11e Rapport biennal -- Qualité de l'eau des grands lacs


Accueil  |  Table des matières  |  1er chapitre  |  2e chapitre  |  3e chapitre  |  Autres questions  |  Signatures  |   Références  |  English

3e chapitre

Introduction

Le vidange des ballasts : un problème complexe

Certaines questions restent sans réponse

Des incitatifs économiques seraient fort utiles

Les réalisations des gouvernements

Conclusion

Recommandations

 

Certaines questions restent sans réponse

Alors que le degré de salinité de l’eau sert à déterminer si l’eau de ballast à été vidangée, il n’existe pas de norme largement acceptée pour déterminer si les sédiments et les organismes que celui-ci abritait en ont été proprement évacués. Comme il est démontré que les ballasts vidangés peuvent accueillir des organismes vivants16, une norme servant à établir le degré d’efficacité de la vidange (par la coloration des sédiments, par exemple) pourrait servir à empêcher l’évacuation de sédiments résiduels dans les eaux locales. Il n’existe pas non plus de normes sur l’efficacité du traitement des eaux de ballast. Une telle norme donnerait, pour un large éventail d’organismes, des objectifs à atteindre sur le pourcentage d’organismes à éliminer, le nombre maximum d’organismes résiduels et leur stade maximum de développement. Ces normes sont essentielles à l’évaluation des différentes techniques de traitement (comme les biocides) et à celle des nouvelles techniques de vidange des ballasts, entre autres, l’installation d’éjecteurs. Elles serviraient de pierre angulaire au dévelop- pement d’un programme efficace de gestion des eaux de ballast. Afin de soutenir le développement d’un tel programme, l’Aquatic Nuisance Species Task Force des États-Unis a récemment approuvé les projets de recherche prioritaires de son comité sur l’eau de ballast et la navigation. Au nombre de ces projets se trouve une demande de subvention pour la recherche sur la mesure de l’efficacité des techniques de vidange des ballasts et le développement de technologies alternatives.

La recherche sur les technologies (entre autres, la filtration, les rayonnements UV, les traitements à l’ozone, les biocides, la désoxygénation et le chauffage) qui pourraient séparer ou éliminer les espèces exotiques des sédiments n’avan- cent pas faute de normes et de dispositions réglementaires appropriées17. Paradoxalement, la nouvelle réglementation américaine exigeant l’échange d’eau de ballast en haute mer pourrait contribuer à ralentir les recherches. En effet, pour tester les nouvelles technologies, il faut avoir accès à des ballasts non vidangés et les demandes d’autorisation pour passer outre à la réglementation américaine prennent souvent beaucoup de temps.

De plus, comme les investissements destinés au développement et à la mise en place d’une technologie particulière ne sont pas à l’abri des changements réglementaires et législatifs qui pourraient la rendre caduque, les mises de fonds dans ce domaine sont insuffisantes. Finalement, la lenteur qui caractérise la législation fédérale, combinée à la nécessité d’harmoniser les normes dans les deux pays, a également contribué à ralentir le développement et la mise en place de technologies qui pourraient immédiatement prévenir l’introduction d’espèces exotiques envahissantes dans le bassin des Grands Lacs et du Saint- Laurent.