Commission mixte internationale
printemps 2004
Volume 29, numéro 1


Le succès de l'étude sur le lac Ontario
et le fleuve Saint-Laurent dépend de l'implication du public

Irene Brooks et Robert Gourd, commissaires

La CMI entame la quatrième année d'une étude quinquennale de 20 millions de dollars (U.S.) qui vise la mise à jour de l'ordonnance de régularisation des débits sortant du lac Ontario et se jetant dans le fleuve Saint-Laurent. L'ordonnance de la CMI donne les règles à suivre pour le réglage des barrages hydroélectriques qui contrôlent les débits du lac Ontario. L'ordonnance actuellement en vigueur a plus de 50 ans et ne tient pas compte de plusieurs facteurs, comme les plaisanciers, les changements climatiques et l'environnement.

Cet effort est vaste et soutenu. Un groupe d'étude mène plus de 120 experts ou membres des différentes communautés affectées pour que l'ensemble des enjeux associés à la fluctuation des niveaux du bassin soit correctement analysé. Dans cette optique, des groupes techniques ont été formés et se penchent plus particulièrement sur l'érosion du littoral, le transport maritime, les utilisations de l'eau, l'environnement et les zones humides, la production hydroélectrique, les plaisanciers et le tourisme. Un dernier groupe technique a été chargé de combiner les résultats des autres groupes et de les compiler en vue de l'élaboration d'un simulateur qui permettra de mesurer les bénéfices des différents plans de régulations proposés.

L'appui des usagers du système et la consultations des divers groupes d'intérêt seront des étapes cruciales lors du développement d'un plan de régulation optimal. Pour cette raison, le Groupe consultatif sur l'intérêt public (GCIP) a été mis sur pied. Le GCIP a un double mandat : tout d'abord, il doit identifier les préoccupations du public pour le compte du Groupe d'étude; ensuite, il doit rapporter au public les progrès du Groupe d'étude. Cet été, le GCIP organisera une série d'audiences publiques afin de présenter au public les méthodes d'évaluation du plan de régulation et de vérifier si ces méthodes tiennent compte des différents usagers du système.

Le Groupe d'étude déploie beaucoup d'énergie pour qu'il mène à bien sa mission tout en ne dépassant pas les termes de son mandat. Il accorde également beaucoup d'importance à la qualité des données qu'il recueille, aux simulateurs et aux analyses qu'il commande, au rôle du public ainsi qu'aux principes de saine gestion des ressources. Cette étude pourrait servir de modèle pour une étude similaire portant sur la régularisation du lac Supérieur.

Le succès de l'étude dépend, en bout de piste, de la participation des gens qui sont affectés par les activités régulatrices. Si la fluctuation des niveaux du fleuve Saint-Laurent et du lac Ontario vous concerne, nous vous incitons à vous impliquer et à vous faire entendre. Les activités publiques du Groupe d'étude sont décrites sur son site Internet : www.ijc.org. Vous y trouverez également de l'information sur toutes les facettes de l'étude et pourrez vous abonner à Eaux courantes, la publication trimestrielle du Groupe d'étude.



Tout est intimement lié

Dre Gail Krantzberg, directrice,
Bureau régional des Grands Lacs

« Je suis seul, mais je peux faire intervenir. Je ne peux pas tout faire, mais je peux quand même faire ma part. Même si je ne peux pas tout faire, je ne refuse pas de faire ma part. »
— Edward Everett Hale

Un récent article de Chivian et Bernstein dans Environmental Health Perspectives (volume 112, numéro 1) démontre à nouveau les liens étroits entre les notions d'intégrité biologique, d'intégrité chimique et d'intégrité physique. Ces notions sont si intimement liées, que bien que cela soit pratique, il est de plus en plus difficile et, peut-être, contraire aux principes de la science de classer dans une même catégorie la plupart des caractéristiques (ou des contraintes) des Grands Lacs.

