11e Rapport biennal -- Qualité de l'eau des grands lacs


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Autres questions importantes

Introduction

Section 1: Objectifs spécifiques (annexe 1)

Section 2: Participation du public et partage de l’expérience dans les secteurs préoccupants (annexe 2)

Section 3: Phosphore (annexe 3)

Section 4: Dragage (annexe 7)

Section 5: Rejets à partir d’équipements dans l’eau et à terre, y compris l’équipement de forage au large et de forage directionnel (annexe 8)

Section 6: Substances polluantes dangereuses (annexe 10)

Section 7: Substances toxiques persistantes (annexe 12)

Section 8: Substances toxiques aéroportées (annexe 15)

Section 9: Pollution causée par les eaux souterraines contaminées (annexe 16)

Section 10: Recherche-développement (annexe 17)

Section 11: Programme binational du lac Supérieur

Section 12: Énergie nucléaire

Section 13: Substances chimiques non contrôlées

Section 14: Utilisation de l’eau dans le bassin des Grands Lacs et annexe de 2001

 

Section 13 – Substances chimiques non contrôlées

Observation

La Commission se préoccupe du fait que le nombre de substances chimiques contrôlées afin de restaurer l’intégrité chimique de l’écosystème des Grands Lacs ne permet pas d’atteindre cet objectif.

Les produits chimiques non contrôlés sont particulièrement préoccupants, notamment les produits pharmaceutiques, les produits ignifuges et les produits chimiques à grand volume, comme ceux de la nouvelle génération de pesticides biodégradables solubles dans l’eau et les graisses et qui se caractérisent donc souvent par des courbes inhabituelles de bioaccumulation et de dégradation dans l’environnement. Leur mélange et les dommages méconnus qu’ils peuvent causer sont encore plus préoccupants. Or, on ignore pour l’essentiel quelles sont les conséquences pour l’environnement de ces substances chimiques, qu’on trouve habituellement à de faibles concentrations.

Analyse

L’Environmental Protection Agency des États-Unis utilise une liste de 129 polluants d’intérêt prioritaire dans le cadre de son règlement d’application de la U.S. Toxic Substances Control Act. D’autres listes de substances toxiques ont trait aux dépôts de déchets, notamment la liste des substances dangereuses d’intérêt prioritaire de la CERCLA, qui contient 275 polluants à surveiller1. Il existe aussi de nombreuses listes canadiennes de substances toxiques, notamment celles des Recommandations canadiennes pour la qualité des eaux : protection de la vie aquatique2, qui comprennent 180 substances chimiques, et d’autres sources que l’on peut utiliser pour ajouter des substances chimiques à surveiller afin de rétablir l’intégrité chimique des Grands Lacs.

Cependant, le très petit nombre de produits chimiques contrôlés présentement, souvent aussi peu que 30, ne représente qu’une fraction de l’ensemble des produits chimiques, et on surveille de plus près certains d’entre eux (p. ex. la surveillance des métaux lourds et le dépistage des résidus de pesticides) peu fréquemment ou une seule fois intensivement. La façon dont les substances à contrôler sont sélectionnées ou ajoutées à la liste soulève des questions. On s’interroge aussi sur les méthodes utilisées pour contrôler les substances à production de masse et à faibles concentrations dans l’environnement, et sur l’infrastructure connexe (laboratoires, navires et installations d’échantillonnage).

La détection de plusieurs groupes de substances chimiques non contrôlées a suscité des préoccupations particulières chez les citoyens et les scientifiques : les produits pharmaceutiques, les produits ignifuges et les substances chimiques à grand volume. Récemment, une importante étude du United States Geological Survey a examiné la distribution et les concentrations de certaines d’entre elles dans les plans d’eau, en particulier dans les cours d’eau américains3. Aucune des substances étudiées n’est visée dans les objectifs spécifiques de l’annexe 1 de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. De plus, bon nombre d’entre elles n’entrent pas dans la catégorie fourre-tout de l’annexe 1 qui englobe les substances non dégradables, bioaccumulables et persistantes. Elles sont persistantes, en général biodégradables, mais ne sont pas toutes bioaccumulables. Les mécanismes et taux de dégradation dépendent souvent d’un ensemble précis de conditions qui ne sont pas toujours présentes. Des études menées dans des stations d’épuration des eaux d’égout ont révélé qu’il fallait modifier le procédé de traitement pour faire en sorte que ces substances soient éliminées des eaux d’égout traitées4.

Les produits pharmaceutiques comprennent les antibiotiques, les hormones de croissance, les agents contraceptifs, les produits vétérinaires, ainsi que les pesticides pour animaux de compagnie et de ferme5. On sait que certains de ces produits perturbent le système endocrinien6, et que d’autres confèrent à certaines bactéries une résistance potentielle aux antibiotiques7. De plus, certains sont utilisés à grand volume en agriculture et en médecine. Récemment, les résidus de produits pharmaceutiques dans l’eau potable ont reçu une attention particulière8.

De nombreux produits ignifuges sont des composés organiques bromés dont la structure est semblable à celle des BPC et dont la toxicité peut être plus grande que celle de leurs équivalents chlorés. Certains sont apparus dans les eaux et les biotes du réseau des Grands Lacs où leur présence n’avait encore jamais été décelée9.

Il existe aussi une nouvelle génération de pesticides biodégradables qui sont solubles dans l’eau et les tissus adipeux (graisseux). L’atrazine, pesticide largement utilisé, en est un exemple. Ces pesticides à grand volume posent de nouveaux problèmes en ce qui a trait à leur toxicité et leurs effets sur l’environnement.

On ignore pour l’essentiel quelles sont les conséquences de ces substances chimiques, qu’on trouve habituellement à de faibles concentrations. De plus, on les trouve rarement seuls, et leur mélange est encore plus préoccupant. new kinds of challenges in terms of their environmental toxicology and effects.

Most of the environmental consequences of these chemicals, usually found at low concentrations, are unknown. Also, these chemicals are rarely found alone, and the mix of chemicals adds further concern.