Analyse du sondage : La santé des Grands Lacs affecte la santé publique et l’économie régionale

06 mars 2019
red lighthouse

Depuis que le Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs de la CMI a publié ses rapports de sondages binationaux de 2015 et de 2018, d’autres analyses ont révélé d’autres résultats. Comme l’enquête de 2018 répétait toutes les questions de l’enquête de 2015, les échantillons combinés représentent 8 200 répondants à près de 90 questions.

Quelques questions intéressantes ressortent des données :

  • Dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs, croit-on généralement que la santé des Grands Lacs influe sur notre santé et sur la santé de l’économie de la région?
  • Quel est le point de vue des peuples autochtones sur la santé des Grands Lacs?
red lighthouse
Marqueur de port rouge vif à Kenosha, Wisconsin par une froide journée de janvier. Source : Shutterstock

 

Deux questions du sondage portaient sur les perceptions des résidents des Grands Lacs à l’égard de la santé des Grands Lacs et de ses répercussions sur la santé publique et l’économie régionale.

Lorsqu’on a demandé aux répondants à l’enquête dans quelle mesure ils étaient d’accord avec l’énoncé de valeur « La santé des résidents de la région souffrira si les Grands Lacs ne sont pas en santé », la majorité (73,3 %) des 8 200 répondants ont répondu « en accord » ou « tout à fait d’accord ».

Selon l’énoncé de valeur, « L’économie de la région souffrira si les Grands Lacs ne sont pas en santé », la majorité (76,7 %) était encore une fois d’accord. Toutefois, des nuances ont été apportées aux réponses lorsque des variables démographiques, comme l’état ou la province de résidence et le statut autochtone, ont été analysées à l’aide des tests de chi carré de Pearson (sur la probabilité que la distribution observée soit due au hasard).

la sante
leconomie

Ces graphiques montrent la répartition des réponses selon le niveau d’accord aux sondages binationaux de 2015 et 2018. Source : Auteur

 

Les différences de croyances sont-elles fondées sur l’endroit où vivent les répondants?

L’analyse des différences entre les États et les provinces n’a révélé aucune différence statistique entre les réponses à l’un ou l’autre énoncé. Cela signifie que les répondants des huit États des Grands Lacs et de l’Ontario étaient généralement d’accord pour dire que la santé publique et l’économie de la région souffriraient sans des Grands Lacs en santé. Remarquez les niveaux élevés d’accord avec ces deux énoncés pour chaque zone résidentielle des Grands Lacs illustrés dans les graphiques ci-dessous.

la sante 2
leconomie 2

Ces graphiques montrent la proportion de répondants en accord selon leur État ou leur province de résidence. Source : Auteur

 

Quel est le point de vue des peuples autochtones sur ces questions?

Pour le sondage de 2018, la CMI a sollicité les réponses de personnes qui s’identifient comme Autochtones (Premières Nations, Métis et tribus) dans chaque bassin lacustre afin d’obtenir un aperçu de leurs perspectives uniques. Sur les 4 250 réponses au sondage de 2018, 300 (7,1 %) provenaient de personnes s’identifiant comme Autochtones. Lorsque ces deux énoncés de valeurs ont été analysés pour relever des différences entre les répondants qui s’étaient identifiés comme Autochtones et ceux qui ne l’avaient pas fait, des différences statistiques ont été observées tant dans l’énoncé sur la santé publique que dans celui sur l’économie de la région.

Cela signifie que les répondants autochtones étaient plus susceptibles d’être d’accord que la santé des Grands Lacs affecte la santé publique et l’économie de la région. Les graphiques ci-dessous montrent les différences d’accord entre les répondants qui se sont identifiés comme Autochtones et ceux qui ne l’ont pas fait.

ls sante 3
le econ 3

Ces graphiques montrent les différences d’accord entre les répondants autochtones et non autochtones. Source : Auteur

 

Qu’est-ce que tout cela signifie?

Ces résultats indiquent que les résidents du bassin des Grands Lacs, en particulier les peuples autochtones, sont généralement d’accord pour dire que la santé des Grands Lacs est cruciale pour la santé publique et l’économie régionale.

Cela concorde avec les conclusions d’un rapport présenté au ministère de l’Environnement de l’Ontario en 2010 et d’autres recherches menées par Alan Steinman de l’Annis Water Resources Institute à Muskegon, au Michigan, qui ont montré que la protection des Grands Lacs fournit à la société une variété de services écosystémiques et a une valeur économique énorme dans des dizaines de secteurs.

De plus, des investissements de plus de 1,7 milliard de dollars pour restaurer les Grands Lacs ont été faits par l’entremise de programmes de financement gouvernementaux, comme l’Initiative canadienne de protection des Grands Lacs et l’Initiative américaine de restauration des Grands Lacs (GLRI).

Le séminaire de recherche en économie quantitative de l’Université du Michigan et un groupe d’économistes ont déterminé que chaque dollar dépensé dans le cadre d’un projet de la GLRI de 2010 à 2016 produira 3,35 $ d’activité économique supplémentaire jusqu’en 2036, ce qui représente un rendement du capital investi de 300 %. Ce groupe d’experts a également constaté que la GLRI a créé ou soutenu en moyenne 5 180 emplois par année et a augmenté le revenu personnel de 250 millions de dollars par année en moyenne dans la région des Grands Lacs de 2010 à 2016.

Comment ces croyances se traduisent-elles en actions personnelles et collectives pour conserver et protéger les Grands Lacs? Combien les résidents sont-ils prêts à payer pour la recherche, la gestion et la protection des Grands Lacs? Des recherches sont en cours pour répondre à ces questions à partir des résultats actuels du sondage et seront prises en compte lors de l’élaboration de la prochaine itération du sondage sur les Grands Lacs.

Au fil du temps, les résultats du sondage aideront à mieux définir comment la collectivité des Grands Lacs peut prendre des mesures personnelles et collectives plus efficaces pour atteindre l’objectif d’une eau propre à la baignade, à la consommation et à l’exploitation pour tous.