Contexte
Avant que le plan puisse être exécuté, il faudra consulter les organismes membres du Comité directeur des pêches de la rivière Ste-Croix, les groupes de parties prenantes de part et d’autre de la frontière, y compris les Autochtones, et le public. Il faudra aussi que l’État du Maine modifie sa législation pour lever l’interdiction qui empêche le gaspareau de franchir le barrage de Grand-Sault.
Lorsque le plan sera mis en œuvre, la passe à poissons au barrage de Grand-Sault serait rouverte pour permettre à la population du gaspareau de croître sans restriction jusqu’à ce qu’elle atteigne six individus par acre, ou 146 316 gaspareaux dans la partie rouverte du bassin. La population se chiffre actuellement à 10 450 individus. Les barrages de Milltown et de Woodland resteraient ouverts comme avant, mais ceux de Vanceboro et de West Grand seraient fermés au gaspareau, pour exclure l’espèce des lacs Spednic et West Grand et des eaux en amont.
Une fois qu’il y aura six gaspareaux par acre, le plan fixe les conditions d’une augmentation plus grande de la population, étant donné que la présence du gaspareau a pu nuire à celle de l’achigan dans le lac Spednic au cours des années 1980. Les organismes de mise en œuvre surveilleront les jeunes de l’année de l’achigan à petite bouche dans le réservoir de Grand-Sault et dans le lac Big, qui seraient ouverts au gaspareau, mais aussi dans trois « lacs témoins », y compris le lacWest Grand, qui y seraient fermés. Le tableau 5 de la page 11 montre les critères relatifs à l’achigan, d’après les prises historiques de jeunes de l’année.
Après chaque fraie, les biologistes emploieront la pêche électrique pour évaluer l’abondance des jeunes achigans de l’année et la comparer avec les prises historiques de jeunes de l’année pour chaque lac surveillé. Ils vont assigner une couleur de « feu de circulation » à leurs constatations : vert pour un bon succès de reproduction, jaune pour une reproduction acceptable mais qui pourrait être préoccupante, rouge pour une faible reproduction. Les données des lacs témoins (dont le gaspareau est absent) révèleraient les années où la météo limite le succès de reproduction.
Outre les données sur la population d’achigan à petite bouche, le processus décisionnel se fondera sur le nombre de gaspareaux remontant la passe à la hauteur du barrage de Milltown à Calais. Il faudrait aussi disposer de données d’échantillonnage sur le passage du gaspareau en amont du barrage de Grand-Sault, puisque les données les plus récentes sur la passe à cet endroit datent de 1986, avant qu’elle soit bloquée. Le processus décisionnel rétablira le gaspareau tout en garantissant que tout effet négatif sur l’achigan sera décelé et réglé rapidement.
Le vert, le jaune et le rouge du « feu de circulation » pour l’achigan dans le lac Big et le réservoir de Grand-Sault au cours de chacune des trois années les plus récentes seront traduits en chiffres : +1 = vert/bonnes conditions, 0 = jaune/prudence, -1 = rouge/conditions inacceptables. Les six chiffres résultants (trois chiffres pour deux lacs) seront additionnés dans un indice de la fraie (recrutement) de l’achigan à petite bouche.
Les gaspareaux qui franchiront le barrage de Milltown n’augmenteront (d’un facteur de 1,5) que si l’indice de recrutement de l’achigan est positif et que le gaspareau a atteint son objectif actuel d’échappée. Si l’indice est de zéro, l’échappée du gaspareau demeurera inchangée. Si l’indice est négatif – ou, pour plus de protection, si le même lac obtient un feu rouge deux années de suite – l’échappée du gaspareau sera ramenée au niveau auquel correspondait un recrutement positif de l’achigan à petite bouche.
La population de l’achigan peut varier selon les années en raison de facteurs autres que le rétablissement du gaspareau. Comme l’approche de précaution du plan limite l’accès du gaspareau en fonction du succès de reproduction de l’achigan, même des événements fortuits peuvent ralentir le rythme de rétablissement du gaspareau. Les simulations par ordinateur montrent qu’il faut parfois deux fois plus de temps pour obtenir un nombre donné de gaspareaux si on applique le plan que si on s’en prive.
