Régularisation

Dans son Ordonnance d’approbation de 1914, la Commission mixte internationale ouvrait la voie à l’intensification du développement de l’hydroélectricité dans la rivièreSainte-Marie. Cette ordonnance établissait aussi des objectifs essentiels pour la régularisation des débits sortant du lac Supérieur et pour les limites de ces débits. Les conditions de la régularisation prévues dans l’Ordonnance rendue à l’origine tenaient compte des besoins des différents groupes d’intérêt du lac Supérieur et de la rivière Sainte-Marie, dont ceux des milieux de la navigation, des exploitants de centrales hydroélectriques et des propriétaires riverains.

Depuis 1978, la Commission a publié plusieurs suppléments de l’Ordonnance d’approbation rendue à l’origine. Voilà pourquoi cette ordonnance précise désormais qu’il faut aussi tenir compte du niveau de l’eau des lacs Michigan et Huron pour calculer le débit sortant du lac Supérieur. En outre, cette ordonnance répond aux préoccupations exprimées pour la pêche dans les rapides.

On a élaboré et appliqué différents plans de régularisation pour calculer le débit sortant du lac Supérieur. Chacun de ces plans respecte les conditions d’exploitation exprimées dans l’Ordonnance de la Commission. L’objectif principal du plan de régularisation consiste à déterminer le débit qui permettra aux lacs Supérieur, Michigan et Huron d’avoir un niveau relativement semblable, sans toutefois dépasser les fourchettes de leurs niveaux antérieurs réels. Parallèlement, ce plan vise à éviter que le niveau du lac Supérieur augmente au delà ou baisse en deçà de certains niveaux précisés dans l’Ordonnance. Il comprend également des mesures visant à empêcher un accroissement trop considérable du niveau de l’eau du port en aval des écluses, à fixer un niveau minimal d’apport d’eau, à limiter le débit en hiver et à tâcher de prévoir les conditions éventuelles d’alimentation en eau.

Ce n’est pas parce que l’on peut régulariser le débit sortant du lac Supérieur que l’on peut pour autant contrôler parfaitement le niveau des lacs. En effet, il est impossible de maîtriser les principaux facteurs qui déterminent l’alimentation en eau des Grands Lacs, à savoir les précipitations sur les lacs, l’évaporation et le ruissellement. Il est également impossible de prévoir exactement ces facteurs à long terme.

On régularise le débit du lac Supérieur grâce à différents ouvrages aménagés sur la rivière Sainte-Marie. On détermine chaque mois le débit affecté à ces ouvrages, selon le débit sortant prévu dans le plan de régularisation et d’après les conditions de l’Ordonnance d’approbation. On se sert de cette eau pour l’alimentation en eau potable, la navigation dans les écluses, la production d’hydroélectricité et la préservation des habitats du poisson dans les rapides.