Organismes pathogènes
Croissance de la population et modernisation des infrastructures hydrauliques
Au fil de la croissance économique et de l’augmentation de la population, nous prévoyons de nouveaux défis plus importants.
Au cours des cinquante dernières années, aux États-Unis, les programmes visant l’entretien et la modernisation des infrastructures
de traitement des eaux usées, de gestion des eaux pluviales d’orage et de traitement et de distribution de l’eau potable ont été
financés de manière inadéquate.45
Certains spécialistes ont décrit cette infrastructure comme étant « cruellement sous-financée » depuis les années 90.
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L’Environmental Protection Agency des États-Unis a récemment estimé que les investissements nationaux dans les services d’eau doivent être
accrus de 151 milliards de dollars au cours des vingt prochaines années afin d’entretenir l’infrastructure hydraulique publique et d’assurer l’approvisionnement
sûr en eau.47
Dans son rapport Report Card for America’s Infrastructure, l’American Society of Civil Engineers signale que certains systèmes
d’alimentation en eau potable et réseaux d’égouts ont plus de cent ans et que nombre d’entre eux ont dépassé leur durée de vie recommandée.
48 Ce rapport mettait en lumière un manque à gagner national
annuel de 11 milliards de dollars dans le cas de l’infrastructure de l’eau potable et de 12 milliards de dollars pour celle des égouts.
Les Canadiens ont appris récemment, dans le Rapport de la Commission d’enquête sur Walkerton du juge O’Connor, que l’amélioration du
système d’approvisionnement en eau de l’Ontario nécessiterait des investissements importants, notamment des coûts ponctuels de 99 à 289
millions de dollars pour mettre en œuvre les recommandations, en plus de coûts permanents annuels de 17 à 49 millions de dollars. Les mesures
déjà entreprises représentent des coûts ponctuels de 100 à 520 millions de dollars et des coûts permanents de 41 à 200 millions de dollars
annuellement pour les gouvernements provinciaux.
Les améliorations devant être apportées aux stations de traitement des eaux usées afin de gérer les quantités supplémentaires prévues d’eaux
usées sanitaires attendues en raison de la croissance de la population, en particulier pendant les orages et les périodes de pointe, pourraient coûter
des milliards de dollars aux localités situées près des Grands Lacs. Par exemple, l’Environmental Protection Agency des États-Unis a récemment proposé
une nouvelle politique de rechange en permettant aux stations de traitement des eaux usées de traiter ou de désinfecter partiellement les crues d’eaux
usées pendant les orages forts. Ce processus, qu’on appelle en anglais « blending », mélange, permettrait aux stations de traitement de mélanger des
eaux usées et des eaux pluviales à des eaux usées ayant été entièrement traitées. Afin de respecter les critères de qualité en ce qui a trait aux bactéries,
les quantités de désinfectants chimiques, normalement des composés chlorés, seront probablement augmentés. Dans le rapport Swimming in Sewage, des
spécialistes opposés à cette politique ont manifesté des inquiétudes au sujet des risques potentiels pour les humains liés non seulement à l’exposition à des
contaminants microbiens, mais aussi à des concentrations élevées de sous-produits de désinfectants chimiques associés à des risques connus de cancer.
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La désinfection ordinaire n’est pas efficace pour réduire la présence des virus et des protozoaires dans les rejets d’eaux usées traitées, et ceux qui
s’opposent à la politique affirment que le mélange permettra le rejet de charges encore plus grandes de ces microorganismes potentiellement pathogènes.
Selon le Rapport de la Commission d’enquête sur Walkerton, mis à part les coûts directement associés à la maladie et aux décès, la tragédie de
Walkerton à elle seule coûte plus de 64,5 millions de dollars. Cet incident démontre à quel point une défaillance du système peut entraîner d’énormes coûts
financiers ainsi que de tragiques coûts humains. Si les États-Unis et le Canada n’investissent pas dans leurs infrastructures hydrauliques vieillissantes, les
risques de nouvelles éclosions de maladies hydriques augmenteront. Les coûts des investissements nécessaires à l’amélioration des installations de traitement
des eaux des deux pays sont élevés, mais les coûts potentiels de ne pas faire ces investissements le sont encore plus.
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