Taux de destruction de 95 p. 100 de six espèces cibles
(Greenman et al., 1997). Le lest fait référence à tout liquide ou
représentatives (vertébrés, invertébrés, phytoplancton et
solide introduit à bord d’un navire pour remplacer le cargo et
macroalgues).
ainsi stabiliser le centre de gravité du navire. Dans la plupart des
cas, on prélève des eaux côtières pour servir de lest; cependant,
L’atteinte de ces objectifs nécessitera l’établissement et la
ces eaux contiennent une multitude d’organismes qui peuvent se
surveillance de critères de rejets et/ou la démonstration de
propager partout dans le monde et être rejetés à des endroits oť
l’efficacité du traitement à atteindre un taux de réduction
ils constitueront des espèces non indigènes, souvent nuisibles. De
précis (élimination ou inactivation).
fait, les eaux de lest prélevées des eaux côtières et des ports
internationaux ont été des vecteurs responsables de l’introduc-
Repérage des sources de pollution
tion de dizaines, voire de centaines, d’espèces dulcicoles et
marines aux États-Unis.
Le CCS estime qu’il faudrait déployer de vastes efforts dans le
bassin des Grands Lacs afin d’évaluer les méthodes de
Malgré la mise en place de programmes de réglementation, les
repérage des sources de pollution et de développer des bases
espèces non indigènes sont en hausse; l’exemple sans doute le
de données qui serviront aux méthodes d’analyse basées sur
plus notoire est celui des moules zébrées qui ont gravement
des bibliothèques et aux études de vérification.
perturbé l’écosystème des Grands Lacs. Cette espèce, qui a une
grande capacité d’adaptation, qui se reproduit rapidement et qui
Même si un grand nombre des avis de faire bouillir l’eau et des
peut se déplacer, a en effet causé des problèmes considérables
fermetures de plages s’appuient actuellement sur les résultats
dans les réseaux d’alimentation en eau potable en s’infiltrant dans
de tests mesurant des indicateurs fécaux, comme les
les eaux des Grands Lacs, en plus de menacer la chaîne alimen-
coliformes, on est à mettre au point de nouveaux outils pour
taire (Johnson et Padilla, 1996). Selon un rapport, les ports des
déterminer les sources de la pollution fécale afin de pouvoir
Grands Lacs accueillent pendant plus de 80 jours par année au
apporter rapidement les correctifs qui s’imposent. De fait, une
moins un navire provenant d’outremer, alors qu’ils en comptent
variété de techniques susceptibles d’aider à déterminer
deux pendant plus de 64 jours et trois, pendant 38 jours (Niimi,
l’origine et le mouvement transfrontalier de la pollution fécale
2000).
dans la région des Grands Lacs sont actuellement à l’étude.
Une des voies de recherche qui s’annonce prometteuse pour
En vertu de deux lois américaines, soit la Non-indigenous Aquatic
examiner les problèmes liés aux pathogènes d’origine
Nuisance Prevention and Control Act de 1990 et la National
hydrique et les sources de pollution diffuses dans les Grands
Invasive Species Act de 1996, la Garde côtière peut réglementer
Lacs est la localisation des sources microbiennes, cette
les pratiques de gestion des eaux de lest afin de prévenir le rejet
méthode ayant pour but de déterminer l’origine de la pollu-
d’eaux de lest transportées par les navires dans les eaux américai-
tion fécale (Scott et al., 2002; Simpson et al., 2002). Ce
nes des Grands Lacs.
domaine inclut le ribotypage, l’analyse du profil
d’antibiorésistance, le typage des coliphages, la BOX-PCR, les
Ces pratiques de gestion s’inscrivent actuellement dans l’une des
marqueurs de la spécificité génétique de E. coli et des
deux catégories générales suivantes :
entérocoques, le typage des entérovirus et le génotypage de
échange d’eau de lest en haute mer;
Cryptosporidium. Certaines de ces techniques exigent la
systèmes de traitement des eaux de lest.
création d’une vaste bibliothèque, tandis que d’autres sont
plus spécifiques de l’hôte. Toutes, cependant, devront être
En 1993, un programme obligatoire d’échange d’eau en haute
évaluées et vérifiées au moyen de relevés permettant de
mer a été mis en place pour tous les navires outremer pénétrant
recueillir des données de base.
dans les Grands Lacs. L’efficacité de ce programme à prévenir
l’introduction d’espèces envahissantes a toutefois été mise en
L’Institut national de recherche sur les eaux d’Environnement
doute et on a donc proposé le traitement des eaux de lest, tant à
Canada, situé à Burlington (Ontario), étudie l’utilisation de
bord des navires que sur terre (Greenman et al., 1997).
techniques d’empreinte génétique par BOX-PCR et d’analyse
des profils d’antibiorésistance, pour caractériser les isolats de
Le rejet sécuritaire des eaux de lest a été défini de façon générale
E. coli décelés dans les eaux prélevées près des rives du
comme l’élimination des poissons (larves), des invertébrés, du
lac Ontario. Ces techniques consistent d’abord à établir une
varech, des algues, des champignons, des protozoaires, des
bibliothèque des empreintes génétiques ou des profils des
bactéries et des virus. Diverses méthodes ont été proposées pour
isolats de E. coli extraits de sources locales de matières fécales,
déterminer ce qui constitue un rejet « sécuritaire Č. La densité
comme les fèces humains, le fumier de bétail ou les fèces
actuelle d’organismes est estimée à 170 tonnes métriques, mais
d’outardes. Les empreintes génétiques ou les profils des isolats
les échanges d’eau peuvent l’abaisser à deux tonnes métriques.
de E. coli extraits des échantillons d’eau prélevés du lac sont
Plusieurs autres objectifs ont aussi été proposés :
ensuite comparés à ceux de la bibliothèque, pour déterminer
Rejets nuls d’organismes phytoplanctoniques et
la ou les sources de pollution fécale. Un certain nombre de
zooplanctoniques; concentrations maximales de 35 unités
chercheurs du Canada et des États-Unis étudient activement
formant des colonies (UFC) pour E. coli et de 126 pour les
les applications de différentes techniques de localisation des
entérocoques.
sources microbiennes dans la région des Grands Lacs, et il ne
Objectifs pour l’eau potable prévoyant une réduction de
fait aucun doute que ce domaine de recherches continuera de
99,99 p. 100 des virus et de 99,9 p. 100 des protozoaires,
progresser au cours des années à venir et qu’il produira de
sans coliformes totaux décelables, par 100 mL.
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