De l’aide pour les poissons des rapides Ste-Marie à la pression d’un bouton

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Kevin Bunch
12 décembre 2016

 

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Des vannes dans la partie haute de la rivière Ste-Marie aident à réguler le débit de l’eau qui se déverse du lac Supérieur dans le lac Huron. Photo : US Army Corps of Engineers

Le débit de l’eau coulant du lac Supérieur vers le lac Huron est régulé depuis près de cent ans grâce à une série de structures sur la rivière Ste-Marie. Elles sont actionnées à la main à l’aide de manivelles par des équipes de travailleurs. Mais le US Army Corps of Engineers est en train de réaliser un projet qui fera en sorte que certaines vannes pourront être ouvertes ou fermées à la pression d’un bouton.

Les structures de régulation de la rivière Ste-Marie relèvent du Conseil international de contrôle du lac Supérieur. Elles comprennent une structure à 16 vannes connue sous le nom d’ouvrage de compensation. L’ouverture et la fermeture des vannes (il y en a huit de chaque côté de la frontière) permettent au Conseil d’exercer un contrôle sur le débit d’eau sortant du lac Supérieur au profit de la production d’hydroélectricité, de la navigation, des riverains et de l’environnement.

Le projet de l'Army Corps modernisera le fonctionnement d’au moins quatre vannes du côté des États-Unis. L’effort nécessaire pour déplacer les vannes sera réduit et le Conseil pourra répondre davantage aux conditions hydriques pour améliorer l’habitat disponible pour les espèces aquatiques dans les rapides de la rivière Ste-Marie, affirme John Allis, représentant suppléant de la régulation du Conseil et chef du bureau des ressources hydrauliques et hydrologiques des Grands Lacs du district de Détroit de l'Army Corps.

Lorsque le Conseil décide de la quantité d’eau à prélever dans le lac Supérieur chaque mois, il doit en prévoir suffisamment pour répondre aux besoins en eau des municipalités et des industries, pour permettre aux navires de transport maritime de franchir les écluses de Sault-Ste-Marie, et pour soutenir l'habitat du poisson dans les rapides. L’eau restante est acheminée aux trois centrales de production d’hydroélectricité le long de la rivière. Au fil des ans, le Conseil a acquis des connaissances sur la façon de gérer l’eau afin de soutenir l’habitat du poisson dans les rapides de la rivière Ste-Marie, c’est-à-dire en ouvrant partiellement un plus grand nombre de vannes. Par conséquent, on a demandé plus souvent au personnel de faire fonctionner manuellement les vannes pourvues de manivelles.

Puisque l’ouverture et la fermeture des vannes sont actuellement un processus exigeant pour les équipes de travail, cela impose des limites pratiques quant au type d’ajustement possible, affirme M. Allis.

Le système automatisé facilitera l'ouverture et la fermeture plus rapide et plus lente des vannes, ce qui est important pour les poissons et les autres animaux qui vivent dans les rapides. Les rapides de la rivière Ste-Marie s’étendent sur une superficie d’environ 80 acres et sont situées près des vannes, en aval. Cette zone constitue une importante aire de fraie et d’alimentation pour un vaste éventail d'espèces de poisson, y compris le saumon et la truite.

 

Les rapides de la rivière Ste-Marie sont un important lieu de fraie et d’alimentation pour plusieurs espèces de poisson. Photo : US Army Corps of Engineers
Les rapides de la rivière Ste-Marie sont un important lieu de fraie et d’alimentation pour plusieurs espèces de poisson. Photo : US Army Corps of Engineers

« Pratiquement tous les mois en été et à l’automne, des espèces finissent par frayer dans les rapides », affirme M. Allis. « C’est l’une des zones les plus productives des Grands Lacs. 

» Avec l’actuel système manuel à manivelle, cependant, les niveaux d’eau peuvent varier subitement et occasionner de graves problèmes pour les poissons. Les poissons peuvent être piégés lors d’une baisse soudaine du niveau d’eau, tandis qu’une crue soudaine peut pousser les poissons et leurs œufs à l’extérieur des rapides. Grâce à des vannes automatisées, M. Allis affirme que le Conseil peut au lieu apporter des changements progressivement et plus lentement en ouvrant les vannes petit à petit, augmentant ainsi la productivité de la zone de fraie. Les équipes peuvent ralentir les ajustements avec le système à manivelle actuel, mais le nombre de personnes et le temps qu’il faut y consacrer font en sorte que cette solution n’est pas envisageable du côté des États-Unis.

Le projet de 8 millions de $ US visant à moderniser les quatre vannes démarrerait au printemps 2017 et devrait être achevé d’ici décembre 2018. Le financement provient de la Great Lakes Restoration Initiative de la US Environmental Protection Agency. Les vannes manuelles restantes aux États-Unis pourraient être automatisées dans le cadre de ce même projet à condition qu’il y ait du financement additionnel.

L'Army Corps s’occupe du fonctionnement et de l’entretien des vannes du côté des États-Unis. La société Brookfield Renewable Energy Group gère les huit vannes canadiennes au nom du gouvernement du Canada, mais ces vannes ne font pas partie du projet de modernisation. M. Allis affirme que le Conseil mettra à profit les vannes automatisées et les vannes manuelles pour s’assurer que les poissons dans les rapides ont la quantité et le débit d’eau requis tout en réservant une partie du débit à d’autres fins.

M. Allis a affirmé que le projet n’aurait pas d’incidence sur les niveaux d’eau du lac Supérieur et du lac Huron, puisqu’il ne modifie pas la quantité d’eau provenant du lac Supérieur chaque mois. Le projet offre tout simplement davantage de souplesse quant à la façon de libérer l’eau tout au long du mois, d’ajuster le mouvement de l'eau à la hauteur des rapides et d’apporter des changements plus progressifs. « Si l’environnement des rapides est plus sain pour la fraie », a-t-il dit, « cela pourrait profiter aux amateurs de pêche, et augmenterait l’habitat disponible pour les espèces indigènes.

« L’amélioration des conditions de fraie (et de l’habitat des poissons) dans les rapides de la rivière Ste-Marie est très avantageuse pour l’écosystème des Grands Lacs, M. Allis a-t-il ajouté

 

The 16 US and Canadian gates help manage outflow. Credit: US Army Corps of Engineers
Les 16 vannes américaines et canadiennes aident à gérer le débit d’eau sortant. Photo : US Army Corps of Engineers

 

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Kevin Bunch

Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.