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COMITÉ PERMANENT DE LA CHAMBRE DES COMMUNES SUR LES PÊCHES ET LES OCÉANS
Allocution du commissaire Gourd
Section canadienne
Commission mixte internationale

Mardi le 12 février 2003
Ottawa, Ontario

La Commission reconnaît depuis longtemps les dangers que posent les espèces exotiques envahissantes pour l'écosystème des Grands Lacs et du Saint Laurent. En septembre 1990, en collaboration avec la Commission des pêches des Grands Lacs, elle a publié un rapport spécial dans lequel elle recommandait, à titre de mesure minimale, que tous les navires océaniques changent leurs eaux de lest en pleine mer avant d'entrer dans les Grands Lacs. Nous avions également recommandé que les États Unis et le Canada, par l'entremise de la Garde côtière et d'autres organismes compétents, harmonisent le plus possible leurs programmes d'échange et de traitement des eaux de lest afin d'améliorer l'uniformisation, la surveillance et la mise en oeuvre. Mais cela n'a pas encore été fait.

La réglementation américaine actuelle, les lignes directrices canadiennes et les pratiques de l'industrie ne réussissent pas à stopper l'introduction et la dispersion d'espèces exotiques envahissantes. Les progrès sont trop lents et les risques encore élevés pour les lacs. Plus particulièrement, la réglementation américaine actuelle, qui ne s'applique pas aux navires ayant procédé au délestage, ne fait rien pour atténuer la menace. Ces navires représentent de 70 à 75 pour cent de tous les navires qui entrent dans les Grands Lacs. Dans le cadre d'études menées aux États-Unis, des chercheurs ont trouvé entre 6 000 et 600 000 oeufs d'invertébrés par tonne métrique de sédiments résiduels à bord des navires ayant rejeté leurs eaux de lest. Ces chercheurs ont pu faire grossir les oeufs à l'état dormant dans les ballasts des navires in situ . Transports Canada se doit d'enchâsser ses lignes directrices sur la gestion des eaux de l'est dans un règlement exécutoire afin de couvrir tous les navires, y compris les navires qui ont rejeté leurs eaux de lest, et conjurer ces menaces et autres dangers potentiels associés aux espèces aquatiques envahissantes.

Le sous-financement du ministère des Pêches et des Océans, qui est responsable d'effectuer les recherches nécessaires et d'élaborer des normes biologiques pour guider le développement technologique, la mise au point de produits et la conception des navires, constitue un obstacle majeur à la réalisation de progrès concrets en temps opportun. Le ministère doit accepter de s'acquitter de ses responsabilités, tant en ce qui a trait aux eaux douces qu'aux eaux salées. Nous encourageons le ministère des Pêches et des Océans à exécuter son mandat de façon plus harmonieuse, notamment en augmentant le niveau des ressources disponibles ou en demandant des ressources supplémentaires pour pouvoir assumer ses responsabilités concernant les eaux intérieures et en particulier le bassin des Grands Lacs et du Saint Laurent.

Outre ce problème de financement aigu, nous constatons que les problèmes sont réglés à la pièce et que les priorités ne sont pas établies. Le ministère des Pêches et des Océans et les autres ministères fédéraux compétents doivent établir des priorités bien définies pour les années à venir et voir à leur mise en oeuvre concertée.

Le problème de l'invasion des espèces aquatiques exotiques diffère de celui du changement climatique car, pour le régler, il n'est pas nécessaire de changer ses habitudes de vie.

Contrairement au problème des substances chimiques toxiques, il ne nécessite aucun changement majeur à la prestation d'information par l'industrie. Par comparaison, l'exigence d'équiper les navires d'une double coque contenue dans la loi américaine sur la lutte contre la pollution par les hydrocarbures de 1990 ( US Oil Pollution Control Act ) s'est traduite par une augmentation de 10 à 20 pour cent du coût des nouveaux pétroliers. Les mesures de lutte contre les espèces exotiques envahissantes représentent à peine 1 pour cent du coût de construction des nouveaux navires.

En ce qui a trait aux autres vecteurs préoccupants, comme l'aquaculture et l'importation de poissons vivants, de poissons appâts et de poissons d'aquarium, les coûts seraient probablement minimes. Il ne faudra certainement pas mettre au point de nouvelles technologies ou imposer des limites à l'expansion de ce secteur. En fait, une meilleure coordination des politiques entre les pouvoirs publics qui réglementent déjà ces activités et l'utilisation de points logiques dans le flux des échanges commerciaux pour garantir un meilleur contrôle de la qualité sont des mesures dont pourraient même bénéficier les entreprises de ce secteur. Ce sont là de bonnes nouvelles. Malheureusement, rien n'a encore été fait à cet égard.

J'aimerais maintenant inviter M. Dennis Schornack, coprésident américain, à prendre la parole.

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