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Mercure et consommation de poisson
La consommation de poisson offre divers avantages nutritionnels, notamment l’apport en protéines et en acides gras
polyinsaturés oméga-3. Il faut toutefois éviter de consommer trop de poisson contenant des teneurs trop élevées de
méthylmercure ou d’autres substances toxiques rémanentes. La source d’exposition primaire de l’humain au méthylmercure
est la consommation de poisson.
En mars 2004 aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency et la Food and Drug Administration ont émis conjointement
un avis aux consommateurs au sujet de la présence de méthylmercure dans le poisson et les mollusques et de la réduction de
l’exposition au mercure pour les femmes qui pourraient devenir enceintes, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les
jeunes enfants. Cet avis uniformisait et remplaçait les avis produits en 2001 par ces organismes. On y recommandait d’éviter les
poissons présentant des teneurs relativement élevées en mercure (le requin, l’espadon, le thazard, le tile), de consommer jusqu’à
12 onces (340 grammes) par semaine de divers poissons et mollusques dont les teneurs en mercure sont plus faibles (notamment
la crevette, le thon pâle en conserve, le saumon, la goberge, le poisson-chat) et de consulter les avis locaux sur l’innocuité du
poisson pêché par la famille et les amis dans les lacs, les rivières et les secteurs côtiers locaux [et de consommer un maximum de
6 onces (170 grammes) par semaine de poisson pêché dans les eaux locales, si aucun autre poisson n’a été consommé, dans les
cas où aucun avis n’est diffusé]. 17
Le dernier aspect, et peut-être le plus complexe, de l’avis conjoint de l’EPA et de la FDA a une incidence particulière dans
la région des Grands Lacs. Les avis locaux continuent de limiter ou d’interdire la consommation de certains poissons pêchés dans
les Grands Lacs en raison de la contamination au méthylmercure. En fait, en raison de la contamination locale des sédiments, on
s’attend à ce que les avis sur la consommation de poisson contaminé au méthylmercure soient maintenus pendant encore des
décennies dans certains secteurs préoccupants des Grands Lacs. À titre d’exemple, le Guide de consommation du poisson gibier
de l’Ontario fournit des directives détaillées sur le choix des poissons à consommer parmi les poissons pêchés dans les rivières et
les lacs de l’Ontario, y compris les Grands Lacs.2 On y recommande notamment de ne pas consommer les organes, le gras ou la
peau des poissons, de consommer des poissons plus petits des Grands Lacs comme l’achigan, le brochet, le doré jaune, la
perchaude et le crapet plutôt que les espèces plus grasses comme le saumon et la truite, et de laisser égoutter le gras
pendant la cuisson du poisson. 18
La Commission a précédemment recommandé, dans son rapport biennal de 2000, que les gouvernements améliorent
les avis sur la consommation de poisson pour la région des Grands Lacs, et le Groupe de travail des professionnels de la
santé de la Commission a récemment produit un rapport détaillé sur la question19.
Les membres du Groupe de travail favorisent une démarche plus efficace d’élaboration des avis sur la consommation de
poisson afin de mieux protéger les personnes à risque, sans décourager la consommation de poisson chez une grande partie
de la population. Pour élaborer cette démarche, il est urgent de procéder à une surveillance environnementale et à des
évaluations de l’exposition afin de définir les tendances en matière de polluants organiques persistants. Il faut mettre en
œuvre les efforts nécessaires pour réduire la teneur en contaminants de tous les poissons des Grands Lacs.
Les préoccupations de la Commission restent pertinentes aujourd’hui. Les avis sont souvent techniques, ils fournissent parfois
des conseils contradictoires et ils ne parviennent habituellement pas à rejoindre la population à risque, notamment les enfants et les
femmes en âge de procréer. 20
Par exemple, selon les résultats d’une étude de la firme Kearney and Cole, 21
seulement 85 % des détenteurs de permis de pêche à la ligne de l’Ontario connaissaient l’existence du Guide de consommation du poisson gibier
de l’Ontario, seulement 29 % en détenaient un exemplaire et en respectaient les conseils au moins parfois et 27 % en détenaient un exemplaire,
mais n’en respectaient jamais les conseils. Seulement 50 % des consommateurs de poisson de pêche sportive déclaraient connaître l’existence
d’avis sur la santé. 22
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