propriétaires privés. Parmi les 31 secteurs préoccupants,
Transport planétaire : Aujourd’hui, les aliments provien-
61 p. 100 sont impropres à la baignade et 29 p. 100, impro-
nent de tous les coins du monde et ceci contribue à la
pres à la consommation d’eau potable. Il ne fait aucun doute
distribution des pathogènes (i.e. Cyclospora); les gens
qu’il existe dans ce bassin des facteurs qui influent sur les
sont aussi beaucoup plus mobiles et peuvent traverser le
risques potentiels pour la santé publique associés à la dégrada-
globe en moins de 24 heures et transporter avec eux des
tion de la qualité de l’eau et à la contamination microbienne.
infections.
Antibiorésistance : La résistance aux antibiotiques
Les pathogènes d’origine hydrique peuvent constituer une grave
augmente en raison de l’usage répandu des antibiotiques
menace pour les écosystèmes aquatiques et diverses sources
en médecine et en agriculture. Selon un récent rapport
7.6
alimentant les réseaux d’eau potable, les eaux utilisées à des fins
de l’Organisation mondiale de la santé (WHO, 2001), des
récréatives, ainsi que les réseaux utilisés en agriculture et en
infections de plus en plus résistantes aux médicaments
aquaculture dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
font leur apparition partout dans le monde et risquent de
Plutôt que de tenter de déceler directement la présence d’un
rendre incurables des maladies qu’il était jusque-là
grand nombre de pathogènes susceptibles d’être dans l’eau, les
possible de traiter (http://www.who.int/emc/amr.html).
efforts de surveillance de la qualité microbienne de l’eau ont été
Transmission des zoonoses : Le plus grand nombre
axés principalement sur la détection de micro-organismes
d’animaux et les changements dans les pratiques
indicateurs fécaux, comme les coliformes totaux ou Escherichia
agricoles pourraient accroître les risques de transmission
coli. De fait, bon nombre des décisions liées à la qualité
et de propagation des microbes, des animaux aux
microbienne de l’eau dans la région des Grands Lacs reposent
humains.
actuellement sur des tests basés sur des indicateurs bactériens
Évolution des pathogènes : Les virus à ARN, par exemple,
fécaux, sur la possibilité de mettre en culture les bactéries
n’ont pas de mécanisme de réparation durant la réplica-
fécales en laboratoire et sur l’application de régimes d’échan-
tion et ils peuvent évoluer rapidement.
tillonnage périodique de l’eau. Bien qu’une telle approche
Amélioration des outils de diagnostic : On dispose
puisse offrir une solution pratique à un problème difficile, il est
aujourd’hui d’outils moléculaires puissants qui permet-
de plus en plus reconnu qu’elle est inadéquate pour assurer la
tent désormais d’étudier des maladies qui n’avaient
salubrité des approvisionnements en eau.
jamais été identifiées ou des micro-organismes qui ne
pouvaient être mis en culture.
Il a en effet été démontré que les indicateurs microbiologiques
existants, comme les coliformes totaux, sont parfois de piètres
Les facteurs précités s’appliquent à la liste croissante des
indicateurs de la contamination fécale. Cependant, même si le
pathogènes d’origine hydrique. À cela s’ajoutent, dans les
coliforme E. coli est considéré comme un meilleur indicateur
Grands Lacs, un certain nombre d’autres facteurs associés au
de la pollution fécale, son écologie dans les écosystèmes
risque d’introduction de nouveaux pathogènes et à leurs
aquatiques diffère souvent de celle des autres pathogènes
répercussions sur la qualité de l’eau et la santé.
d’origine hydrique comme les virus et les protozoaires. Donc,
les différences au niveau de la persistance des coliformes, de
Le tableau 1 présente des exemples de certains de ces
leurs modes de transmission ou de leur sensibilité aux procédés
facteurs.
de traitement de l’eau potable réduisent leur utilité comme
prédicteur de la présence possible de divers pathogènes
La région des Grands Lacs compte quelque 30 millions
d’origine hydrique.
d’habitants et 80 p. 100 de son littoral appartient à des
TABLEAU 1
Exemples de facteurs ayant une incidence sur la qualité de l’eau et les risques pour la santé
Facteur
Résultat
Exposition
Problème de santé
Changement dans les
Augmentation des populations
Augmentation du volume
Accès accru aux plages en milieu urbain.
populations et
humaines et animales;
de déchets. Urbanisation
Populations vulnérables à risque  (p. ex., immuno-
l’utilisation  des terres ruissellement accru
croissante.  Systèmes
déprimés, personnes âgées et jeunes).
d’élevage en claustration.
Pathogènes zoonotiques.
Infrastructure
Vieillissement des réseaux
Rejet d’un plus grand
Fortes charges de bactéries, de parasites
d’aqueducs et d’égouts;
volume d’eaux usées non
et de virus pathogènes.
débordement des égouts uni-
traitées dans les cours
taires et des égouts pluviaux
d’eau
Transport
Transmission des agents
Introduction de contami-
Risques connus pour l’écosystème et présence
à l’échelle mondiale
nants par les eaux de lest
soupçonnée du choléra en Amérique du Sud.
fécaux dans les eaux de lest.
Découverte de coliformes
Climat
Davantage de tempêtes
Effets sur le déplacement
Risques accrus de maladies d’origine hydrique
et de sécheresses
et la survie des pathogènes
associés aux précipitations, aux tempêtes et
à la température.
135