Rapport du Conseil des directeurs de recherche des Grands Lacs
4.3
CHANGEMENTS CLIMATIQUES B RÉPERCUSSIONS SUR LES EAUX SOUTERRAINES
sement de la population et l’augmentation des besoins en
4.3.1
Introduction
eau souterraine augmentent de plus en plus les risques de
4.2
L
réduction des réserves d’eau souterraine jusqu’à des niveaux
e bassin de drainage des cinq Grands Lacs s’étend sur
4.3
non renouvelables.
2
une superficie de 750 000 km , soit sur presque tout le
sud de l’Ontario, une portion du nord de l’Ontario et
dans jusqu’à huit États riverains des Grands Lacs, aux États-
4.3.3
Modèles de changements climatiques
Unis. À l’intérieur de ce bassin de drainage, l’eau des précipi-
tations s’infiltre dans le sol et est emmagasinée dans des
Modèles de circulation générale
nappes d’eau souterraine. De récentes estimations révèlent
que le volume d’eau souterraine dans le bassin des Grands
Les modèles de circulation générale sont des programmes
Lacs correspond à peu près au volume du lac Michigan
informatiques créés en vue d’imiter l’interaction entre l’atmos-
(Grannemann et al., 2000).  Ces eaux souterraines se
phère et la surface de la terre produisant les conditions
déplacent lentement et se déversent dans les ruisseaux, les
atmosphériques et climatiques. Les plus récents modèles de
zones humides et, finalement, dans les Grands Lacs. En
circulation générale tiennent souvent compte de la capacité
moyenne, les eaux de recharge provenant des affluents se
des océans d’influencer la température et d’emmagasiner le
déversent dans les Grands Lacs à un rythme d’environ
dioxyde de carbone. Ils servent à étudier l’influence des
3
3
3 000 m /s du côté américain et de 2 300 m /s du côté
facteurs de forçage du climat, comme l’accroissement des
canadien (CMI, 1993). Approximativement 50 p. 100 de ces
niveaux de dioxyde de carbone, et pour analyser les climats
eaux de recharge pourraient provenir indirectement des eaux
antérieurs et anticiper les climats futurs.
souterraines (Grannemann et al., 2000).
Nombre de facteurs limitent l’utilisation des modèles de
circulation générale. Premièrement, le manque de connaissan-
4.3.2
Contraintes sur l’approvisionnement en eau
ces des interactions complexes à l’intérieur du système
souterraine dans le bassin des Grands Lacs
climatique restreint les capacités des modèles. Puisque nous ne
connaissons pas toutes les variables, nous ne pouvons pas en
L’accroissement de la population dans le bassin des Grands
tenir compte dans nos modèles. Deuxièmement, les modèles
Lacs augmente la demande d’approvisionnement en eau
de circulation générale étant conçus pour de grandes superfi-
douce. Compte tenu du fait que 39 p. 100 de la population
cies, ils ne tiennent pas compte de caractéristiques régionales,
du bassin des Grands Lacs utilise l’eau souterraine comme
qui sont importantes même si elles se produisent sur une
source d’eau potable (CMI, 1993), il est évident que les
petite échelle. Les Grands Lacs ne sont pas représentés dans la
sources d’eau souterraine doivent être valorisées et proté-
plupart des modèles de circulation générale, ce qui signifie que
gées, tant à l’échelle locale que régionale. Qui plus est,
leur effets ne sont pas inclus dans les simulations. Enfin, les
90 p. 100 de la population rurale de l’Ontario a exclusive-
modèles font la moyenne de l’énergie et du flux d’humidité, ce
ment recours à l’eau souterraine pour répondre à leurs
qui ne reflète pas fidèlement les processus. Les prédictions en
besoins en eau (Piggott et al., document non publié). Il est
matière de précipitations peuvent donc être erronées.
donc primordial de protéger cette ressource.
Pour déterminer l’utilité des modèles de circulation générale,
Au cours des dernières années, les niveaux d’eau des lacs ont
une évaluation nationale des conséquences éventuelles de la
diminué à la suite de sécheresses et d’hivers moins froids. Les
variation et du changement climatiques, menée aux États-Unis,
lacs ont baissé à leur plus bas niveau en 35 ans (U.S. Water
a comparé les deux modèles de circulation générale les plus
News Online, 2002).  Cette réduction de la disponibilité de
souvent utilisés : le modèle Hadley et le modèle canadien. On a
l’eau et le fait que de nombreux aquifères sont exploités par
utilisé les mêmes conditions pour les deux modèles, bien que
le pompage pourraient entraîner un manque d’approvision-
ces conditions n’aient pas été décrites dans la documentation.
nement en eau souterraine dans certains secteurs. Les niveaux
Les deux modèles sont semblables en termes d’objet et de
d’eau souterraine contenue dans certains aquifères ont
méthodologie, mais ils donnent des résultats considérablement
diminué sur de grandes superficies, comme c’est le cas pour
différents pour le secteur des Grands Lacs. Bien que les deux
les aquifères situés en dehors de Chicago, en Illinois, près de
prédisent de légères augmentations des températures et
Milwaukee et dans le secteur de la rivière Fox et de la baie
conviennent que l’évaporation sera probablement réduite, ils
Green, au Wisconsin,  ainsi que près de Toledo, en Ohio
donnent des résultats différents à l’égard de la variation, de
(Grannemann et al, 2000).  On estime qu’en 1995, quelque
l’écoulement ou de l’effet des précipitations sur les eaux
1,510 million de gallons d’eau  étaient utilisés chaque jour
souterraines (voir la Table 1 et la Figure 1).
dans la région des Grands Lacs (Solely et al., 1998).  L’accrois-
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