11e Rapport biennal -- Qualité de l'eau des grands lacs


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1er chapitre

Introduction

Résultats visés

Objectif visé : De l’eau potable

Objectif visé : Des poissons comestibles

Objectif visé : Une eau propice à la baignade

Le processus de la CEEL

Conclusion

Recommandations

 

Objectif visé : Des poissons comestibles

Évaluation de la CEEL

L’évaluation globale subjective de la CEEL de l’indicateur de contamination chimique des tissus comestibles est « mixte, en progression ». Cette évaluation est ainsi décrite dans le rapport de la CEEL : « Cette composante de l’écosys- tème démontre autant de bons attributs que d’autres qui se sont détériorés mais, dans l’ensemble, les conditions s’approchent d’un état acceptable. »8

Fondement pour l’évaluation de la CEEL

La CEEL a fait part des résultats d’une étude qui a appliqué des normes de santé uniformes à des données historiques de biphényles polychlorés (BPC) dans le saumon coho des Grands Lacs.9 Les résultats indiquent un léger déclin de concentration de BPC avec le temps. En raison de leur persistance et des risques qu’ils représentent, les BPC sont fréquemment la cause d’avis sur la consommation de poisson dans le bassin des Grands Lacs, car le saumon coho est un poisson populaire auprès des pêcheurs sportifs.

L’indicateur pour l’objectif visé « poissons comestibles » est basé sur la concentration de substances toxiques rémanentes qui sont bioaccumulées dans la chaîne alimentaire et qui peuvent affecter la santé des humains qui consomme- raient du poisson contaminé. Pour les besoins de la CEEL, ces données sont obtenues en utilisant les données de contamination des poissons en combinai- son avec un protocole normalisé d’avis sur la consommation. Le Groupe de travail sur l’implantation des indicateurs a conclu que les indicateurs rattachés à cet objectif pourraient être mesurés en utilisant les tendances de teneurs en BPC, en DDT et en mercure dans certaines espèces de poissons, notamment le doré, le touladi, le saumon coho, l’éperlan et le gaspareau.10 Le Groupe de travail a également conclu que les tendances pourraient être mesurées par le nombre d’avis sur la consommation émis, modifiés ou levés, afin de refléter un changement dans la concentration des contaminants dans les tissus des poissons, et non à cause d’un changement dans les concentrations au sujet desquelles ces avis ont été émis.

Évaluation de la Commission

Des avis limitant la consommation de poissons provenant de la pêche sportive dans les Grands Lacs continuent d’être émis et l’objectif visé « poissons comestibles» n’a toujours pas été atteint pour les pêcheurs sportifs ou professionnels. Les huit États limitrophes des Grands Lacs ainsi que la province de l’Ontario continuent d’émettre des avis sur la consommation de poissons.

L’analyse des teneurs en BPC dans le saumon coho, qui utilise un protocole normalisé d’avis sur la consommation, constitue un bon effort initial qui fournit autant des données spatiales que temporelles. Toutefois, les parties reconnaissent qu’utiliser un seul contaminant chez une seule espèce de poisson ne constitue pas une évaluation complète de l’objectif visé.

Le rapport du Groupe de travail sur l’implantation des indicateurs démontre que les teneurs en contaminants détectées dans les poissons pourraient être corrobo- rées par les tendances historiques de contaminants dans d’autres espèces piscivores telles que la loutre, la chélydre serpentine, le pygargue à tête blanche, ainsi que dans les oeufs de goélands argentés. Les pygargues à tête blanche ont présenté des teneurs en BPC stables ou déclinants au cours de la dernière décennie; par contre, une telle tendance n’est pas apparente dans l’ensemble des Grands Lacs.11 Une baisse réelle et évidente des teneurs en BPC au cours des 20 dernières années est démontrée par des études sur le biote des Grands Lacs, y compris celles sur les oeufs des goélands argentés, le touladi, le saumon coho et le pygargue à tête blanche.

Les résultats de plusieurs études commanditées par la Commission sur les goélands argentés ainsi qu’une autre sur le saumon coho ont démontré un déclin constant des teneurs en BPC, à un taux toutefois nettement moins rapide que les taux observés immédiatement après la mise en place de mesures de contrôle pour les sources ponctuelles et manufacturières (1978-1980), ainsi qu’un déclin rapide durant la période de 1983 à 1989. La présence d’un effet plateau est possible mais non confirmée. Les tendances observées récemment dans les teneurs en BPC dans le touladi indiquent également un déclin faible ou très lent, qui illustrerait également l’atteinte d’un effet plateau. Il n’y a cependant pas de preuve statistique tangible de ceci. Les plus récentes observations quant aux teneurs en BPC dans le pygargue à tête blanche sont difficiles à établir en raison d’un éparpillement des données. Il n’y a toutefois que certains polluants, en particulier le DDE et l’oxychlordane, qui soient en déclin constant chez le pygargue à tête blanche, et ce, dans toutes les régions des Grands Lacs.12

Les défis reliés à cet indicateur

Les huit États limitrophes des Grands Lacs et la province de l’Ontario ont juridiction sur l’échantillonnage, les protocoles de mesure et d’analyse, et émettent leurs propres avis. Ces juridictions ont recueilli, chacune de leur côté, une quantité considérable d’informations sur les avis de consommation de poissons des Grands Lacs.

Ces informations ne sont toutefois pas facilement comparables ou même compatibles quand il s’agit de les analyser. L’utilisation de changements dans les avis de consommation serait efficace, comme mesure pour cet indicateur, si on leur appliquait un protocole uniformisé dans chacune des juridictions concernées et si les motifs des changements à ces avis étaient alors clairement énoncés. Étant donné le nombre de juridictions impliquées, l’établissement d’avis uniformisés ne sera sûrement pas chose facile.

Comme on pourra le lire plus loin dans ce Onzième rapport biennal, des études démontrent qu’il y a eu préjudice à la santé humaine. C’est particulièrement le cas en ce qui a trait aux foetus et aux jeunes enfants, et ce, à des niveaux d’exposition moins élevés que le niveau de ces contaminants observés chez les poissons. Sans de nouvelles initiatives d’envergure destinées à réduire les sources de ces contaminants et l’exposition des personnes, l’objectif visé « poissons comestibles » ne sera fort probablement pas atteint dans un avenir rapproché.

 

Définition :

« Qu’il n’y ait pas de restrictions quant à la consommation humaine de poissons provenant des eaux du bassin des Grands Lacs qui seraient causées par une source anthropique de substances toxiques rémanentes. »7