Gestion adaptive en action

Bill Werick
12 décembre 2016

 Nous gérons les niveaux d’eau des Grands Lacs de manière adaptative, et le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et du fleuve Saint‑Laurent de la CMI dirige des projets qui aideront à améliorer la surveillance du climat dans le bassin. Selon le guide 2009 du département de l’Intérieur des États‑Unis, la gestion adaptative est une approche systématique pour l’amélioration de la gestion des ressources à la lumière des leçons tirées des résultats en matière de gestion.

Phare Spectacle Reef en eaux libres dans la partie nord du lac Huron, janvier 2014. Source : Dick Moehl
Phare Spectacle Reef en eaux libres dans la partie nord du lac Huron, janvier 2014.
Source : Dick Moehl

Le Groupe d’étude international sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent a recommandé la gestion adaptative en 2006 afin d’améliorer ses recommandations, qui étaient fondées sur des simulations informatiques montrant comment les niveaux d’eau auraient une incidence sur plusieurs objectifs de gestion, y compris la santé des milieux humides et les coûts de la protection des rives. Le processus recommandé par ce groupe d’étude aux fins de modélisation, de décision, de surveillance ainsi que de révision du modèle et de la décision est l’essence même de la gestion adaptative.

La collaboration n’est pas un souhait du Comité de gestion adaptative des Grands Lacs, il s’agit d’une nécessité. La CMI a créé un espace pour la gestion adaptative, mais il s’agit d’une salle de réunion et non d’un centre de commande. Les travaux décrits dans le Rapport d’étape semestriel à la CMI du Comité de gestion adaptative des Grands Lacs (couvrant la période de mars à août 2016) comprennent les travaux réalisés par ses membres, des organismes et des particuliers dans nombre de catégories, y compris l’amélioration des pêches (voir l’article intitulé « De l’aide pour les poissons des rapides Ste-Marie à la pression d’un bouton ») et de la surveillance du climat ainsi que la validation de modèles.

 

 

 

Amélioration de la surveillance du climat

Les spécialistes du climat recherchent des tendances dans les données sur les précipitations, le ruissellement et la température qui pourraient indiquer une variation du climat ou des niveaux des lacs. Les estimations relatives au volume d’eau qui entre et sort des lacs chaque jour sont toutefois imprécises. Deux approches différentes sont utilisées dans les Grands Lacs pour mesurer les débits entrants et sortants, et les différences entre les estimations peuvent être importantes, ce qui contraint les chercheurs à déterminer si les tendances constituent des erreurs ou si les erreurs cachent des tendances. Le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs a contribué à l’organisation et au soutien du financement de la CMI, qui a tiré parti de trois projets d’amélioration de ces estimations. 

 

Entretien des instruments météorologiques au phare Spectacle Reef, sur le lac Huron, septembre 2013. Source : Pakorn Petchprayoon
Entretien des instruments météorologiques au phare Spectacle Reef,
sur le lac Huron, septembre 2013.
Source : Pakorn Petchprayoon

Andrew Gronewold, du laboratoire de recherche environnementale des Grands Lacs à Ann Arbor au Michigan, a recours à un nouveau modèle statistique qui utilise les différences entre les deux estimations comme indices pour cerner les erreurs dans celles-ci. Une première expérience axée sur un petit jeu de données a permis essentiellement d’éliminer la différence. Le laboratoire tentera maintenant d’appliquer la méthode à un jeu de données beaucoup plus grand.

Un autre projet, dirigé par Vincent Fortin d’Environnement et Changement climatique Canada, vise à améliorer les estimations historiques des précipitations sur les lacs. Les données que nous possédons sont des extrapolations à partir de données de stations terrestres, et ces estimations sont suspectes. Les prévisions à haute résolution et à court terme des précipitations peuvent fournir de façon plus systématique des estimations précises des précipitations sur les lacs. Quand les facteurs utilisés dans ces prévisions sont disponibles sous forme de jeux de données historiques, les modèles peuvent les utiliser pour produire des simulations rétrospectives, soit des prévisions relatives à des événements passés.

Une simulation rétrospective d’une période de cinq ans menée dans le cadre de l’Étude internationale des Grands Lacs d’amont a fourni des preuves convaincantes qu’une meilleure série chronologique des précipitations serait ainsi possible, mais qu’une puissance informatique considérable serait nécessaire pour ce faire. Un ordinateur de bureau typique aurait besoin d’environ 900 ans pour produire la série chronologique de 30 ans souhaitée. Environnement et Changement climatique Canada utilisera un nouveau superordinateur pour effectuer les calculs nécessaires en moins d’un an.

Finalement, le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs appuie le financement de la CMI pour les projets visant à mesurer l’évaporation à la surface des lacs au moyen de techniques de covariance des turbulences. Avant l’Étude internationale des Grands Lacs d’amont, il n’y avait aucune mesure soutenue de l’évaporation à la surface des Grands Lacs, qui est beaucoup plus importante que celle aux chutes Niagara.

Bill Werick