11e Rapport biennal -- Qualité de l'eau des grands lacs


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2e chapitre

Introduction

Réaction politique

Ampleur du défi de la restauration

La nécessité d’une stratégie de restauration

Conclusion

Recommandations

 

Réaction politique

L’Accord sur la qualité de l’eau dans les Grands Lacs a deux objectifs bien précis : « restaurer et maintenir l’intégrité chimique, physique et biologique des eaux de l’écosystème du bassin des Grands Lacs ». Une certaine restauration a été effectuée par le maintien de normes communes sur la qualité de l’eau. Par exemple, vers la fin des années 1960, on disait du lac Érié qu’il était à l’article de la mort. Asphyxié par les algues, parsemé de grandes zones désoxygénées et en expansion, le lac traversait rapidement une phase d’eutrophisation causée par une surcharge de nutriments. Au début des années 1980, la réglementation destinée à contrôler le phosphore sous forme de nutriment, tant au Canada qu’aux États-Unis, a réussi à corriger les pires effets de l’eutrophisation du lac. La vigilance demeure d’une importance primordiale puisque les concentrations en phosphore présentes dans le lac Érié sont de nouveau à la hausse. (Voir la section 3)

Pour ce qui est des substances toxiques rémanentes, le bannissement de certains produits et le contrôle des sources ont amené des baisses spectaculai- res des niveaux de substances, telles que les BPC et le DDT, présentes dans la faune par rapport aux sommets atteints au début des années 1970. Cependant, les problèmes persistent dans la mesure où les contaminants continuent à remonter dans les chaînes alimentaires. Bien que ceux-ci arrivent dans les lacs depuis les sites d’enfouissement de déchets dangereux ou par voie atmosphéri- que, ce sont les sédiments pollués qui constituent la source principale de contaminants pour les chaînes alimentaires des Grands Lacs.7 Ces sédiments contaminés sont les héritiers d’une pollution continue, qui libère régulièrement les résidus de polluants déversés dans l’écosystème il y a quelques années ou quelques décennies. Le nettoyage des sédiments contaminés représente toujours un défi majeur.

On sait par expérience que l’on peut améliorer la situation en traitant des sédiments contaminés. Parmi les exemples notables de réussite de traitements, on peut citer certains secteurs de la rivière Niagara, le fleuve Saint-Laurent, près de Massena, dans l’État de New York, et Waukegan Harbor, en Illinois. D’autres améliorations ont été réalisées aux États-Unis dans le cadre du programme Superfund. Au Canada, on peut donner Thunder Bay comme exemple. Ces résultats positifs démontrent que les connaissances et l’expé- rience sont disponibles dans la région et qu’il est possible de régler le pro- blème de façon satisfaisante.

Cependant, à défaut d’envisager le problème dans toute son étendue et d’allouer les ressources adéquates à sa résolution, les progrès ne feront que s’émousser. La Commission constate, une fois encore, qu’après plus de 15 années de planification et d’activités supplémentaires la restauration des Grands Lacs, par le biais de mesures correctrices, est encore problématique et difficile.8 Des délais de 10 à 20 ans, depuis l’identification du problème jusqu’au traitement des sédiments contaminés, ne sont pas inhabituels. Il est clair qu’il faut faire mieux et agir plus vite.

 

L’Accord relatif à la qualité de l’eau des Grands Lacs identifie des zones géographiques sévèrement polluées à l’intérieur de leur bassin. À ce jour, 43 secteurs préoccupants ont été identifiés. L’Accord prévoyait qu’un plan d’actions correctrices spécifique serait développé pour chacun de ces secteurs et que ceux-ci s’appuieraient sur une participation intensive de la population locale. Après plus de 10 ans d’investissements dans ce programme, nous sommes en mesure de mieux comprendre les nombreu- ses difficultés rencontrées au moment de développer et d’adopter une approche stratégique pour la restauration des Grands Lacs. La liste qui suit identifie quelques-unes de ces difficultés.

  • Absence de priorités basées sur la prévention des atteintes à la santé.
  • Planification inadéquate pour de nombreux sites.
  • Abandon des priorités reliées à la restauration des usages bénéficiaires, surtout dans les secteurs sans coordinateur spécifique chargé de l’implantation du plan d’actions correctri- ces et où les agences s’attendent à ce que ce soient les groupes communautaires qui dirigent les programmes.
  • Absence d’objectifs à atteindre pour la restauration des usages bénéficiaires et la radiation des sites de la liste des secteurs préoccupants.
  • Suivi limité de l’efficacité des mesures d’implantation sur la restauration des usages bénéficiaires.
  • Financement inadéquat pour les secteurs qui ont terminé leurs plans.
  • Absence d’identification des partenaires et d’invitation à partici- per aux travaux.
  • Contrôle limité pré- ou post-traitement pour documenter les retombées bénéfiques d’ordre environnemental, sanitaire ou économique.
  • Manque de leadership dans la mise en oeuvre des plans d’ac- tions correctrices.
  • Absence de coordinateurs spécifiques pour les plans d’actions correctrices.
  • Démarches de planification prolongées qui diminuent la partici- pation du public aux processus décisionnels.
  • Retards causés par des dissensions au sujet du degré d’assainis- sement à atteindre.

Bien des problèmes évoqués dans ce chapitre ont été soulevés dans des rapports récents du Commissaire canadien à l’environnement et au développement durable ainsi que par le U.S. General Accounting Office. Ces rapports contiennent des recommandations utiles pour une mise en place plus rapide des programmes recommandés par l’Accord relatif à la qualité de l’eau des Grands Lacs.9