Espèces exotiques envahissantes
Mettre en œuvre une norme de protection biologique pour les Grands Lacs
La science a démontré de façon concluante que le seul fait de remplacer les eaux de ballast par de l’eau contenant
une forte concentration de sel n’élimine pas toutes les espèces aquatiques exotiques envahissantes, en particulier les
spécimens de certaines espèces au stade benthique5 ou au stade dormant qui restent dans les eaux et les sédiments
résiduels des citernes de ballast. Depuis que l’échange des eaux de ballast est devenu obligatoire dans les Grands Lacs,
il y a plus d’une décennie (United States Coast Guard 1993), le rythme d’introduction des espèces aquatiques envahissantes
est resté approximativement le même. Le changement a plutôt touché les espèces elles-mêmes : il s’agit maintenant de plus
petites espèces provenant des eaux libres, comme le zooplancton et le phytoplancton.
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En février 2004, après des années de discussion, l’Organisation maritime internationale a adopté une convention sur
les eaux de ballast. S’il s’agit d’un pas en avant prometteur, ce n’est toutefois pas une solution immédiate. Les normes en
matière de traitement des eaux de ballast entreraient en vigueur en 2009 pour les nouveaux navires (si la ratification est
rapide), et en 2014 pour les navires existants, si suffisamment de pays ratifient l’entente. Ainsi, même si cette convention
n’est pas encore en vigueur, la Commission est satisfaite du fait que la convention prévoit l’échange de 95 % des eaux de
ballast, ce qui contribuerait à assurer que tous les navires atteignent le seuil d’efficacité maximal théorique d’échange.
La durabilité économique et écologique des Grands Lacs dépend de la mise en œuvre de normes de protection biologique
plus efficaces que celles assurées par l’échange des eaux de ballast actuellement en usage.
Une norme de protection biologique pour les Grands Lacs devrait :
- éliminer presque entièrement le risque d’introduction d’espèces exotiques envahissantes;
- tuer ou éliminer des organismes de tailles et de classes données;
- réduire le risque d’introduction d’organismes pathogènes;
- garantir une norme protégeant entièrement l’environnement d’eau douce des Grands Lacs, même si cette norme dépasse celle proposée dans la Convention de l’Organisation maritime internationale.
Étant donné qu’un grand nombre d’organismes peuvent être trouvés dans les citernes de ballast, des analyses d’échantillons
peuvent être longues et coûteuses. La Commission convient que l’analyse d’un échantillon pour un ensemble de certains organismes
indicateurs est acceptable. Cet ensemble d’indicateurs devrait comprendre des indicateurs d’agents anthropopathogènes comme le
choléra, à tout le moins, ainsi que des indicateurs habituels de contamination par des matières fécales humaines ou animales comme
Escherichia coli ou Enterococci. La norme de protection biologique pourrait être à l’origine de nouvelles technologies
permettant de la mettre en œuvre ainsi que de nouvelles méthodes rapides pour en mesurer l’efficacité. La Commission conseille aux
gouvernements de s’assurer, quand ils définiront la norme, que les analyses économiques tiennent compte des coûts environnementaux
et sociétaux entraînés par les espèces envahissantes (contrôle, dommages, réduction des effets) ainsi que des coûts et des avantages
des mesures de prévention. Ces analyses doivent faire partie intégrante de toute étude portant sur la navigation proposée au sujet des
Grands Lacs, comme c’est le cas pour l’Étude du réseau Grands Lacs-Voie maritime du Saint-Laurent effectuée par les gouvernements.
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