COMMUNIQUÉ
Diffusion : le 5 mars 1998
Le rapport de la Commission mixte internationale recommande que les gouvernements
procèdent à une inspection régulière des barrages
Sans une inspection régulière des barrages par les gouvernements, la Commission
mixte
internationale (la Commission) ne peut se prononcer sur la sûreté des barrages et
des digues
situés sur la frontière canado-américaine.
La Commission a appris que certains ouvrages situés le long de la frontière du
côté canadien ne
font l'objet d'aucun programme gouvernemental d'inspection régulière et qu'il y
existe
également aux États-Unis des barrages qui ne sont pas inspectés
régulièrement, bien que le
problème ne soit pas aussi grave. La Commission considère que les inspections de
sécurité
effectuées par les propriétaires de ces ouvrages ne protègent pas
suffisamment les intérêts du
public. En outre, la Commission n'est pas convaincue que des plans d'intervention d'urgence
efficaces aient été mis en place et testés pour ces ouvrages.
Le rapport de la Commission mixte internationale fait état des dispositions que les
gouvernements du Canada et des États-Unis ont adoptées en matière
d'entretien et d'exploitation
sécuritaires des barrages et des digues situés dans les régions soumises
à son autorité. La
Commission est d'avis que les lois existantes, aux États-Unis et au Canada, ne suffisent
pas à
assurer la sécurité de ces ouvrages et a recommandé aux gouvernements
d'agir afin d'assurer la
protection des biens publics et des populations de part et d'autre de la frontière.
La rupture de ces ouvrages pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les biens
publics
et la population du Canada et des États-Unis. La Commission recommande donc que les
gouvernements vérifient la sûreté des ouvrages réglementés.
Cette vérification devrait englober
les éléments suivants :
- Inspections régulières, périodiques, complètes et
indépendantes, réalisées sur place par
des spécialistes qualifiés.
- Calendrier raisonnable de mise en oeuvre de toutes les recommandations contenues dans
les rapports.
- Mise en place et vérification régulière de plans d'intervention
d'urgence tenant compte de
toutes les éventualités possibles, et comportant notamment des procédures
détaillées
d'avertissement, l'attribution des responsabilités, des dispositions en vue d'une
coordination transfrontière des opérations et des cartes des zones inondables.
- L'accès du public à tous les rapports et documents traitant de questions de
sécurité.
De plus, la Commission recommande que les gouvernements du Canada et des États-Unis
assurent une supervision conjointe des ouvrages situés sur la frontière.
Si les gouvernements ne donnent pas suite aux recommandations contenues dans le rapport d'ici
le 1er juin 1998, la Commission pourrait exiger que les propriétaires lui
fournissent régulièrement
des rapports gouvernementaux d'inspection de sécurité, et qu'ils
démontrent que les travaux
d'entretien et de réfection recommandés dans ces rapports sont entrepris dans un
délai
raisonnable. En outre, ils seraient tenus d'établir un plan d'intervention d'urgence et d'en
remettre
copie à la Commission.
Dans les cas où les rapports d'inspection régulière des ouvrages
réglementés ne sont toujours pas
disponibles, la Commission verra quelles mesures provisoires elle peut prendre pour assurer la
protection du public.
La Commission est un organisme international qui a été établi par le
Traité relatif aux eaux
limitrophes de 1909 conclu entre le Canada et les États-Unis afin de prévenir les
différends
relatifs aux eaux transfrontalières et de régler les problèmes liés
aux ouvrages situés le long de la
frontière. La Commission émet des ordonnances en réponse à des
demandes concernant
l'utilisation ou la construction de certains ouvrages, dans les eaux qui coulent le long de la
frontière ou qui la traversent, qui peuvent influer sur les niveaux ou les débits
naturels de ces
eaux de l'autre côté de la frontière. À la demande des
gouvernements, la Commission fait aussi
des enquêtes sur des questions spécifiques et attire leur attention sur des
problèmes particuliers.
Vous pouvez consulter le rapport complet de la Commission à notre adresse
Internet :
www.icj.org/comm/safedam/unsaff.html