COMMUNIQUÉ
Pour diffusion: le 24 avril 1997
La Commission mixte internationale demande aux États-Unis
et au Canada d'imposer les normes californiennes actuelles quant à la teneur
en soufre de l'essence
Pour concrétiser les avantages de nouvelles initiatives volontaires
visant à réduire la pollution imputable aux véhicules
automobiles, la Commission mixte internationale (CMI) a
demandé officiellement aux gouvernements du Canada et des États-Unis
d'adopter une norme nationale uniforme fixant la teneur annuelle moyenne
en soufre de l'essence à 30 ppm et la teneur maximale à
80 ppm, idéalement d'ici l'an2001 et au plus tard en 2005.
La Commission agit ainsi sur l'avis de son Comité internationale
sur la qualité de l'air, formé de scientifiques canadiens
et américains et de gestionnaires de programmes de lutte contre
la pollution atmosphérique, qui examine les problèmes
transfrontaliers liés à la qualité de l'air.
L'industrie automobile affirme que des concentrations élevées
de soufre diminuent l'efficacité des convertisseurs catalytiques
et de la technologie des détecteurs d'oxygène, qui sont
des composantes critiques des dispositifs antipollution des véhicules
automobiles. Un récent accord fondé sur des initiatives
volontaires, conclu entre le gouvernement fédéral des
États-Unis et les constructeurs de véhicules, permettra
la mise en marché d'ici 2001 de véhicules produisant peu
d'émissions (VPE), qui devaient initialement être commercialisés
en 2004 conformément à la réglementation. Les constructeurs
canadiens ont également accepté de participer à
un programme des VPE suivant le même échéancier.
Une réduction importante de la teneur en soufre dans l'essence
est un élément capital de la mise en oeuvre de ces programmes
et de leur succès dans la réduction des émissions,
car les taux actuels réduiront la capacité des dispositifs
antipollution d'atteindre les objectifs.
La concentration moyenne de soufre dans l'essence (à l'extérieur
de la Californie) varie présentement de 300 à 350 ppm
aux États-Unis et au Canada, à quelques exceptions près
comme en Ontario où la moyenne s'établit à 550 ppm.
En raison du niveau très élevé de pollution atmosphérique
qui prévaut en Californie, cet État est le chef de file
dans l'imposition d'exigences relatives à des carburants propres.
Depuis 1996, la Californie dispose d'une loi limitant la teneur maximale
en soufre dans l'essence à 40 ppm ou la teneur moyenne annuelle
à 30 ppm, avec un maximum de 80 ppm. Une technologie
éprouvée de raffinage du pétrole est disponible
et utilisée actuellement pour produire de l'essence conforme
à cette norme. La Commission est convaincue que les coûts
qui s'y rattachent seront largement compensés par l'amélioration
de la qualité de l'air et de la santé humaine.
L'American Automobile Manufacturers Association a demandé
à l'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis
que les réductions de la teneur en soufre correspondent à
celles adoptées en Californie, affirmant que les concentrations
actuelles de soufre diminueront l'efficacité des dispositifs
antipollution. De plus, la réduction du soufre est vitale pour
la mise au point de la prochaine génération d'automobiles,
par exemple, pour certains véhicules qui seront alimentés
par une pile à combustible. En 1997, l'Ozone Transport Assessment
Group (OTAG), qui est composé de représentants des
États de l'est, a recommandé à l'EPA d'adopter
et de mettre en application une règle fixant une norme appropriée
en ce qui a trait à la concentration de soufre afin de réduire
davantage les émissions et de contribuer à l'obtention
d'un rendement maximal à long terme dans la technologie automobile
et les systèmes d'alimentation en carburant.
Au Canada, un groupe de travail fédéral-provincial a
récemment publié un rapport aux fins de commentaires par
le public, qui présente trois options en matière de réduction
future de la teneur en soufre de l'essence : réduire la
teneur moyenne annuelle à 30 ppm et la teneur maximale à
80 ppm dans tout le Canada à compter du 1er janvier
2002, avec variation possible selon les régions (ce qui correspond
essentiellement à la norme californienne); réduire la
teneur moyenne annuelle à 150 ppm et la teneur maximale
à 200 ppm dans tout le Canada à compter du 1er janvier
2002; ou reporter la prise de mesures concernant les teneurs en soufre
au Canada et appliquer dans l'avenir la clause américaine la
moins restrictive de la nouvelle norme nationale concernant les véhicules,
dont l'adoption est prévue pour 2004. Au sujet de la dernière
option, il convient de préciser que la Colombie-Britannique a
déjà pris des mesures réglementaires pour réduire
la teneur en soufre de l'essence vendue dans cette province.
La Commission mixte internationale est une organisation internationale
indépendante établie par les États-Unis et le Canada
en vertu du Traité des eaux limitrophes de 1909. Trois
se ses membres sont nommés par le Président des États-Unis,
et trois par le gouvernement du Canada. La Commission examine les problèmes
environnementaux transfrontaliers à la demande des deux gouvernements
afin de prévenir et de régler les différends.
On peut obtenir d'autres renseignements au sujet de la CMI et du
Conseil consultatif international sur la qualité de l'air sur
l'Internet à l'adresse www.ijc.org.