Chivian et Bernstein exposent les incidences produites par les pertes de la biodiversité sur la santé humaine, liens dont on ne tient généralement pas compte. Il s'agit notamment de l'élimination des sources de médicaments et de connaissances biomédicales, de la réduction de la prévalence des maladies humaines infectieuses et de la protection des services de survie assurés par les écosystèmes fonctionnels. Les écosystèmes sains sont constitués de différentes espèces qui interagissent avec d'autres espèces, de même qu'avec leur environnement physique et chimique. Les risques pour la biodiversité et pour la santé humaine peuvent se répercuter sur ces interactions. Ces répercussions peuvent s'expliquer par le changement climatique, la pollution chimique, les espèces exotiques envahissantes, ainsi que la dégradation et la destruction des habitants. Les efforts consacrés à l'heure actuelle par les conseils consultatifs de la CMI sur le changement climatique, les contaminants et les espèces aquatiques envahissantes visent à mettre en lumière les risques qu'ils comportent pour l'intégrité de l'écosystème du bassin des Grands Lacs.

En 2003, le Conseil de la qualité de l'eau des Grands Lacs de la CMI (http://www.ijc.org/php/publications/
html/climate/index.html
) a fait savoir que le changement climatique pouvait donner lieu à des modifications et à des répercussions sur la qualité de l'environnement (air, eau, sol et sédiments), sur la quantité des eaux de surface et de la nappe phréatique, sur la santé et le fonctionnement des écosystèmes, sur la santé humaine, sur l'agriculture, sur l'exploitation des forêts et sur la pêche. En raison des incidences potentielles sur la biodiversité, puis sur les systèmes humains, il faut faire preuve d'ingéniosité dans l'élaboration des programmes et des politiques.

Le Conseil de la qualité de l'eau des Grands Lacs signale qu'un changement de climat peut exacerber d'autres contraintes dans les Grands Lacs. Que l'on songe, par exemple, à l'impact des changements apportés à l'aménagement du territoire sur les écosystèmes naturels et sur la diversité des espèces. Il suffit de tenir compte du changement climatique comme contrainte supplémentaire pour menacer encore plus la résilience de l'écosystème et sa capacité d'adaptation.

Les changements dans l'aménagement du territoire qui accompagnent l'urbanisation croissante produisent des retentissements profonds et négatifs sur les écosystèmes locaux et, par le fait même, sur la biodiversité, à cause du bassin (http://www.ijc.org/php/publications/
html/pr9901.html
). Le Bureau régional des Grands Lacs continue d'appuyer les conseils consultatifs de la CMI dans leurs travaux d'examen des problèmes relatifs à l'aménagement du territoire et de leurs solutions. Un aménagement inadéquat du territoire peut constituer un obstacle de taille, qui ralentit les progrès accomplis dans la réalisation de l'objectif de l'intégrité de l'écosystème des Grands Lacs.

Il faut enrichir les connaissances et exprimer les avis. Les habitants du bassin des Grands Lacs doivent faire connaître, aux responsables de l'élaboration des politiques, la relation importante entre la biodiversité et la santé humaine, pour promouvoir l'esprit d'initiative et le changement positif et pour préserver la grandeur des Grands Lacs.



Nécessité d'accroître la coopération pour la qualité transnationale de l'air

Deux rapports récents du Conseil consultatif international sur la qualité de l'air de la CMI précisent qu'il est nécessaire d'accroître la coopération et la collaboration entre le Canada et les États-Unis pour améliorer la qualité transnationale de l'air.

Le premier rapport, intitulé Summary of Critical Air Issues in the Transboundary Region, fait état des problèmes critiques de qualité de l'air qu'affrontent le Canada et les États-Unis et renferme des recommandations visant à accentuer les efforts de coopération pour protéger la qualité transnationale de l'air. Les auteurs de ce rapport réclament une évaluation scientifique de la situation actuelle des connaissances et des lacunes dans la compréhension des substances toxiques persistantes. Voici les problèmes qu'ils mettent en évidence à cause de leur importance particulière : l'accroissement des niveaux de mercure chez certains oiseaux et mammifères se nourrissant de poisson; le rôle des grandes agglomérations comme sources de rejet majeures de ces substances et la présence généralisée des pesticides et des autres polluants organiques persistants, dont les ententes actuelles et les accords internationaux ne font pas état. Ils attirent également l'attention sur le rôle prépondérant du contrôle des produits azotés dans la réduction de l'acidification et dans la formation de l'ozone et des particules fines et font des recommandations pour des méthodes plus concertées et vigoureuses dans le contrôle de ces produits. Ils parlent également du caractère global des rejets de mercure et expliquent que les efforts de réduction en Amérique du Nord sont éclipsés par l'accroissement des rejets des pays asiatiques.

