d’eau disponibles, en plus de modifier le niveau global de
nouveaux outils qui permettront de déterminer plus rapide-
pollution (en réduisant le pouvoir de dilution), d’intensifier les
ment et de façon plus précise les sources de pollution fécale
impacts à court terme (davantage de tempêtes) et de réduire la
responsables de la contamination de l’eau potable et des eaux
capacité de charge pour contrer la contamination microbienne.
utilisées à des fins récréatives dans les Grands Lacs.
Or de tels effets, même à court terme, sont préoccupants car
Traitement des eaux usées et urbanisation
des maladies peuvent se déclarer à la suite d’événements de
contamination microbienne transitoires ou de courte durée.
Le CCS suggère d’estimer les charges de pathogènes micro-
Qui plus est, ces effets se manifesteront surtout durant l’été, à
biens, incluant les virus et les parasites, qui s’introduisent dans
cette période même oť plus de gens se retrouvent sur les cours
les rivières et les lacs à partir des rejets d’eaux usées, afin de
7.6
d’eau ou à proximité des plans d’eau et oť l’on fait un grand
déterminer la capacité limite des cours d’eau et les risques
usage des lacs à des fins récréatives.
connexes.
Modélisation
La plupart des installations classiques d’épuration des eaux
usées peuvent traiter les matières en suspension, la demande
Le CCS propose d’examiner et de vérifier au sol les nouveaux
biologique en oxygène et aussi, dans certains cas, les coliformes
modèles hydrodynamiques actuellement à l’essai pour l’établis-
fécaux, mais elles sont en revanche peu efficaces contre les
sement de prévisions à l’échelle de l’écosystème en vue de les
virus et les protozoaires entéro-pathogènes. De fait, dans la
appliquer à l’étude du transport de la pollution microbienne.
plupart des effluents traités par des procédés secondaires, on
peut déceler des taux variant entre 10 et 100 parasites et virus
Des chercheurs des Grands Lacs utilisent des méthodes de
par 100 litres (Rose et al., 2001a), et on estime qu’une seule
régression pour mettre au point des modèles plus perfection-
installation peut rejeter jusqu’à un million d’organismes
nés qui permettront de prévoir la qualité de l’eau sur les plages
pathogènes chaque jour dans un plan d’eau. De plus, les
de Chicago et Milwaukee, sur la base d’indicateurs servant à
risques et les concentrations augmentent encore davantage
déterminer les risques. Ces modèles s’appuient sur les précipi-
sous l’effet des débordements des égouts unitaires et des
tations des dernières 24 heures, le vent, le rayonnement
égouts pluviaux, mais on ne possède souvent aucune donnée
solaire, la température de l’eau, le niveau du lac, la turbidité de
pour évaluer ces risques.
l’eau et le pH.  Les précipitations, le vent et la turbidité sont des
indicateurs de l’effet marqué des tempêtes sur les concentra-
On connaît mal le devenir (survie et transport) de ces entéro-
tions de E. coli. À la plage de Milwaukee, les effets pluvio-
pathogènes dans les Grands Lacs, et il importe de recueillir des
hydrologiques résultent principalement du débordement des
données qui pourront ensuite être utilisées dans des modèles
égouts pluviaux dans les affluents, lesquels sont ensuite
pour  évaluer les risques d’exposition du public sur les plages
poussés vers le rivage par les vents d’est. Même si la plage de
et par la consommation d’eau potable.
Chicago n’est pas directement exposée aux débits entrants, les
tempêtes ont pour effet de remuer le sable chargé de E. coli
Changements climatiques
dans la zone de déferlement. Le rayonnement solaire repré-
sente un terme négatif dans le modèle qui reflète la mortalité
Le CCS propose également d’examiner l’évolution de la qualité
massive des bactéries sous l’effet des rayons UV, en présence
de l’eau dans les principaux cours d’eau en regard de divers
d’un soleil radieux. La température de l’eau et le niveau du lac
scénarios d’écoulement. Il faut notamment étudier les événe-
sont des conditions qui favorisent une forte concentration
ments pluvio-hydrologiques et les changements dans la qualité
bactérienne entre les tempêtes. Ainsi, les populations bactérien-
de l’eau dans les régions oť il peut y avoir exposition du public
nes se développent plus rapidement en eau chaude et les
et risques pour la santé.
bactéries deviennent plus concentrées lorsque le niveau du lac
diminue à la plage de Chicago. Les modèles proposés ont été
Le rapport « Confronting Climate Change in the Great Lakes
évalués en comparant les concentrations mesurées aux
Region: Impacts on our Communities and Ecosystems Č (Kling
prévisions faisant état de concentrations en E. coli supérieures
et Wuebbles, 2003), qui vient d’être publié, présente des
au seuil recommandé par la US EPA (soit 235 UFC/100 mL) :
résultats alarmants quant à l’incidence des changements
ces prévisions établies par modèle ont été exactes pour 66 des
climatiques sur la quantité d’eau. De plus, ces effets prévus sur
90 événements à la plage de Milwaukee et pour 50 des
la quantité d’eau se répercuteront sur la qualité de l’eau et,
57 événements à la plage de Chicago. Dans le premier cas, les
même si on ne sait pas encore dans quelle mesure, il ne fait
erreurs ont été réparties également entre de faux négatifs et de
aucun doute que ces changements pourraient avoir une
faux positifs, tandis qu’à la plage de Chicago, cinq des six
incidence sur le risque de maladies d’origine hydrique (Patz et
prévisions erronées auraient entraîné l’adoption de mesures de
al., 2000; Rose et al., 2001b). Parmi les prévisions qui ont été
surprotection.
établies, mentionnons une hausse de la température d’ici la fin
du siècle, laquelle pourrait abaisser encore davantage le niveau
Enfin, il convient d’étendre ce type de recherches à d’autres
des lacs et accroître et prolonger les cycles inondation-
bassins hydrographiques et de les améliorer afin de pouvoir
sécheresse; l’abaissement du niveau des lacs intérieurs et des
évaluer les risques associés aux micro-organismes pathogènes,
cours supérieurs des rivières, en particulier durant l’été, et la
ce qui favorisera la mise au point d’une approche prévisionnelle
diminution de l’humidité du sol. Tous ces effets ne feront
à la détection des risques.
qu’accroître la concurrence pour l’utilisation des ressources
139