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FIGURE 3
Sécheresse aux États-Unis
le 24 septembre 2002,
après un été de faibles
précipitations et de
températures extrêmement
élevées
tion de la nappe d’eau se ferait plus tôt au printemps. Le sol
l’écoulement de l’eau et une réduction du débit des cours
gèlerait probablement plus tard, permettant à la pluie d’hiver
d’eau; tous ces facteurs contribueront à la réduction de
de pénétrer dans le sol et d’alimenter les nappes d’eau
l’alimentation en eau souterraine. On s’attend à ce que des
souterraines. L’alimentation se ferait alors plus tôt au
conditions météorologiques exceptionnelles, comme des
printemps et plus tard en hiver, ce qui pourrait compenser
orages, des tornades et des inondations, surviennent de plus
pour la diminution de l’alimentation en été et ramener à un
en plus souvent (Prowse et al).  De plus, l’activité humaine
niveau normal les nappes d’eau souterraine. Cependant, en
accélère la cadence à laquelle ces changements se produi-
raison de l’augmentation de l’utilisation de l’eau et du taux
sent. L’augmentation de la température et de l’évaporation
d’évaporation accru, en été, il pourrait être trop tard pour
aura pour effet d’accroître la nécessité d’arroser le sol et les
ramener les niveaux d’eau à leur point initial.
gazons secs. Des étés plus chauds entraîneront une hausse
de la demande en électricité pour la climatisation. Par
La majorité des modèles de circulation générale et des
conséquent, une plus grande quantité d’eau sera utilisée aux
modèles régionaux du climat prévoient l’augmentation du
fins du refroidissement, ce qui taxera encore davantage les
nombre de violentes tempêtes et de conditions météorologi-
ressources en eau souterraine, qui seront déjà à la baisse. On
ques exceptionnelles, peut-être avec un accroissement des
s’attend à ce que les besoins en eau au cours de l’été
précipitations. Ce n’est pas de bonne augure pour la
augmentent de 5 p. 100 (Environnement Canada, 1995).
recharge des eaux souterraines, parce que la majorité de
l’eau s’écoulera probablement directement dans les cours
L’évaporation accrue de l’eau aura pour effet de réduire la
d’eau de surface au lieu de recharger les aquifères. L’infiltra-
quantité d’eau qui s’infiltre dans le sol et qui se rend à la
tion ne peut se produire qu’à un rythme établi. Si l’eau de
nappe d’eau. L’augmentation de deux degrés de la tempéra-
pluie ne peut pas être complètement absorbée, elle s’écou-
ture dans la région des lacs expérimentaux, au nord des
lera en grande partie, augmentant ainsi les risques d’inonda-
Grands Lacs (passant de 14 à 16 degrés Celcius), a mené à
tion (Convention-cadre des Nations-Unies sur les change-
une augmentation de 30 p. 100 du taux d’évaporation
ments climatiques, 2002).
(Schindler, 2001). Dans les Grands Lacs situés au sud, on
s’attend à ce que la hausse du taux d’évaporation de l’eau se
En outre, on s’attend à ce que les sécheresses soient de plus
traduise en un sol plus sec, réduisant donc l’écoulement de
en plus fréquentes, ce qui pourrait également contribuer à la
l’eau et l’alimentation de la nappe souterraine (Environne-
pénurie d’eau souterraine. Au cours des deux dernières
ment Canada, 1995). La réduction prévue de l’écoulement
années, l’Amérique du Nord a reçu des précipitations
rendrait le débit de la nappe d’eau un élément encore plus
inférieures à la moyenne, ce qui a entraîné des périodes de
important du débit des cours d’eau.
sécheresse extrême dans certaines parties du continent.
Comme le démontre la Figure 3, la sécheresse dans le
Par ailleurs, on s’attend à ce que l’alimentation de la nappe
secteur des Grands Lacs n’a pas eu d’effets aussi dévastateurs
d’eau souterraine augmente à certaines périodes de l’année.
que dans d’autres régions, mais le manque de précipitations
Les hausses de température auraient pour effet de faire
et les températures extrêmement élevées enregistrées au
devancer la fonte des neiges, ce qui signifie que l’alimenta-
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