Dans ce rapport, on signale également qu'il faut améliorer les prévisions de la qualité de l'air, les rapports en temps réel sur la qualité de l'air et les autres outils qui apportent au public l'information dont il a besoin pour faire des choix en connaissance de cause dans la protection de la santé et de l'environnement. Ce rapport précise aussi qu'il est essentiel, pour l'évaluation des progrès accomplis et la conception de nouveaux programmes de lutte contre la pollution, d'adopter plus de méthodes de collaboration et de concertation pour gérer et intégrer le recensement des rejets, surveiller les programmes et l'analyse, et établir des modèles.

Dans le deuxième rapport, intitulé Air Quality in Selected Binational Great Lakes Urban Regions, on examine les concentrations ambiantes d'ozone, de particules, d'anhydride sulfureux, d'oxyde d'azote et de certains polluants atmosphériques dangereux dans les régions de Detroit-Windsor, de Port Huron-Sarnia et de Sault Ste. Marie. L'analyse montre qu'on relève toujours, dans ces trois régions, des niveaux de smog (ozone et particules fines) qui menacent la santé humaine, en particulier parmi les populations sensibles – soit les asthmatiques, les jeunes et les personnes âgées. Ce rapport fait également état de la contribution substantielle de la transmission des polluants régionaux au smog dans ces régions, bien que les sources locales mobiles, les points fixes et les zones aient également une incidence considérable. Il paraît nécessaire de réduire considérablement l'apport de toutes ces sources pour que la qualité de l'air local devienne constamment satisfaisante. Le Conseil conclut également que les rejets de la plupart des polluants atmosphériques dangereux (PAD) étudiés par la CMI dans l'examen de la qualité de l'air effectué en 1992 dans la région de Detroit-Windsor et de Port Huron-Sarnia semblent s'être réduits; toutefois, les composés de trichloroéthylène et de xylène se situent toujours à des niveaux égaux ou supérieurs à ceux qui ont été estimés dans le rapport précédent. En outre, tout porte à croire qu'on relève certains PAD à des niveaux supérieurs à ceux qui sont associés aux points de repère pour le risque de cancer viager de un sur un million dans la Clean Air Act des États-Unis. On peut consulter ces deux rapports sur le site de la CMI, à l'adresse suivante : www.ijc.org.



La CMI élargi son Conseil
du lac à la Pluie


La CMI a annoncé l'ajout de deux nouveaux membres à son Conseil international de contrôle du lac à la Pluie. Ces nominations visent à donner un plus grand droit de parole aux membres des collectivités locales et à leur permettre de participer directement aux activités du Conseil.

M. Steven Richardson de Devlin en Ontario a été pompier pendant 21 ans. En tant que chef du service des incendies de Fort Frances, il a joué un rôle de premier plan dans la résolution de questions liées aux relations de travail, la revitalisation des programmes de sensibilisation et de prévention et, enfin, la coordination d'activités avec le service de gestion des urgences et des incendies d'International Falls, au Minnesota.

M. Grim a enseigné les sciences au Rainy River Junior College pendant 33 ans et a travaillé comme employé saisonnier au Voyageurs National Park pendant 31 étés.

Le Conseil international de contrôle du lac à la Pluie a été créé en 1941 dans le but de veiller à ce que la régulation du courant des lacs à la Pluie et Namakan est conforme aux ordonnances de la CMI. De plus, la CMI contrôle la qualité de l'eau de la rivière à la Pluie, y compris la conformité aux objectifs en matière de qualité de l'eau approuvés par les gouvernements.



Mention spéciale

David Ullrich

David Ullrich a été le co-président de la section américaine du Conseil de la qualité de l'eau des Grands Lacs de 1997 à 2003. Au cours de ces années, il a cherché à restaurer et à protéger les Grands Lacs avec vigueur, passion et distinction. Dave s'est tout particulièrement intéressé à la question des espèces exotiques envahissantes et à celle du nettoyage des secteurs préoccupants des Grands Lacs.

Dave a récemment pris sa retraite du U.S. Environmental Protection Agency (U.S. EPA) après 30 ans de service. Au cours de sa carrière, il a occupé plusieurs postes au sein de l'administration américaine et a siégé au sein de nombreux comités et groupes de travail. Plusieurs de ses travaux ont porté sur l'amélioration de l'efficacité des pratiques de gestion de l'U.S. EPA et de ses techniques de gestion environnementale. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le Presidential Rank Award, trois médailles d'or et plusieurs de bronze.

