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Réduction des émissions de mercure
L’Environmental Protection Agency signale des estimations approximatives qui montrent que
20 % des émissions de mercure proviennent de sources naturelles, 40 % proviennent du recyclage
à l’échelle mondiale des émissions produites par les activités anthropiques passées et 40 % proviennent
des activités anthropiques 25 actuelles.
26 Comme le montre le Tableau 4, l’Amérique du
Nord a produit environ 11 % des émissions totales de mercure provenant des activités anthropiques en 1995.
Tableau 4 (Pacyna and Pacyna)27
( cliquer sur le tableau pour le faire agrandir )
En raison de l’industrialisation tardive des pays en développement, les émissions de mercure sont en hausse dans ces pays.
Selon les conclusions préliminaires de l’Environmental Protection Agency et d’Environnement Canada, les hausses des émissions
anthropiques de mercure mondiales atteignant l’Amérique du Nord, et provenant en grande partie de l’Asie, annulent les réductions
des émissions anthropiques de mercure réalisées au Canada et aux États-Unis. Les conclusions sur le transport et le dépôt du mercure
dans chacun des Grands Lacs par voie atmosphérique, présentées à la Commission dans le rapport sur les priorités 2001-2003 du
Conseil international consultatif de la qualité de l’air, approfondissent ces questions.
28 Dans le cas du lac Supérieur, le plus éloigné des sources
industrielles régionales, la majorité des sources localisées de dépôt de mercure sont situées à plus de 700 kilomètres.
Si une grande partie des émissions totales sont sous forme non réactive, le volume et la proportion croissante de ces
quantités totales de mercure méritent à eux seuls une attention particulière.
Les émissions de mercure provenant de l’activité humaine, tant aux États-Unis qu’au Canada, ont décru de manière
importante entre 1990 et 1999. Aux États-Unis, les importantes réductions proviennent principalement du contrôle des
émissions des incinérateurs municipaux et médicaux ainsi que de l’amélioration du tri et du retrait des produits commerciaux
comme les piles et la peinture du flux des déchets. Au Canada, les réductions importantes ont surtout été réalisées grâce au
contrôle et à la modification des procédés dans l’industrie de la fonte des métaux, à la fermeture presque complète de l’industrie
du chloralcali et à un contrôle et à des restrictions supplémentaires dans le domaine de l’incinération des déchets. En 1999, les
émissions de mercure totalisaient environ 124,3 tonnes métriques (137 tonnes américaines) aux États-Unis et 11 tonnes métriques
au Canada. Les centrales alimentées au charbon sont respectivement responsables d’environ 35 % et 27 % des émissions de mercure
encore produites aux États-Unis et au Canada (voir Figure 4 et Figure 5).
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Figure 4 ( cliquer sur la figure pour la faire agrandir )
Figure 5 ( cliquer sur la figure pour la faire agrandir )
Les gouvernements des deux pays étudient des façons de réduire les émissions de mercure provenant des centrales
électriques alimentées au charbon. Il est techniquement très complexe de retirer le mercure du charbon.
Le 17 décembre 2003, l’Environmental Protection Agency a proposé des réductions importantes des émissions
de dioxyde de soufre (SO2) et des oxydes d’azote (NOx) provenant des centrales électriques. Si cette proposition
cible ces principaux composants des pluies acides, on s’attend à ce que les mesures entreprises pour atteindre ces
normes entraîneront des conséquences indirectes avantageuses sur la réduction des émissions de mercure et de
particules fines. Cet organisme a aussi proposé des mesures de rechange pour réduire les émissions de mercure
provenant des centrales. Ces mesures comprennent la création d’un programme de plafonnement et d’échange axé
sur les conditions du marché et visant à réduire les émissions de mercure dans le cadre d’une formule en deux phases
ainsi que l’imposition aux centrales de mesures de contrôle connues sous l’appellation « technologie de contrôle du
maximum atteignable » (TCMA) (Maximum Achievable Control Technologies, MACT).
