL a recueilli des renseignements sur les impacts des crues de 2017 et de 2019 auprès d’exploitants de réseaux d’eau, de marinas, de clubs nautiques, de sites touristiques et de municipalités. Il a obtenu des données auprès de plus de 3 000 propriétaires riverains qui avaient répondu à des questionnaires en ligne et a analysé des images géospatiales pour estimer les impacts sur le rivage, impacts qu’il est allé constater de visu. Le Comité a aussi étudié les écosystèmes du lac Saint-Laurent, évalué l’état des glaces et effectué une analyse économique pour déterminer les impacts subis par le secteur de la navigation commerciale.

Le Comité GAGL a élaboré un outil d’aide à la prise de décisions afin d’intégrer et de présenter cette information d’une façon efficace.

L’outil en question intègre des données sur les impacts des crues dont il fait la synthèse afin de prévoir ce qui pourrait arriver dans les six mois suivants. Il indique en quoi les stratégies de régularisation ou les déviations par rapport au Plan modifieraient ces impacts.

« Cet outil rassemble toutes les données recueillies sous la forme de cartes, de tableaux et de graphiques afin d’indiquer l’effet qu’aurait une autre stratégie de régularisation sur les niveaux d’eau et sur les impacts qui en découleraient », explique John Allis, coprésident américain du Comité GAGL.

Le Comité GAGL a également suggéré au Conseil de nouvelles stratégies pour ajuster les limites du Plan 2014 qui régissent l’écoulement quand les niveaux d’eau sont très élevés. Le Comité examinera ces stratégies plus à fond lors de la phase 2 de son examen du Plan.

Dans le cadre de ses travaux techniques et de ses collectes de données, le Comité a ouvert de nouvelles voies de communication avec le public, avec les propriétaires d’entreprises riveraines, avec les municipalités et avec les nations autochtones concernés par les changements du niveau d’eau dans le réseau du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent.

La phase 2 de l’examen accéléré du Plan 2014 devrait se terminer fin 2024.

Le rapport du Comité GAGL sur la phase 1 de l'examen accéleré du Plan 2014 sera publié dans les prochaines semaines.