Commission mixte international
États-Unis et Canada
COMMUNIQUÉ
14 mai 2003
Cornwall, Ontario
La Commission mixte internationale fait des recommandations
au sujet des efforts d’assainissement déployés par les gouvernements
dans le secteur préoccupant du fleuve Saint-Laurent
La version complète du rapport est disponible: en
format HTML | en format PDF
Dans un rapport rendu public à la séance d’ouverture de la conférence intitulée
« Large River Ecosystems – Under Stress » ( Les grands écosystèmes fluviaux
en péril ) qui réunit à Cornwall (Ontario) des experts du monde entier, la
Commission mixte internationale (CMI) a révélé que, malgré les progrès réalisés
à ce jour en matière d’assainissement du secteur préoccupant du fleuve Saint-Laurent,
on ne peut crier victoire. Ainsi, des quantités considérables de sédiments contaminés
polluent encore la rivière Grasse, affluent américain du fleuve Saint-Laurent,
et un volume indéterminé de sédiments contaminés par le mercure subsiste à divers
endroits près de Cornwall, en Ontario. La CMI s’inquiète de la menace constante
que posent les sédiments contaminés à la santé humaine et à l’écosystème dans
la région.
Dans le rapport intitulé Évaluation de la zone préoccupante du fleuve
Saint-Laurent , la CMI évalue les mesures prises par les gouvernements fédéral
du Canada et des États-Unis, les États et les provinces pour décontaminer le secteur
préoccupant du fleuve Saint-Laurent. Ce secteur s’étend du barrage Moses-Saunders
en Ontario jusqu’à la décharge est du lac Saint-François et englobe la région
de Massena, dans l’État de New York. La Commission souligne les principales réussites
et fournit des conseils sur la planification et la mise en oeuvre des activités
d’assainissement.
Le fleuve Saint-Laurent arrose la région la plus industrialisée de l’Amérique
du Nord — le bassin des Grands Lacs. Par le passé, des établissements industriels
situés à Cornwall (Ontario) et à Massena (New York) y ont déversé d’énormes quantités
de contaminants, dont du mercure, du zinc, des biphényles polychlorés (BPC) et
du plomb. C’est pour cette raison que, aux termes du Protocole de 1987 à l’
Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs , les gouvernements
ont ajouté le fleuve à la liste des secteurs préoccupants (43 au total). Les secteurs
préoccupants sont des zones où la piètre qualité de l’eau nuit aux utilisations
humaines de la ressource et altère la capacité de l’écosystème aquatique à soutenir
des formes de vie plus que partout ailleurs dans le bassin.
« L’enlèvement des sédiments contaminés par les BPC au site Est d’ALCOA est
l’une des plus grandes réalisations techniques en matière d’assainissement jamais
entreprises dans le bassin des Grands Lacs. Environ 50 000 mètres cubes de sédiments
contenant plus de 9 000 kilogrammes de BPC ont été retirés. Auparavant, General
Motors avait également extrait du fleuve des sédiments contenant des BPC. C’est
un gain important pour la région et un excellent exemple de la participation d’une
industrie locale à la dépollution d’un secteur contaminé depuis fort longtemps
», déclare M. Dennis Schornack, président de la Section américaine de la CMI.
Le très honorable Herb Gray, président de la Section canadienne de la CMI,
estime que « bien que l’État de New York ait accompli des progrès notables en
matière de décontamination des sédiments, les sites contaminés qui subsistent
dans la portion ontarienne et américaine du secteur préoccupant du fleuve Saint-Laurent
couvrent une grande superficie. La menace potentielle que représentent ces sites
contaminés pour la santé humaine, et notamment pour la nation mohawk d’Akwesasne,
continue de préoccuper la Commission. Des secteurs situés en aval, comme le lac
Saint-François, suscitent un intérêt particulier, et la surveillance à long terme
du rétablissement de l’écosystème après l’enlèvement des sédiments contaminés
est un élément extrêmement important. »
Dans son rapport sur les progrès accomplis par les gouvernements pour assainir
le secteur préoccupant du fleuve Saint-Laurent, la CMI souligne aussi bien les
réussites que les enjeux liés à la restauration du secteur. Parmi les principales
réussites, mentionnons les suivantes :
- Les mesures correctives prises par les industries de l’État de New York qui
ont considérablement réduit le volume de sédiments contaminés dans la portion
newyorkaise du secteur préoccupant.
- L’établissement et l’implantation d’un cadre de gestion afin de coordonner
la mise en oeuvre des mesures d’assainissement dans la portion ontarienne du secteur
préoccupant.
Afin de résoudre les problèmes qui subsistent en matière de restauration du
secteur préoccupant du fleuve Saint-Laurent, la CMI a fait les recommandations
suivantes :
- Gestion des sédiments contaminés. Prendre des décisions concernant
d’éventuelles mesures d’assainissement des autres sites de sédiments contaminés
situés dans les parties ontarienne et américaine du secteur préoccupant. Après
l’assainissement, assurer une surveillance appropriée et soutenue de la réduction
des concentrations de contaminants dans les tissus des poissons.
- Établissement des priorités en ce qui concerne les mesures d’assainissement
et suivi du rétablissement des utilisations bénéfiques. Mettre en oeuvre
les mesures correctives qui contribueront le plus au rétablissement des utilisations
bénéfiques aux coûts les plus bas. Confirmer le calendrier de mise en oeuvre des
mesures correctives, comme la fin des travaux à l’usine de traitement des eaux
usées de Cornwall. Veiller à l’assainissement adéquat et en temps opportun du
site de déchets dangereux de GM. Les organismes devraient entreprendre un suivi
efficace du rétablissement des utilisations bénéfiques.
- Amélioration et protection de la santé de la communauté d’Akwesasne.
Favoriser la collaboration afin de régler les différends qui entravent l’assainissement des zones contaminées par les BPC. Appuyer la surveillance continue, par l’ATSDR, le NYSDOH et d’autres intervenants, de l’exposition des habitants d’Akwesasne
aux substances toxiques persistantes.
La Commission mixte internationale est un organisme canado-américain créé
en vertu du Traité des eaux limitrophes de 1909 afin d’aider les deux gouvernements
à prévenir et à régler les différends en matière d’utilisation des eaux limitrophes.
Aux termes de l’Accord de 1978 relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs,
la CMI évalue les progrès réalisés par les deux pays pour rétablir et préserver
l’intégrité chimique, physique et biologique des eaux de l’écosystème du bassin
des Grands Lacs.
Jennifer Day          Windsor, ON (519) 257-6733
Bruce Kirschner     Windsor, ON (519) 257-6710