Au Canada, le Conseil canadien des ministres de l’environnement s’est engagé à élaborer un standard pancanadien
visant à réduire d’ici 2010 les émissions de mercure provenant des centrales électriques alimentées au charbon
(avec une application spécifique aux provinces des standards ou des objectifs nationaux), à envisager le captage,
à l’échelle nationale, du mercure provenant de la combustion du charbon selon une fourchette de 60 % à 90 %
(y compris les efforts visant à réduire les émissions de mercure par la prévention et le contrôle de la pollution) ainsi
qu’à uniformiser le standard canadien aux normes américaines en matière de mercure. Ce standard s’appliquera aux
nouvelles centrales et aux centrales existantes.30
De plus, les normes canadiennes relatives aux lampes fluorescentes contenant du mercure et aux déchets d’amalgames
dentaires permettront de respecter les engagements pris par les gouvernements fédéral et ontarien dans le cadre d’une
entente visant à réduire de 90 % les émissions de mercure d’ici 2010. On demande aux administrations d’élaborer un plan
de mise en œuvre décrivant les mesures qui seront prises en vue d’appliquer le standard pancanadien et d’atteindre la
conformité à l’échéance prévue. Seul le Québec, qui n’a signé ni l’Accord pancanadien sur l’harmonisation environnementale,
ni le standard pancanadien, n’est pas tenu de produire un plan de mise en œuvre,31
mais ses principales sources de mercure sont quand même répertoriées dans l’Inventaire national des rejets polluants.
En ce qui concerne le bassin inférieur des Grands Lacs, les données fournies dans le rapport sur les priorités 2001-2003
du Conseil international consultatif de la qualité de l’air de la CMI montrent qu’il existe d’importantes sources d’émissions de
mercure régionales et locales. Le rapport du Conseil signale que 40 % des émissions de mercure provenant des centrales au
charbon de la région sont sous la forme réactive la plus biodisponible. Les eaux des Grands Lacs continuent de recevoir du
mercure provenant de sédiments contaminés antérieurement. De plus, les eaux souterraines contaminées et les rejets d’eaux
usées contribuent à la charge locale de mercure, particulièrement dans les secteurs préoccupants. Comme les gouvernements
des États-Unis et du Canada peuvent contrôler plus efficacement les sources d’émissions au sein de leur propre territoire que
l’ensemble des émissions, et comme le mercure gazeux réactif est la forme la plus biodisponible, les gouvernements devraient
prendre les mesures nécessaires pour réduire considérablement le dépôt de mercure gazeux réactif dans la région des Grands Lacs.
Les effets combinés de la contamination au mercure au Canada sont difficiles à quantifier,
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et il est actuellement impossible de chiffrer la part exacte de ces effets pouvant être attribuée
au mercure présent naturellement et aux émissions de sources anthropiques passées et présentes.
33 The U.S.
L’Environmental Protection Agency a signalé un lien possible entre le mercure provenant des sources
de combustion industrielles et le méthylmercure présent dans le poisson. L’organisme précise toutefois
qu’il est impossible de déterminer quelle proportion du méthylmercure présent dans le poisson consommé
par la population américaine provient des émissions des États-Unis par rapport aux autres sources de
mercure (comme les sources naturelles et les émissions recyclées de l’ensemble des accumulations).
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Dans le cadre d’une étude récente effectuée dans les Everglades de Floride, on a estimé la vitesse à laquelle
on constate une variation des teneurs en mercure dans les tissus des poissons à la suite de la réduction des
émissions régionales. Les réductions des émissions totales de mercure d’environ 90 % depuis la fin des années
80 ont été accompagnées d’une réduction des teneurs moyennes dans les tissus des poissons d’environ 80 %.
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Des données supplémentaires, obtenues idéalement grâce à des études axées sur les Grands Lacs, devraient
contribuer à examiner les liens possibles entre les émissions et le dépôt de mercure et l’apport biologique et les effets.
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