Commission mixte internationale
Été 2000
Volume 25, Numéro 2


Les niveaux des Grands Lacs baissent pour une troisième année consécutive

À l'exception du lac Ontario, les niveaux des Grands Lacs ont chuté pour la troisième année consécutive. À l'heure actuelle, les niveaux des lacs Michigan, Huron et Érié sont largement en deçà d'où ils étaient il y a un an. La situation est particulièrement dramatique dans le bassin des lacs Michigan et Huron; au cours des deux dernières années, les niveaux de ces lacs ont subi la plus forte chute enregistrée depuis 1860. Au moment de mettre sous presse, les niveaux du lac Supérieur sont, pour cette époque de l'année, à leur plus bas depuis 1926. Quant aux lacs Michigan, Huron et Érié, ils sont à leurs plus bas niveaux depuis les années 60.

Bien que de fortes précipitations et une évaporation moins importante dans l'ensemble du réseau des Grands Lacs puissent faire considérablement changer la situation, on s'attend à ce que les niveaux des lacs restent bas tout l'été.

Les pêcheurs et plaisenciers sont troublés de voir l'état des
niveaux des lacs. Ceux-ci ont chuté de près d'un mètre depuis 1997.
Photo : George Brooks

Les débits du lac Supérieur sont présentement réglés selon le plan de régulation actuellement en vigueur. Celui-ci tient compte des apports en eau pour les lacs Michigan, Huron et Supérieur. Quant au lac Ontario, on a volontairement diminué les débits du lac en deçà de ce qui est prévu par le plan de régulation afin de retenir jusqu'à 10 cm (4 po) d'eau dans le lac. Cette mesure vise à donner plus de flexibilité aux gestionnaires du lac, ce qui leur permettra de faire face à toute éventualité plus tard cette saison. Pour plus d'information au sujet de la stratégie employée pour le fleuve Saint-Laurent et le lac Ontario, veuillez consulter la page web suivante : http://www.islrbc.org/new_design/frame2-new.htm

La régulation des débits des lacs Ontario et Supérieur est le seul outil dont dispose la Commission mixte internationale pour faire varier les niveaux des Grands Lacs. Cette moyen est cependant marginal si on le compare aux effets que peuvent avoir certains éléments naturels tels les précipitations, l'évaporation et les courants.

Compte tenu des prévisions, il n'est pas trop tôt pour que les gens qui pourraient subir les contrecoups des basses eaux des Grands Lacs s'y préparent. Selon la Commission, les groupes concernés devraient se pencher sur les questions suivantes :

  • Tout d'abord, on devrait s'informer des conditions qui prévalent dans le bassin avant d'entreprendre n'importe quelle activité que pourraient affecter les basses eaux. Les plaisanciers devraient ajuster leurs cartes en fonction des lectures les plus récentes des indicateurs de niveaux disponibles sur l'Internet.
  • Les propriétaires de marinas qui voudraient entreprendre des travaux de dragage devraient entreprendre les démarches en vue de l'obtention des permis nécessaires le plus tôt possible plutôt que d'attendre plus tard cet été.
  • Les municipalités devraient recenser leurs prises d'eau et vérifier si la chute des niveaux ne les mettrait pas à découvert. Elles devraient également se préparer à faire face à des problèmes de contamination de l'eau en raison de la faible diffusion des eaux d'égouts lors des périodes des basses eaux.
  • Les gens qui dépendent d'un puits devraient considérer la possibilité d'avoir à recourir à des sources alternatives d'eau potable en raison de l'assèchement des nappes phréatiques.

    Les gouvernements locaux devraient faire preuve de prudence avant d'approuver de nouveaux plans de développement des berges étant donné que les basses eaux ne sont que temporaires.

En fait, il s'agit peut-être d'une période toute désignée pour que les usagers du réseau des Grands Lacs se préparent en vue de la remontée des niveaux des eaux en inspectant les brise-lames, les digues et autres ouvrages qui, règle générale, sont en tout ou en partie sous l'eau.


La Commission demande l'implantation de meilleurs modes d'établissement de rapports afin d'évaluer les progrès accomplis en vue de l'atteinte des objectifs de l'Accord relatif à la qualité de l'eau des Grands Lacs

Dans une lettre adressée aux gouvernements fédéraux du Canada et des États-Unis, la Commission mixte internationale a recommandé l'adoption d'indicateurs afin de mesurer les progrès accomplis en vue de l'atteinte de trois résultats visés développés en vertu de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs . Ces résultats visés sont : 1) de l'eau dans laquelle on peut se baigner; 2) de l'eau propre à la consommation, et 3) des poissons propres à la consommation. Ces résultats visés et les indicateurs qui en relèvent ont été développés par le Groupe de travail sur l'implantation des indicateurs de la Commission et dont le rapport final a été publié en avril dernier.

La Commission a également demandé aux gouvernements de poursuivre leur travail sur six autres résultats visés dont fait état le rapport du Groupe de travail sur les indicateurs et de corriger certaines lacunes quant à la disponibilité des données permettant l'évaluation de toute la gamme des résultats visés.

La Commission considère que l'utilisation des indicateurs est l'un des facteurs qui lui permettra de jouer le rôle qui lui est dévolu par l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs . Il est par conséquent essentiel que les gouvernements fassent le nécessaire pour que l'information pertinente soit mise à la disposition de la Commission.

En 1996, la Commission a adopté un barème d'évaluation des progrès accomplis en vertu de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs basé sur les travaux de son Groupe de travail sur les indicateurs. Ce cadre de travail comprenait neuf résultats visés ainsi que des indicateurs spécifiques pour chacun d'entre eux. La Commission l'a présenté aux gouvernements en janvier 1997 par le biais d'un rapport intitulé Indicators to Evaluate Progress under the Great Lakes Water Quality Agreement .

En 1997, la Commission a mis sur pied le Groupe de travail sur l'implantation des indicateurs et lui a donné le mandat d'évaluer les neuf résultats désirés et de déterminer s'il était possible de s'en servir pour l'établissement de rapports afin d'évaluer les progrès accomplis en vue de l'atteinte des objectifs de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs . Comme la qualité des données disponibles est intimement reliée à l'efficacité de l'analyse basée sur des indicateurs, le Groupe de travail a surtout concentré ses efforts sur cette question. Bien qu'il y ait fort à faire pour améliorer les méthodes de collecte des données et la qualité des données disponibles, le Groupe de travail a conclu qu'il existait suffisamment d'information pour permettre l'utilisation de trois des neuf résultats visés mentionnés plus haut.

Le rap