Sources et formes du mercure
Le mercure atteint les eaux des Grands Lacs de manière directe, par les rejets dans l’eau,
et de manière indirecte, par la perturbation des dépôts de mercure et par le dépôt atmosphérique.
Le présent rapport porte particulièrement sur les apports des sources atmosphériques vers les Grands Lacs.
Le mercure peut être rejeté dans l’air par les activités humaines comme le traitement métallurgique,
l’incinération municipale et médicale des déchets et la production électrique alimentée par la combustion du
charbon. Cette substance est aussi rejetée dans l’atmosphère par différents phénomènes naturels,
notamment les éruptions volcaniques, les feux de forêts et la météorisation des formations géologiques
4.
Le mercure existe principalement sous trois formes, ou espèces chimiques : le mercure élémentaire,
le mercure gazeux réactif et le mercure particulaire. Les différentes formes de mercure ont une solubilité,
une réactivité et une toxicité différentes, elles réagissent différemment dans l’atmosphère et dans
l’environnement et elles ont des répercussions différentes sur l’écosystème et sur la santé des humains
5.
Le mercure élémentaire peut rester dans l’atmosphère sous forme de vapeur pendant
plus d’un an et peut voyager à la grandeur de la planète avec les vents dominants. C’est sous cette
forme qu’arrive la plus grande partie du mercure qui atteint les Grands Lacs en provenance de sources éloignées
6.
Le mercure élémentaire est peu soluble dans l’eau, il est donc en bonne partie inaccessible aux poissons et aux autres
êtres vivants. Il peut être transformé en d’autres formes de mercure, notamment sa forme réactive, mais cette réaction est très lente.
Le mercure gazeux réactif (ou la forme ionique du mercure) est beaucoup plus soluble dans l’eau et beaucoup plus
réactive que le mercure élémentaire. Il reste dans l’atmosphère de un à dix jours et tend donc à se déposer localement et
régionalement, à une distance de quelques kilomètres à quelques centaines de kilomètres de sa source. Son faible rayon de
déplacement, sa solubilité et sa grande réactivité contribuent à sa présence dans le biote régional
7.
Le mercure particulaire est une forme de mercure liée aux particules aéroportées.
Cette forme de mercure peut rester dans l’atmosphère de un à dix jours, ce qui est comparable
à sa forme gazeuse réactive, et se dépose donc régionalement et localement. Il est toutefois
moins accessible aux organismes vivants que la forme réactive gazeuse
8.
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