Bouée en vue! – Déploiement d’un réseau de bouées intelligentes le long des berges des Grands Lacs

15 octobre 2019
weather buoy cleveland lake erie

En dix ans, le nombre de bouées d’observations météorologiques en temps réel a plus que triplé, passant de 20 en 2009 à près de 60 en 2019, ce que nous devons aux progrès technologiques, aux programmes de subventions spécialisées et aux partenariats public-privé entre les collectivités côtières et les scientifiques et ingénieurs spécialistes des Grands Lacs. 

C’est à la fin des années 1970 que des bouées météorologiques ont commencées à être installées dans les Grands Lacs par la Garde côtière canadienne et par les Gardes côtes américains. Il était question de fournir à la communauté maritime et aux agences météorologiques de chaque pays des données essentielles au sauvetage et à la navigation. Aujourd’hui, une quarantaine de bouées supplémentaires sont en cours de déploiement grâce aux efforts d’une dizaine d’universités, de chercheurs gouvernementaux et d’entreprises spécialisées dans les applications marines. Les nouvelles bouées ont été spécialement conçues pour être posées dans les Grands Lacs, à proximité des berges. Elles sont équipées des toutes dernières technologies et sont plus petites et plus légères que les modèles antérieurs.

Elles sont alimentées à l’énergie solaire et leur configuration est adaptée à chaque lieu d’emploi, mais elles servent généralement à relever la vitesse du vent, la hauteur des vagues et la température de l’eau. Certaines de ces bouées permettent de surveiller les courants, d’envoyer en direct des vidéos de surveillance de haute qualité par liaison cellulaire ultra-rapide, de suivre le déplacement des poissons munis d’étiquettes électroniques et de surveiller la prolifération d’algues nuisibles ainsi que la présence de zones appauvries en oxygène.

Chaque bouée est mise à l’eau pour la belle saison par des organisations locales, des collectivités, des scientifiques et des ingénieurs spécialement formés qui collaborent au projet. Chacune des 40 nouvelles stations déployées au cours des 10 dernières années a sa propre histoire, que ce soit quant à son entrée en service, à sa vocation, à son entretien saisonnier ou à sources de financement pour la maintenir en service année après année. Contrairement aux premières bouées, qui avaient été financées par le gouvernement fédéral, celles du nouveau réseau sont financées à la pièce par le truchement de partenariats public-privé. 

On peut songer, par exemple, aux bouées de South Haven et de Port Sheldon sur le lac Michigan, qui ont d’abord été financées grâce à des subventions fédérales, mais qui le sont maintenant entièrement par des contributions venant des administrations municipales locales, d’organismes nautiques et de centaines de donateurs privés, et cela à raison de près de 20 000 $ par année. D’autres stations sont financées par des entreprises du secteur de l’énergie sur le lac Michigan et par les usines municipales de traitement des eaux à Toledo et Cleveland; plusieurs scientifiques étudient l’érosion des berges, le déplacement des poissons, les courants et bien d’autres sujets. 

mooring line
Des scientifiques et des ingénieurs de LimnoTech, de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique et de l’Université de Windsor préparent les lignes d’ancrage pour une nouvelle série de bouées destinées à surveiller les déplacements des poissons et les conditions de l’eau dans le lac Érié et dans le lac Ontario. Photo : Ed Verhamme

Bien que de nombreuses organisations possèdent, déploient, entretiennent et financent des composantes du réseau de bouées, celles-ci travaillent de concert pour partager librement et ouvertement les données recueillies par l’entremise d’un organisme sans but lucratif spécialisé situé à Ann Arbor (Michigan), le Great lake observing system (GLOS).

Ce groupe veille à ce que les données recueillies par chaque bouée fassent l’objet d’un contrôle de qualité de base et soient communiquées aux services de garde des côtes et aux services météorologiques des deux pays, ainsi qu’aux patrouilles maritimes et à toute personne disposant d’un navigateur Web ou d’un téléphone, cela grâce à une messagerie texte dédiée.

Des observations actuelles, des vidéoclips et des données historiques sont accessibles sur la page glbuoys.glos. Depuis le début de la saison, plus de 250 000 utilisateurs ont eu accès aux données des bouées à partir du site Web qui a enregistré près de 1,5 million de visites.

La messagerie texte, qui permet de recevoir les données des bouées météorologiques intelligentes, gagne en popularité auprès des pêcheurs, des plaisanciers et d’autres amateurs de loisirs aquatiques. Elle compte près de 260 000 utilisateurs.

Ce service est assuré gratuitement par LimnoTech, une société d’experts-conseils en environnement établie à Ann Arbor (Michigan), et par le réseau GLOS. Les utilisateurs peuvent envoyer par texto le numéro d’identification de la bouée au 866-218-9973. Une liste à jour des stations actives est consultable à l’adresse bit.ly/gltextabuoy. Le service offre aux utilisateurs un accès instantané aux conditions météorologiques transmises par les stations côtières et les bouées météorologiques.

Même si vous n’êtes pas en train de naviguer sur l’eau ou de pêcher, vous pouvez tout de même – par l’entremise du portail des bouées des Grands Lacs – suivre les conditions à la surface du lac, consulter des webcams pour observer le vol des oiseaux et les couchers de soleil, et pour vous renseigner sur la vitesse à laquelle les conditions évoluent. D’autres stations seront sans doute mises en service en réponse aux efforts déployés par les collectivités, les chercheurs et les compagnies des eaux pour surveiller les conditions météorologiques et hydriques de base dans les plus grands lacs d’eau douce du monde.