COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les objectifs de l’Accord relatif à la qualité des eaux des Grands Lacs
risquent de ne pas être atteints faute de ressources nécessaires
"Une chose est certaine : à moins que les Parties ne consentent à prendre les mesures
recommandées par la Commission, elles ne pourront atteindre le but premier qu’elles se sont
fixé en 1978, à savoir restaurer et maintenir l’intégrité chimique, physique et biologique
des eaux de l’écosystème du bassin des Grands Lacs." Tel est le bilan que dresse la
Commission mixte internationale par l’entremise de son
10e Rapport biennal sur la qualité
des eaux des Grands Lacs qui a été publié aujourd’hui.
Les effets de la consommation du poisson contaminé des Grands Lacs sur la santé humaine,
l’assainissement des sédiments contaminés, la déposition de substances toxiques aéroportées,
l’utilisation des terres en milieu urbain ainsi que les activité de surveillance et de contrôle dans le
bassin des Grands Lacs sont autant de sujets préoccupants abordés par la Commission dans ce
nouveau rapport. Selon la Commission, "les efforts déployés par les deux gouvernements pour la
mise en oeuvre de l’Accord n’en reflètent guère l’esprit et la portée. Bien que des progrès
considérables aient été accomplis, les gouvernements n’ont pas alloué les fonds nécessaires ou pris
les décisions importantes qui auraient permis la restauration et la protection des Grands Lacs."
Dans son 10e Rapport biennal, la Commission aborde une foule de questions et met de l’avant toute
une série de recommandations dont les plus importantes peuvent se résumer comme suit:
Poissons contaminés provenant de la pêche sportive: Les gouvernements des États et des
provinces devraient exiger que les avis relatifs à la consommation de poissons provenant de la pêche
sportive indiquent, en termes clairs, que la consommation de poissons des Grands Lacs par des
enfants ou des femmes en âge de procréer peut occasionner de graves problèmes de santé ou des
malformations congénitales. Ces avis devraient s’adresser aux femmes et leur être directement
distribués en plus de faire l’objet d’une distribution générale. Les avis relatifs à la consommation de
poissons devraient identifier clairement, à la lumière de l’approche de prudence, les poissons dont
la consommation doit être évitée.
Sédiments contaminés: Les sédiments contaminés constituent un problème à grande échelle
nécessitant des ressources considérables. Les gouvernements fédéraux, comme ceux des États et des
provinces, devraient élaborer sans tarder un programme binational exhaustif portant sur le problème
des sédiments contaminés, et s’assurer que ce programme établisse des priorités, des échéanciers
ainsi que les ressources nécessaires pour chacun des secteurs préoccupants.
Polluants toxiques aéroportés: Les gouvernements fédéraux devraient identifier les sources de
dépôt atmosphérique de substances toxiques persistantes dans les Grands Lacs (tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur du bassin) et utiliser cette information pour élaborer et mettre en oeuvre des mesures
appropriées de prévention et de contrôle. La Stratégie binationale relative aux toxiques devraient
être renforcée de manière à aborder entièrement les dépôts atmosphériques de substances toxiques
aéroportées.
Utilisation des terres: Les surfaces imperméables des villes et des banlieues augmentent en effet
le ruissellement, lequel peut transporter des nutriments, des agents pathogènes, des sédiments, des
produits chimiques industriels et des pesticides jusque dans les affluents des Grands Lacs.
L’écoulement peut aussi accentuer l’érosion et accroître les risques d’inondation, menaçant ainsi les
eaux souterraines. Bien que des mesures aient été prises dans ce domaine, tous les paliers de
gouvernements se doivent d’accorder plus d’attention au phénomène de l’étalement urbain.
Espèces étrangères envahissantes: Ces espèces, comme la moule zébrée par exemple, sont souvent
introduites par le rejet des eaux de ballast des navires. Les gouvernements fédéraux devraient adopter
et mettent en oeuvre une stratégie binationale de recherche sur les eaux de ballast et demander à la
Commission, d’identifier des normes binationales relatives aux rejets des eaux ainsi que sur les
meilleurs moyens d’implanter ces normes.
Surveillance et gestion de l’information: Les gouvernements fédéraux, tout comme ceux des États
et des provinces, devraient élaborer et mettent à jour toute la panoplie des programmes de
surveillance conjoints et de suivis requis pour respecter leurs engagements aux termes de l’Accord
relatif à la qualité de l’eau dans les Grands, et adopter une politique binationale d’information pour
favoriser la mise en oeuvre dudit Accord.
La Commission mixte internationale est un organisme bilatéral établi en 1909 par le
Traité des eaux limitrophes afin de prévenir et de résoudre les différends qui pourrait survenir entre le Canada et les
États-Unis par rapport à l'utilisation des eaux limitrophes le long de la frontière Canado-américaine.
En vertu de l’Accord relatif à la qualité des eaux des Grands Lacs de 1978, la Commission publie
sur une base biennale un rapport évaluant la performance des gouvernements chargés de la mise en
oeuvre de l’Accord.
Contacts:
Windsor/Détroit Jennifer Day 519.257.6733 or 313.226.2170 ext. 6733
Washington, D.C. Frank Bevacqua 202.736.9024
Ottawa, ON Fabien Lengellé 613.995.0088