Des partenariats autour du lac Champlain fournissent des ensembles de données de haute résolution pour la résilience aux inondations

18 mars 2014

Les niveaux d’eau record dans le lac Champlain au printemps 2011, suivis par les pluies dévastatrices apportées par les tempêtes tropicales Irene et Lee plus tard dans l’année, ont permis de constater que les mesures régionales de prévention des inondations devaient être améliorées.

Que ce soit pour les systèmes d’avertissement, l’intervention d’urgence ou les évaluations de la qualité de l’eau après tempête, les gestionnaires de ressources du Vermont, de l’État de New York et du Québec ont reconnu qu’il est de plus en plus important de coopérer pour se préparer au prochain événement important.

En 2012, la CMI a mis sur pied une équipe canado-américaine qui a mené une enquête sur les besoins régionaux en matière d’atténuation des inondations. Leurs conclusions soulignent qu’il est nécessaire d’utiliser des ensembles de données de l’ensemble du bassin pour la prévision des inondations, la planification des infrastructures, la cartographie des habitats et l’amélioration de la résilience aux inondations.

Les ensembles de données intégrés sont un tremplin essentiel vers la résilience, et des efforts sont en cours pour obtenir des données de haute résolution pour l’ensemble du bassin.

Les données altimétriques par laser aéroporté sous-métrique, aussi appelées données LiDAR, fournissent de l’information exceptionnelle sur l’altitude ou le profil (micro-topographie) de la surface de la Terre, et sont devenues des données fondamentales pour la conservation des rives. Ces données sont considérées comme une composante clé de l’évaluation du risque d’inondation et de la planification connexe.

Par contre, l’acquisition des données LiDAR est dispendieuse, car il faut faire voler le laser aéroporté à basse altitude et parce qu’elle produit des données si détaillées que les ensembles de données sont énormes. C’est pour cette raison que les organismes locaux, d’État et fédéraux se sont associés afin d’adopter une approche collaborative pour combler leurs besoins communs en données de terrain.

A map of the current and proposed extents of the LiDAR project. Credit: LCBP.  
Carte des couvertures actuelles et proposées pour le projet LiDAR. Gracieuseté de : Programme de mise en valeur du bassin du lac Champlain.

Grâce à ces efforts de coopération dans l’ensemble du bassin hydrographique, l’acquisition des données LiDAR a subi une expansion rapide au cours des dernières années dans le bassin Champlain, passant à une couverture de 1 500 à 2 200 milles carrés.  

L’état du Vermont a commencé à acquérir des données LiDAR à des fins de planification en 2003, afin d’obtenir des données pour sa région la plus densément peuplée, le comté de Chittenden. En 2010, la CMI a appuyé l’acquisition de données LiDAR pour des efforts ciblés de gestion de la qualité de l’eau dans le bassin de la baie Missisquoi, qui est à cheval sur la frontière entre le Québec et le Vermont, pour la modélisation des éléments nutritifs. L’information qui en résulte indique la provenance la plus probable de la pollution et elle est utile pour concentrer les ressources de gestion très limitées.

Avant la fin de 2013, des données LiDAR étaient disponibles pour pratiquement toutes les parties vermontoises et québécoises du bassin du lac Champlain. Les partenaires recherchent maintenant du financement pour ajouter le secteur du bassin situé dans l’État de New York. Lorsque les données pour la partie comprise dans l’État de New York seront acquises, la couverture des données LiDAR pour le bassin versant du lac Champlain et de la rivière Richelieu sera de plus de 5 500 milles carrés, un rare exploit pour un grand bassin diversifié.   

Cette compilation des données permettra de mieux comprendre le caractère des rives des cours d’eau et des terres riveraines vulnérables aux inondations. Ces travaux mettent aussi en évidence l’efficacité des divers organismes de part et d’autre de la frontière à coopérer pour atteindre des objectifs qui seraient autrement impossibles. Les nouveaux ensembles de données micro-topographiques permettront une modélisation hydrologique et des prévisions des inondations plus précises en appui au plan d'étude du lac Champlain et de la rivière Richelieu récemment recommandé par la CMI. 

   A farm along the Lamoille River in Vermont that flooded after Tropical Storm Irene in August 2011. Credit: Bill Howland, LCBP.
Une ferme en bordure de la rivière Lamoille au Vermont qui a été inondée après la tempête tropicale Irene en août 2011. Photo : Bill Howland, Programme de mise en valeur du lac Champlain.