COMMUNIQUÉ
Pour diffusion 20 mars 1997
Personnes-ressources Frank Bevacqua Washington (DC) (202)
736-9024
Fabien Lengellé Ottawa (Ontario) (613) 995-0088
Les débits sortants du lac Ontario ont
atteint des records en février et au début de mars
Les débits sortants du lac Ontario en février et au cours
des deux premières semaines de mars ont atteint de nouveaux
records pour cette période de l'année, selon la Commission
mixte internationale (CMI).
Les débits moyens en janvier ont été limités à 7 250
mètres cubes par seconde (mcs), ou à 256 000 pieds cubes
par seconde (pcs), par le Conseil international de contrôle du
fleuve Saint-Laurent de la CMI, afin de faciliter la formation
d'une couverture glacielle stable sur le fleuve Saint-Laurent. La
formation de la couverture glacielle sur la partie internationale
du fleuve était pratiquement totale le 31 janvier 1997. Une
couverture glacielle stable aide à prévenir les embâcles
sous-marins qui peuvent entraver les débits. La couverture
glacielle du présent hiver est très lisse et très stable, ce
qui permet des débits anormalement élevés.
Au début de février, le Conseil de contrôle a permis
l'accroissement régulier du débit, et on a enregistré des flux
sortants inégalés de 8 310 mcs (293 000 pcs
) pour ce mois. Les débits sortants pour les première et
deuxième semaines de mars étaient, respectivement, de
8 820 mcs (311 500 pcs ) et de 9 100 mcs
(321 400 pcs ), également des records pour cette
période de l'année.
La Commission a invoqué le critère (k) de son Ordonnance
d'approbation pour la régularisation du lac Ontario et du
Saint-Laurent le 17 janvier 1997, afin de protéger dans toute la
mesure du possible les propriétés riveraines du lac Ontario et
du Saint-Laurent, des Mille-Îles à un point au-delà de
Montréal. Les rives du lac Ontario ont donc profité largement
des dispositions prévues au critère (k) puisque les conditions
glacielles favorables ont permis des débits sortants plus
élevés de ce plan d'eau.
Les conditions glacielles et le danger imminent d'une
inondation dans la région de Montréal sont, à l'heure
actuelle, les seules limites imposées au débit du
Saint-Laurent. Comme on prévoit que le débit entrant au lac
Ontario va demeurer élevé, on ne peut empêcher toutes les
inondations près du lac ou du fleuve. Cependant, le Conseil de
contrôle surveille attentivement les conditions dans tout le
réseau lac Ontario-fleuve Saint-Laurent, afin de maintenir des
débits élevés sans pour autant accroître le risque
d'inondation.
Le 13 mars, le niveau du lac Ontario était de 75,01 mètres
(246,10 pieds) au-dessus du niveau de la mer (Système de
référence international des Grands Lacs de 1985). Ce niveau est
de 49 centimètres (1,61 pied) inférieur à la hauteur qui
aurait été atteinte si l'on avait suivi le plan de
régularisation à la lettre, et de 67 centimètres (2,2 pieds)
inférieur au seuil qui aurait été atteint si le projet
hydro-électrique n'avait jamais été construit.
Malgré les débits élevés, la CMI et le Conseil de
contrôle avertissent que les risques de conditions défavorables
et d'inondations demeurent élevés cette année. L'apport total
provenant du lac Érié va demeurer supérieur aux moyennes
jusqu'à la fin de l'année, au moins. Le lac Ontario, avant
d'atteindre son niveau maximal au printemps ou au début de
l'été, pourrait encore monter de quelque 20 à 30 centimètres
(8 à 12 pouces) si les précipitations sont normales, et de
jusqu'à 40 centimètres (16 pouces) si les précipitations
sont très fortes.
Les niveaux d'eau élevés constatés présentement au lac
Ontario sont la conséquence d'apports anormalement abondants
reçus au cours des six derniers mois. Ces apports, formés de
débits entrants du lac Érié et de la différence entre les
précipitations survenues dans le bassin du lac Ontario moins
l'évaporation de la surface du plan d'eau, sont résumées
ci-après :
| Mois |
Apports nets |
Apports moyens |
| Septembre 1996 Octobre 1996
Novembre 1996
Décembre 1996
Janvier 1997
Février 1997
|
7 490 mcs (264 000 pcs) 7
460 mcs (263 000 pcs)
8 160 mcs (288 000 pcs)
9 000 mcs (318 000 pcs)
8 280 mcs (292 000 pcs)
8 190 mcs (289 000 pcs)
|
6 080 mcs (215 000 pcs) 6
060 mcs (214 000 pcs)
6 510 mcs (230 000 pcs)
6 720 mcs (237 000 pcs)
6 590 mcs (233 000 pcs)
6 660 mcs (235 000 pcs)
|
Depuis septembre 1996, le Conseil de contrôle libère, au lac
Ontario, des quantités d'eau supérieures à celles prévues par
le plan de régularisation, chaque fois qu'il est possible de le
faire sans nuire aux autres intérêts.
Le débit sortant actuel du lac Ontario est de 9 200 mcs
(325 000 pcs), c'est-à-dire 1 270 mcs
(45 000 pcs) de plus que le débit prévu par le plan
de régularisation, et 2 530 mcs (89 000 pcs) de plus
que le débit moyen pour le mois de mars. La fonte printanière
prochaine dans le bassin de la rivière des Outaouais va
accroître la probabilité d'inondations dans la région de
Montréal et pourrait limiter les débits sortants du lac
Ontario.
La Commission mixte internationale a été créée en vertu du
Traité des eaux limitrophes de 1909 afin de prévenir et de
régler des litiges concernant l'utilisation de l'eau le long de
la frontière canado-américaine. Les responsabilités de la CMI
incluent l'approbation de certains projets qui modifieraient les
niveaux d'eau de l'autre côté de la frontière, par exemple le
projet hydro-électrique près de Cornwall (Ontario) et de
Massena (New York). La CMI a établi le Conseil international de
contrôle du fleuve Saint-Laurent pour assurer que les débits
sortants du lac Ontario respectent les exigences des Ordonnances.
Le Conseil prépare également des plans de régularisation et
réalise des études spéciales sur demande de la CMI.
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