Contribution des divers types de sources aux dépôts
atmosphériques de mercure
Compte tenu des limites mises en relief par la précédente
discussion des inventaires d’émissions, l’attribution d’une
fraction du dépôt aux diverses catégories de sources ne peut
donner que des résultats imprécis. Néanmoins, en première
approximation, on peut estimer l’incidence de ces différen-
tes catégories sur le dépôt de mercure dans les Grands Lacs;
ces résultats sont présentés à la figure 21.
Cette figure montre l’apport par habitant provenant de
quatre grandes catégories de sources couvrant l’ensemble de
l’inventaire : consommation de combustibles, incinération,
métallurgie et industries manufacturières. On trouve aussi
dans cette dernière classe les émissions produites par
quelques catégories de sources non manufacturières. Il
ressort entre autres de cette figure le rôle relativement
démontré qu’il avait la capacité de générer des simulations
important, même lorsque l’on considère les émissions par
valables. Par exemple, comme on l’a souligné précédem-
habitant, que joue la consommation de combustibles aux
ment, bien des éléments de cette méthode de modélisation
États-Unis quant au dépôt atmosphérique de mercure dans
ont été utilisés récemment aux fins d’une analyse par
les Grands Lacs. La plupart des émissions de mercure
modèle des dioxines, qui a donné des résultats concordant
appartenant à cette catégorie de sources sont attribuables à
avec les mesures dont on disposait sur les conditions
diverses activités faisant intervenir la combustion de charbon
ambiantes. De plus, cette méthode de modélisation du
(voir la figure 10), principalement les services publics
mercure est actuellement appliquée sur un domaine
d’électricité fonctionnant au charbon. Au Canada, en
européen dans le cadre d’une étude comparative menée par
comparaison, c’est la métallurgie qui, par habitant, semble
le Centre de synthèse météorologique-Est pour le Pro-
avoir constitué l’un des principaux secteurs producteurs
gramme européen de surveillance et d’évaluation
d’émissions en 1996.
(Ryaboshapko et al., 2003), parallèlement avec plusieurs
modèles du mercure atmosphérique élaborés par des
Comme on l’a déjà souligné, au cours de la période visée par
groupes de recherche travaillant en différents endroits du
le modèle (c’est-à-dire le milieu des années 1990) et après
monde. La méthode de modélisation du mercure fondée sur
celle-ci, les émissions imputables à l’incinération des déchets
HYSPLIT_4 s’est, dans ce contexte, montrée très promet-
municipaux et médicaux ont été considérablement réduites.
teuse en termes de capacités à produire des simulations du
Le secteur canadien de la métallurgie a emboîté le pas en
mercure atmosphérique, capacités qui se sont avérées
diminuant lui aussi énormément ses émissions de mercure.
comparables à celles des autres modèles.
Cependant, les émissions provenant du secteur des services
publics d’électricité fonctionnant au charbon sont demeu-
Comparaison avec les résultats de l’étude du bilan
rées relativement stables, les gouvernements continuant
massique du lac Michigan
d’étudier les avantages respectifs des différents programmes
de réduction des émissions de mercure qui ont été proposés
On a procédé à une comparaison des prédictions du modèle
pour ce secteur.
quant au dépôt dans le lac Michigan avec les valeurs estimées
à partir de mesures obtenues dans le cadre de l’étude du
bilan massique du lac Michigan (Landis et Keeler, 2002; Vette
1.6.4
Évaluation du modèle
et al., 2002). Cette comparaison a l’avantage de porter sur
un lac entier (plutôt que sur un endroit en particulier de ce
Toute étude par modèle exige que les prédictions soient
lac), qui se trouve justement être l’un des Grands Lacs. On
comparées avec la réalité de terrain pour vérifier que les
voit à la figure 25 les résultats de cet exercice pour ce qui est
simulations produisent des résultats valables. Comme la
des estimations du dépôt humide de Hg(II) et de Hg(p)
modélisation du mercure atmosphérique est un domaine en
(valeurs combinées), du dépôt sec de Hg(II) et de Hg(p), et
constante évolution, et que des incertitudes notables
du dépôt de mercure total. Les plages de valeurs indiquées
demeurent au chapitre de la compréhension des principaux
quant aux données issues de l’étude du bilan massique du
processus en jeu, de telles évaluations des modèles revêtent
lac Michigan représentent les écarts-types associés aux
sans doute une importance toute particulière.
estimations (Landis et Keeler, 2002) et, donc, l’incertitude
sur ces estimations. Les analyses pour évaluer les incertitu-
Précédentes évaluations du modèle HYSPLIT
des sur les estimations faites à partir du modèle HYSPLIT
restent à faire, mais on a indiqué une incertitude approxima-
On l’a mentionné plus haut, le modèle HYSPLIT a été évalué
tive (± 25 %) sur ces données à la figure 22.
de manière exhaustive sur de nombreuses années en ce qui
concerne ses applications à diverses substances; il a été
36