Dave n'abandonne cependant pas la cause environnementale. En juillet 2003, il est devenu le directeur de Great Lakes Cities Initiative dont le siège social est à Chicago. Il a aussi été nommé membre du Conseil de la qualité de l'eau des Grands Lacs de la CMI.



Intervenants

La CMI souhaite la bienvenue aux personnes suivantes qui viennent d'étre nommées au sein de ses conseils. Nous exprimons notre reconnaissance à ceux et à celles qui ont consacré leur temps et leurs talents aux divers conseils de la Commission mixte internationale afin d'aider le Canada et les États-Unis à gérer les questions environnementales transfrontalières.


Conseil de la qualité de l'eau des Grands Lacs

Nous souhaitons la bienvenue à :
David Ullrich, Great Lakes Cities Initiative


Conseil consultatif scientifique des Grands Lacs

Nous souhaitons la bienvenue à :
Bruce Krushelnicki, Ontario Municipal Board
Pierre Payment,
Institut Armand-Frappier,
Université du Québec
Lesbia Smith, M.D., Toronto, Ontario

Nous remercions :
Maxine Cole
Donald Dewees


Conseil international de contrôle du lac à la Pluie
(en anglais seulement)

Nous souhaitons la bienvenue à :
Lee Grim, biologiste
Steven M. Richardson
Coordonateur des services d'incendies
du District du lac à la Pluie


Conseil international de la rivière Sainte-Croix

Nous souhaitons la bienvenue à :
Sheila Washburn,
Fredericton, New Brunswick
Thomas L. Koning,
Co-président de la Section américaine
US Army Corps of Engineers,
New England District
Barbara Blumeris,
Co-présidente par intérim de la
Section américaine
New England District
Nomination temporaire pendant
le service du Col. Koning en Iraq


Nous remercions :
Don Porteous, co-président de la Section américaine



Publications récentes

Nouveau! Summary of Critical Air Quality Issues in the Transboundary Region (en anglais seulement). Ce rapport du Conseil consultatif international sur la qualité de l'air traite de plusieurs enjeux reliés à la qualité de l'air transfrontaliers entre le Canada et les États-Unis. Disponible sur www.ijc.org ou du Bureau régional des Grands Lacs.

Nouveau! Air Quality in Selected Binational Great Lakes Urban Regions (en anglais seulement). Ce rapport du Conseil consultatif international sur la qualité de l'air traite de la qualité de l'air dans trois régions précises : Détroit/Windsor; Port Huron/Sarnia; et les deux Sault Ste. Marie. Disponible sur www.ijc.org ou du Bureau régional des Grands Lacs.

Nouveau! Rencontre biennale de 2003. La transcription de la plénière du samedi 20 septembre est maintenant en ligne à l'adresse www.ijc.org/php/publications/
html/030920_e.htm
 (en anglais seulement).



Focus passe à l'âge
de l'électronique

Ce numéro de Focus sera
le dernier numéro imprimé.

Étant donné qu'une majorité de gens ont accès à Internet et parce que nous voulons utiliser moins de papier, Focus sera maintenant surtout disponible à partir du site Internet de la CMI.

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Restez branchés

La CMI est intéressée à connaître votre opinion sur ses activités. Vous pouvez nous contacter de différentes façons :



    Section
canadienne
  Section
américaine
  Bureau régional
des Grands Lacs

Contacts   Murray Clamen
Secrétaire
Fabien Lengellé
Affaires Publiques
  Lisa Bourget
Secrétaire
Frank Bevacqua
Affaires Publiques
  Dr. Gail Krantzberg
Directeur
Jennifer Day
Affaires Publiques

Couriel   Commission@ottawa.ijc.org   Commission@washington.org   Commission@windsor.org

Courrier   234, avenue Laurier Ouest
22 étage
Ottawa (Ont.)
K1P 6K6
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Télécopieur   613.993.5583   202.467-7046   519.257-6740

Téléphone   613.995.2984   202.736.9000   519.257.6700
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Commissaires



       
  Dennis L. Schornack,
président de la Section américaines

Irene Brooks

Allen Olson

Le très hon. Herb Gray
président de la Section canadienne

Robert Gourd

Jack Blaney

 
       


La Commission mixte internationale prévient et règle les différends entre le Canada et les États-Unis d'Amérique dans le cadre du Traité des eaux limitrophes de 1909 et recherche le bien commun des deux pays en conseillant les deux gouvernements de façon indépendante et objective.