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Mercure et santé humaine
Une fois déposé ou rejeté dans les plans d’eau, le mercure peut être transformé par des
bactéries en composés organo-mercuriels, comme le méthylmercure, qui peuvent s’accumuler
dans la chaîne alimentaire. Les humains sont principalement exposés au méthylmercure par la
consommation de poisson.
Les composés de méthylmercure peuvent traverser les membranes biologiques,
ils sont solubles dans les lipides et les tissus adipeux et ils peuvent se fixer à différents
récepteurs cellulaires et à différents enzymes. Il n’a pas été prouvé que le méthylmercure
est cancérogène, et on n’a pu établir de manière concluante qu’il s’agit d’un agent tératogène
(produit chimique pouvant entraîner des anomalies congénitales). Comme le facteur du cancer
ne vient pas compliquer le problème, les scientifiques ont pu mener des analyses relativement
simples sur les risques liés à l’exposition des êtres humains aux composés du mercure. Lorsque
l’accumulation de ces composés atteint un niveau suffisant, un effet toxique apparaît. Les effets
toxiques graves comprennent la neurotoxicité (lésions des tissus nerveux et cérébraux) et la
néphrotoxicité (lésions rénales). Ces effets toxiques peuvent toucher divers organismes, des
oiseaux aux mammifères, y compris l’humain.
À de très hauts niveaux de contamination au méthylmercure, comme ceux observés dans la baie de Minimata au Japon dans les années 50,
des effets graves sur la santé apparaissent 9.
Des scientifiques ont récemment étudié les effets de faibles doses toxiques à long terme de méthylmercure,
en particulier pour les populations les plus à risque comme les enfants, les fœtus et les femmes en âge de procréer.
Les fœtus en développement pourraient être particulièrement à risque en raison de la capacité du méthylmercure
de passer au travers du placenta.
Plusieurs études de cohortes ont été menées sur des enfants exposés au méthylmercure
avant et après leur naissance dans les Seychelles et les îles Féroé. On n’a observé aucune
déficience du développement neurologique chez les enfants des Seychelles, mais des effets
neuropsychologiques ont été observés chez les enfants des îles Féroé. Les différences
significatives entre les deux populations, notamment l’alimentation (le poisson marin dans
les Seychelles, et la chair de globicéphale montrant des taux plus élevés de méthylmercure
dans les îles Féroé) 10,
pourraient expliquer la différence entre les résultats. Les études soulèvent aussi des questions
quant à un facteur qui complique le problème : l’interaction du sélénium avec le mercure et ses effets sur la santé
11.
Le sélénium, que l’on retrouve dans certains poissons marins, agit comme substitut au soufre,
qui forme des liaisons plus faibles avec le mercure, et permet au corps de se débarrasser plus
facilement du mercure et d’en faciliter l’excrétion en plus grande quantité, réduisant ainsi la période d’exposition et la dose
12.
Aucune étude comparable à ces efforts internationaux n’a été entreprise pour la région des Grands Lacs.
Cependant, des travaux récents effectués dans la région d’Oswego dans l’État de New York et visant à
étudier les effets des BPC sur le développement des enfants dont la mère a consommé de grandes quantités
de poisson pendant la grossesse ont aussi soulevé des questions quant aux effets du mercure
13.
Les résultats d’études examinés par la National Academy of Sciences des États-Unis
associent l’exposition prénatale à long terme à de faibles doses toxiques de méthylmercure
aux faibles résultats d’enfants à des tests de comportement neurologique mesurant l’attention,
l’aptitude linguistique, la motricité fine et l’intelligence
14.
Il faudra mener des études supplémentaires afin de mieux comprendre les liens entre l’exposition au
méthylmercure et les maladies coronariennes. La majorité des études épidémiologiques effectuées
étaient rétrospectives, c’est-à-dire que leurs conclusions étaient tirées à partir de faits passés.
Il faut procéder à des études prospectives fondées sur des hypothèses et sur l’observation des
liens réels et actuels.
Plusieurs organismes ont défini une « dose de référence » pour le méthylmercure.
Il s’agit d’une estimation de l’exposition quotidienne à laquelle peut être soumise une
population humaine pendant toute sa vie sans qu’elle n’entraîne de risques graves
d’effets nocifs sur la santé. Différentes agences et organismes ont établi des doses
de référence différentes, dont certaines sont présentées au tableau 3. Certains États
des Grands Lacs ont aussi défini des seuils différents pour le grand public et pour les groupes à risque
15.
Tableau 3. « Dose de référence » pour le méthylmercure des différentes agences et organismes
| Organisme | Dose de référence (microgrammes/ kilogramme/jour) | Coefficient d’incertitude16 |
| Environmental Protection Agency des États-Unis | 0.1 | 10 |
| Santé Canada | 0.2 | 5 |
| Agency for Toxic Substances and Disease Registry des États-Unis | 0.3 | 4.5 |
| Organisation mondiale de la santé | 0.47 | 10 |
| Food and Drug Administration des États-Unis | 0.5 | 10 |
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