|
La présente directive a pour objet de créer l'Équipe du
« plan d'études » du secteur supérieur des
Grands Lacs (l'Équipe) et de demander à celle-ci
d'élaborer un plan d'études (PÉ) pour examiner
l'utilisation des ouvrages de régulation des débits sortants du
lac Supérieur.
Les études auront
pour objectifs :
-
d'examiner l'utilisation des ouvrages de
régulation des niveaux et débits d'eau
du secteur supérieur des Grands Lacs par rapport aux effets de cette
utilisation sur les parties et
les milieux touchés, y compris l'environnement;
-
de déterminer si des modifications des
ordonnances ou un plan de régulation s'imposent pour répondre aux
besoins, aux intérêts et aux
préférences existants et émergents quant à la
gestion durable du système; et
-
d'évaluer, s'il y a lieu, les moyens possibles d'améliorer les
règles d'exploitation et les critères relatifs au
système.
Les études seront menées dans le contexte des articles III
et VIII du Traité des eaux limitrophes et
des responsabilités en matière d'alerte de la Commission mixte
internationale.
Le PÉ devra :
-
définir les études à effectuer et indiquer le niveau de
détail attendu pour chaque
étude;
-
formuler des recommandations quant aux organismes pouvant mener chaque
étude, compte tenu du fait qu'il s'agira d'études binationales;
-
indiquer les sources d'information nécessaires ou les moyens d'obtenir
l'information;
-
formuler des recommandations sur l'ordre d'exécution des
études ainsi que la
durée des études et de leurs différentes phases (dans le
cas des études en plusieurs
phases);
-
présenter des estimations du temps et des ressources humaines et
financières
nécessaires pour mener à bien chaque élément des
études.
Au minimum, les études ou activités suivantes seront
nécessaires :
-
modélisation des débits et niveaux d'eau dans le
système à partir des données
historiques sur les débits et d'une masse de données
étendue sur la variabilité des
apports d'eau;
-
évaluation des effets du changement climatique sur les niveaux et
débits d'eau;
-
détermination des effets de la régulation des niveaux et
débits d'eau par rapport au
régime naturel des niveaux et débits dans le système;
-
examen de méthodes de régulation de remplacement qui
répondent le plus
possible aux besoins de toutes les parties et de tous les milieux
touchés (y compris
l'écosystème), qui établissent un équilibre
approprié des effets entre le lac
Supérieur et les lacs Michigan-Huron compte tenu des effets sur la
rivière
St. Marys et en aval des lacs Michigan-Huron (y compris sur le lac
Érié) et qui
sont conformes au Traité des eaux limitrophes, en particulier à
l'article VIII du
Traité;
-
participation constante du public à l'exécution des
études, notamment à l'essai et
à la démonstration des effets dans le cadre des scénarios
possibles;
-
création et mise en application d'un algorithme d'aide à la
décision pour le choix
parmi les différentes approches élaborées;
-
évaluation des effets sur l'environnement des niveaux et
débits d'eau et des
besoins de l'écosystème;
-
détermination des incidences des niveaux et débits d'eau sur
la navigation de
plaisance et mise à jour de l'évaluation des effets sur d'autres
groupes d'intérêts
(riverains, secteur de la production d'hydroélectricité,
navigation commerciale,
approvisionnement en eau des municipalités, etc.), compte tenu du
Traité des eaux
limitrophes de 1909;
-
évaluation des incidences sur les rives des niveaux et débits
d'eau, y compris
l'évaluation des questions de zonage et d'autres questions liées
à la gestion de
l'utilisation des terres;
-
évaluation qualitative des effets possibles de l'évolution
démographique et
d'autres changements éventuels sur les besoins des utilisateurs, les
apports d'eau
et la régulation des eaux;
-
acquisition de données topographiques et bathymétriques.
Il faudra déterminer s'il est souhaitable de mener les études par phases.
