La Commission sollicite les commentaires de la population sur le rapport provisoire sur le lac Érié

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Le rapport conseille les gouvernements sur la réduction des apports d’éléments nutritifs et la prolifération d’algues nuisibles. 

[Windsor, ON] – La Commission mixte internationale (CMI) soumet aujourd’hui à la consultation publique le rapport provisoire « Lake Erie Ecosystem Priority:  Scientific Findings and Policy Recommendations to Reduce Nutrient Loadings and Harmful Algal Blooms » (Priorité écosystème du lac Érié : résultats scientifiques et recommandations stratégiques sur la réduction des charges d’éléments nutritifs et la prolifération d’algues nuisibles). Le rapport provisoire est le fruit de plus d’une année de travail réalisé par des scientifiques du Canada et des États-Unis, qui ont examiné les changements à l’échelle du lac concernant l’enrichissement en phosphore en provenance de sources urbaines comme rurales, auquel s’ajoute le changement climatique et les espèces aquatiques envahissantes. La Commission invite la population à présenter ses commentaires en ligne, à www.ijc.org, et aussi à assister à une série de journées portes ouvertes et à des réunions publiques.

« Les États-Unis et le Canada ont collaboré à la restauration du lac Érié dans les années 1970 et 1980, une réussite binationale historique », a indiqué Joe Comuzzi, coprésident pour le Canada de la CMI. « Nous souhaitons que ce rapport aide les gouvernements à résoudre les nouveaux problèmes qui touchent le lac Érié et à marquer l’histoire encore une fois ».

« Les pratiques agricoles courantes ainsi que les vieux réseaux d’égout et le climat contribuent aux problèmes actuels du lac Érié », a affirmé Lana Pollack, coprésidente pour les États-Unis de la Commission. « Notre avis aux gouvernements ne fait aucun compromis, car la science indique que sans changements majeurs, surtout dans les pratiques agricoles, nous n’obtiendrons aucune amélioration considérable de la santé du lac Érié ».

À la suite de la prolifération record d’algues nuisibles dans le lac Érié en 2011, d’une étendue de près de 2 000 milles carrés (plus de 5 000 kilomètres carrés), la Commission a lancé la Priorité écosystème du lac Érié, dont l’objectif est une réduction mesurable des charges de phosphore et des proliférations d’algues nuisibles. Pour résoudre ce problème, des douzaines de scientifiques des deux pays ont été réunis pour examiner les thèmes scientifique, socio-économique et réglementaire d’une approche globale. De plus, l’avis et les idées de la population ont été sollicités durant tout le processus.

On peut consulter le rapport complet à www.ijc.org. En voici quelques points saillants :

  • Les charges de phosphore actuelles dans le lac Érié proviennent principalement de sources diffuses.
  • Le ruissellement de sources agricoles, comme les engrais et les déjections animales, sont une importante source diffuse de phosphore.
  • Certains « points chauds » rejettent une part démesurée de phosphore réactif dissous (PRD), qui, de par sa grande biodisponibilité, contribue à la prolifération d’algues nuisibles. La source la plus importante de PRD est la rivière Maumee.
  • En raison des tempêtes intenses liées au changement climatique, les charges futures d’éléments nutritifs, couplées à des températures plus élevées, pourraient mener à des proliférations d’algues nuisibles plus graves et plus fréquentes. Le changement climatique pourrait aussi contribuer à l’augmentation du phénomène d’hypoxie (zones mortes) dans la partie centrale du lac Érié.  
  • Dans la partie ouest du lac Érié, les types d’algues Microcystis et Anabaena peuvent tous deux sécréter des toxines mortelles pour la faune et ils peuvent représenter un risque pour la santé des humains.
  • La surveillance du phosphore est inadéquate, surtout en ce qui concerne le phosphore associé aux épisodes pluvieux ainsi que la charge de phosphore dans le lac Érié en provenance de la rivière Detroit.

En ce qui concerne les mesures, la Commission a formulé 15 recommandations spécifiques à l’intention des gouvernements fédéraux, étatiques et provinciaux, notamment : 

  • Pour ramener la gravité et l’étendue des proliférations d’algues nuisibles à des niveaux acceptables, les gouvernements devraient établir des cibles de charges totales de phosphore pour la rivière Maumee et la partie ouest du lac Érié, d’environ 40 pour cent inférieures aux charges moyennes des cinq dernières années.
  • Pour réduire l’étendue des eaux hypoxiques de moitié, la charge de PRD devrait être réduite de plus de 75 pour cent par rapport à la moyenne.
  • Toutes les autorités compétentes du bassin du lac Érié devraient interdire l’application de fumier et de biosolides sur les terres cultivées gelées ou recouvertes de neige.  
  • Toutes les autorités compétentes du bassin du lac Érié devraient interdire l’utilisation d’engrais phosphatés pour l’entretien des pelouses, sauf en de très rares exceptions.
  • Les efforts de gestion future devraient être axés sur la réduction des charges de phosphore rejetées durant la période printanière et se concentrer principalement sur les sous-bassins versants qui rejettent le plus de phosphore dans le lac.
  • Les programmes existants et planifiés fondés sur des mesures incitatives devraient dès maintenant favoriser les pratiques exemplaires de gestion, qui sont les plus susceptibles de réduire le PRD.
  • Les gouvernements des États-Unis et du Canada devraient renforcer et augmenter l’utilisation des mécanismes de réglementation de la planification de la conservation agricole, et l’accent devant être mis en priorité sur la gestion des éléments nutritifs, en harmonie avec la viabilité économique du secteur.
  • Les politiques fédérales américaines et canadiennes devraient lier le coût et la disponibilité des polices ou des primes d’assurances-récoltes à la planification de la conservation agricole et à la mise en œuvre de pratiques de gestion des éléments nutritifs.
  • Les gouvernements devraient s’engager à accorder du financement soutenu à l’amélioration et au maintien des réseaux de surveillance, surtout pour un système de surveillance de la qualité de l’eau à la sortie de la rivière Detroit et pour la surveillance durant les épisodes pluvieux.  

 

Suite à la publication du rapport provisoire, la Commission recueille les commentaires du public au www.ijc.org ainsi que lors des réunions publiques qui se tiennent au Canada et aux États-Unis. Le rapport sera mis de l’avant lors d’une discussion de groupe le 10 septembre lors de la réunion triennale des Grands Lacs de la Commission, à Milwaukee, dans le cadre de la Semaine des Grands Lacs. Veuillez visiter le site www.ijc.org pour de plus amples renseignements sur le lieu et l’heure des réunions publiques. Après la période de consultation de 45 jours, le rapport provisoire sera révisé et soumis aux gouvernements plus tard cette année.