Ainsi, on pourrait, dans une première phase, déterminer le degré de régulation
courant par rapport à l'état naturel et les effets prévus du changement
climatique et, dans une deuxième phase, examiner diverses approches à la
régulation.
La Commission doit nommer un nombre égal de représentants du Canada et des
États-Unis comme membres de l'Équipe. La nomination des membres sera basée sur
les capacités personnelles et professionnelles et ceux-ci ne représenteront pas
leur pays ni leur organisme ou entité d'appartenance. Sauf si la Commission
prend des dispositions contraires, les membres de l'Équipe devront payer leurs
dépenses.
L'Équipe devra s'acquitter de son mandat en consultant au besoin d'autres
instances, en particulier le Conseil international de contrôle du lac
Supérieur. Elle devra prendre en considération les travaux de tous les
organismes et de toutes les entités intéressés des deux pays afin d'exploiter
le plus efficacement possible les ressources et les efforts déployés dans les
deux pays. L'Équipe devra consulter le Conseil d'étude du fleuve Saint-Laurent,
qui mène actuellement des études sur le bassin du Saint-Laurent, afin de
déterminer comment exploiter le mieux possible les produits de ces études en ce
qui concerne le secteur supérieur des Grands Lacs.
L'Équipe devra tenir la Commission informée de l'avancement et de l'évolution
de ses travaux. Elle devra présenter à la Commission :
-
dans les deux semaines suivant sa création,
un document exposant la façon dont
elle compte élaborer un PÉ, en particulier en ce qui touche la
participation du
public;
-
dans le mois suivant sa création, un document exposant la nature
générale du PÉ
prévu;
-
au plus tard le 1
er
novembre 2001, une ébauche du PÉ;
-
au plus tard le 31 décembre 2001, une version finale du
PÉ.
L'Équipe devra utiliser l'apport du public obtenu avant et pendant
l'élaboration du PÉ. Elle devra assurer une grande diffusion de l'information
afin de sensibiliser la population aux efforts déployés pour l'élaboration d'un
plan d'étude et de l'informer des objectifs des études proposées. Dans la
mesure du possible, l'élaboration du PÉ devra se faire dans un esprit
d'ouverture et de transparence. L'Équipe devra fournir des occasions au public
de formuler des commentaires sur l'ébauche du PÉ en même temps que la
Commission en fait l'examen. Elle devra également coordonner ses plans de
participation du public avec la Commission.
Les documents, les lettres, les notes de service et les communications de toute
nature versés aux registres officiels de la Commission sont confidentiels; ils
sont rendus publics seulement quand la Commission l'autorise. De même, la
Commission considère comme confidentiels tous les documents versés aux dossiers
officiels que l'Équipe pourra créer. Le cas échéant, tous ces documents devront
être désignés comme confidentiels et conservés dans des dossiers distincts. La
Commission collaborera avec l'Équipe pour que l'information soit soumise à
l'examen du public en temps opportun.
Des copies, ci-jointes, des documents suivants sont fournies à l'Équipe pour
l'aider à s'acquitter de son mandat :
-
Traité des eaux limitrophes de 1909
-
Ordonnances d'approbation de la CMI
-
Les mesures destinées à atténuer les conséquences
néfastes des fluctuations de
niveaux d'eau du Saint-Laurent et des Grands Lacs : Rapport
présenté aux
gouvernements du Canada et des États-Unis
. CMI. 1993.
-
Énoncé de la portée des travaux produit par le Conseil
international de contrôle du
lac Supérieur, 19 mars 1996.
-
Liste des membres du Conseil international de contrôle du lac
Supérieur
-
Liste des membres du Groupe international d'étude sur le lac Ontario
et le fleuve
Saint-Laurent
-
Plan d'étude pour l'examen des critères dans les ordonnances
d'approbation
visant la régulation des niveaux et débits d'eau du lac Ontario
et du fleuve
Saint-Laurent, septembre 1999.
|